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WebCamp Québec 2013 – Conception d’interfaces Web : la mobilité force à « trouver l’universel dans le spécifique »

L’adoption massive par les internautes des plateformes mobiles et la mise en marché graduelle des objets connectés à Internet (télévision, lunettes et autres réfrigérateurs) imposent aux concepteurs d’interfaces un défi de taille : doit-on repenser son site Web chaque fois qu’un nouveau gadget lié au Web voit le jour?

C’est ce que se sont demandé les participants à la discussion sur l’expérience utilisateur au WebCamp de Québec ce mardi 21 mai. François Vachon, un spécialiste en accessibilité qui assistait aux échanges, a joliment résumé ce défi, qui consiste selon lui à "aller chercher l’universel dans le spécifique".

Le "responsive design" : une solution qui ne fait pas l’unanimité

Le « responsive design » -ou la création de sites Web adaptatifs en français- semble faire partie de la solution au problème d’adaptation des interfaces « conventionnelles » aux plateformes mobiles. On conçoit un seul site, cette nouvelle formule magique en adapte la consultation à l’appareil utilisé par l’ordinateur. Or, la création de sites adaptatifs ne fait pas de miracles : si votre site complet croule sous le contenu mal structuré, votre site mobile sera tout aussi rebutant, malgré les modifications apportées aux feuilles de styles. La solution? Concevez des interfaces pensées pour le mobile. Épurez, simplifiez. Comme l’ont souligné des participants aux échanges, votre site Web, même visité par  un ordinateur de bureau, gagnera à être articulé autour de l’essentiel. Pourquoi créer 2 sites quand on peut en concevoir un avec le même contenu? Plus complexes à développer, plus cher, les sites « adaptatifs » évitent de gérer plusieurs noms de domaine ainsi que les multiples mises à jour. La formule convient à la plupart des sites, car la majorité ne contiennent pas d’applications.

Un site adapté, mais pas optimisé

Un bémol : le « responsive design » n’optimiserait pas la consultation sur mobile, et, par le fait même, l’accomplissement des tâches à exécuter sur le petit écran téléphonique. Les détracteurs de cette méthode questionnent aussi le principe de « répercuter » sur une version mobile tout le contenu d’un site Web. Certains jugent que sur mobile, il faut prioriser l’information à dispenser, ne fournir que celle apte à satisfaire les besoins d’un utilisateur. Celui-ci recourt à son téléphone pour accomplir des tâches précises et a peu de temps pour le faire. Qui sommes-nous pour juger des contenus à soumettre aux utilisateurs de notre site? répliquent des opposants à l’épuration à l’excès. La consultation de vos statistiques de fréquentation pourrait vous surprendre :certaines pages de votre site complet que vous ne jugiez pas intéressantes pour mobile sont peut-être régulièrement consultées par les propriétaires de tablettes ou de téléphones. Un utilisateur qui amorce une tâche sur un site complet et la poursuit sur un site mobile épuré sera-t-il confondu? Sur mobile, les tenants de cette école de pensée proposent d’offrir tous les contenus du site complet en les hiérarchisant autrement et en modifiant certaines fonctionnalités. Un moteur de recherche, pense un participant, a peut-être davantage d’importance sur mobile.

La création de sites Web adaptatifs ne répond pas à tous les problèmes

Certains navigateurs, dont les plus récentes versions d’Internet Explorer, ne détecteraient pas parfaitement l’appareil de l’utilisateur. D’où l’ajout, par certains, de lignes de codes à certaines des versions « adaptées » d’un site classique pour en favoriser le « rendu ». La conception de sites adaptatifs exigerait aussi davantage d’efforts de l’intégrateur, le maître-d’oeuvre de l’adaptation des maquettes du designer Web qui ne peut, justement, prévoir le rendu de chacune des maquettes pour l’ensemble des plateformes qui serviront à consulter le site.

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

À voir et à lire aussi :

Retour sur le WAQ 2013 – Entrevue avec Mike Kruzeniski (Traduction)

Le 21 février dernier dans le cadre de l’événement Web à Québec (WAQ), notre collègue Marie-Andrée Vézina s’entretenait avec Mike Kruzeniski, design lead chez Twitter. L’entrevue est accessible sur notre chaîne Vimeo depuis le 25 février 2013, mais en anglais seulement. Ne reculant devant rien pour permettre à nos lecteurs de ne rien manquer, nous vous offrons la traduction de cette entrevue. Merci beaucoup à Marie-Andrée pour cette entrevue et pour la traduction.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

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P

Marie-Andrée Vézina (M-A V) : Merci d’être avec nous, première question : nous connaissons votre nom, mais que faites-vous sur le Web?

Mike Kruzeniski (MK) : Ah bien, je travaille chez Twitter, donc mon emploi est de travailler sur Twitter (le service), qui est un des plus gros services sur le Web…Et mes études ont portés sur le design ou le design de produits (design industriel) en général, donc ma présence sur le web est surtout en tant que participant au développement chez Twitter, travailler sur Twitter (le service), essayer de comprendre Twitter, essayer de comprendre la direction qu’il prend et le rendre meilleur, j’ai aussi mes blogues personnels, j’en garde quelques-uns afin de demeurer actif et discuter avec d’autres designer sur le web et oui, je suppose que c’est ce que je fais.

M-A V : C’est plutôt bien!

MK :  Plutôt oui. :-)

M-A V : De quoi allez-vous parler durant la conférence? Quel sera le sujet de votre discours?

MK : Mon discours est une combinaison de différents éléments que j’ai écrits (publiés) et discutés au cours des dernières années, en grande partie comment le design d’interface utilisateur à changé et la forme qu’il a pris des dernières années à maintenant, il y a des changements qui s’opèrent dans le design d’interface utilisateur et j’essai de comprendre où vont ces changements et je transmet certaines de mes expériences comme par exemple lorsque j’ai travaillé sur l’interface de Twitter et du «Windows Phone» chez Microsoft, en espérant que ces expériences aideront les gens à réfléchir sur ce que j’ai appris…

M-A V : Je crois que ça pourra aider…Entre vous et moi, je crois que ça pourra aider un peu, probablement plus qu’un peu. Du point de vue de votre domaine, en regard aux services gouvernementaux offerts sur le Web, avez-vous une opinion qui pourrait nous aider?

MK : Rien qui ne peut être mis en place demain, rien d’immédiat, mais en général je crois que plus les gouvernements sont connectés et évoluent sur le web et meilleur le résultat est, je veux dire l’an dernier lors des élections américaines, de plusieurs façons je crois les gens observaient ce que faisait Obama, ils observaient ses forces, la façon dont il se mettait en contact avec les gens sur Twitter, en participant à des séances de questions et réponses sur des plates-formes comme «Reddit» ou «Google hangouts»

M-A V : Il était présent.

MK : Il était présent, je crois que le web est d’une façon le grand égalisateur, le plus grand outil jamais créé pour la démocratie, donc je crois que plus les gouvernements sont connectés mieux c’est et je crois que dans certains cas ils se sont éloignés, mais plus il y a diffusion de l’information, des données, et plus il est possible de les ouvrir afin de permettre aux gens de se les accaparer avec et d’accéder à ces données. La seule idée de l’accès à l’information est une chose énorme mais en plus il est possible de constater ce que les gens font de ces données, ils font des choses fortes je veux dire dans des compagnies comme Twitter par exemple, ou nous diffusons beaucoup de nos APIS et les gens les prennent et font des choses fantastiques comme de la visualisation de contenu ou ils font de nouveaux outils pour que les gens utilisent Twitter de différentes façons, c’est une chose puissante et je crois que les gouvernements peuvent faire beaucoup avec ça.

M-A V : C’est un bon départ! Ouvrir (les données) vient en premier, ensuite être transparent et être présent, pour résumer. C’est bien! Juste au cas, avez-vous d’autres conseils? Maintenant? Je veux dire, au sujet de ce qu’ils pourraient faire maintenant? Je vous mets de la pression, je suis désolée…

MK : Ça va, vous savez je crois qu’une étape simple et…Je crois qu’avoir une présence sur Twitter et y être actif est une première étape simple, non pas pour parler du produit que je représente spécifiquement, mais c’est un outil qui peut être utilisé par beaucoup de petites compagnies et de petits gouvernements afin d’avoir une relation directe avec les gens sans avoir à investir dans de grandes infrastructures.

M-A V : Je suis d’accord.

MK : C’est un moyen très simple de propager l’information, et je crois qu’elle demande de s’y engager et d’y être actif  lorsque les gens nous parlent vous devez habituellement leur répondre, peut être un peu effrayant au début parce que ça nécessite de s’exposer et de s’ouvrir, mais de grandes choses peuvent arriver de ceci.

M-A V: Je crois que nous pourrons commencer avec ca! J’ai un compte Twitter au fait ;-)  Merci!

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Retour sur le WAQ 2013 – L’intranet 1.0, symptôme d’une vision d’organisation à transformer

Yann Sadok

WAQ 2013 – Yann Sadok en entrevue avec notre collègue Marie-Andrée Vézina. (photo : Patrick Parent)

(Premier article de deux) L’avènement des plateformes mobiles modifie la façon dont nous accédons à Internet. Jumelées à l’omniprésence dans nos vies des médias sociaux et à l’utilisation de la messagerie instantanée, ces technologies font de nous des internautes différents de ceux que nous étions lors de la mise en place des intranets dans nos organisations.

Or, ces intranets ne se sont pas adaptés aux êtres sociaux et mobiles que nous sommes devenus, a constaté le conférencier Yann Sadok lors du récent Web à Québec 2013. Quel outil substituer, alors, à ces dépôts de documents « jolis mais dans lesquels on ne trouve rien »? Les fameux réseaux sociaux d’entreprise?

Et si la solution à la désuétude des intranets ne logeait pas seulement dans le choix d’un outil, si libre et collaboratif soit-il?

L’intranet 1.0, ce mésadapté social

L’intranet de première génération est le reflet de processus de travail que le Web 2.0, en induisant de nouveaux comportements, a rendu dépassés. Il consacre aussi le fait que l’internaute est devenu plus moderne que son organisation

Curieux, l’employé explore et adopte dans sa vie quotidienne les plus récentes technologies numériques, creusant un fossé quasi infranchissable entre ses outils et ceux qu’on lui propose dans son milieu de travail. Son organisation peine à suivre son appétit d’innovation en raison de budgets ou de ressources limitées ou hésite à lui emboîter le pas par méconnaissance ou par crainte des nouveaux outils comme les réseaux sociaux.

En s’imposant comme mode de communication, la mobilité participe à cet écart entre l’internaute et son organisation. Elle offre de l’information géolocalisée, dans un contexte épuré, enrichi par la fameuse réalité augmentée.

Un risque : des réseaux de communication parallèles

En ne s’adaptant pas à cet internaute social, mobile et ouvert au changement, l’intranet 1.0 encourage la création de réseaux ou d’espaces de communication parallèles -des communautés sur Facebook, par exemple- où se partagent des connaissances à laquelle l’organisation n’accède pas. En maintenant la "staticité" de cet outil de communication, les organisations précipitent le mouvement « Bring your own device » -l’utilisation au bureau de son appareil personnel et de ses applications-, détournant le fruit du travail de l’employé vers sa tablette ou son téléphone intelligent.

Portrait robot de l’intranet 2.0

Qu’attendent les internautes de leur intranet? Sadok dresse le portrait robot de l’intranet 2.0 en s’appuyant sur les travaux de l’Observatoire de l’intranet et de la stratégie numérique.

  • Des contenus mis à jour régulièrement que les employés pourront aussi consulter sur leur téléphone intelligent.

  • Des applications accessibles comme sur leur téléphone.

  • Des outils et des interfaces personnalisés répondant à leurs besoins, adaptés à leur façon de naviguer et à leurs activités de la journée.

  • Un espace de partage avec leurs collègues.

  • De l’information permettant de mieux connaître ces derniers (biographie, expériences professionnelles antérieures) sous forme de fiches personnelles inspirées des profils Facebook ou LinkedIn.

  • Un intranet simple comme Google avec un champ de recherche performant.

À ce portrait robot de l’intranet enfin utile et efficace s’ajoutent :

  • la présence d’outils collaboratifs fonctionnant essentiellement à l’aide de logiciels libres;
  • l’existence d’une messagerie instantanée;
  • une meilleure adéquation entre l’intranet et le site Web de l’organisation;
  • un réseau conçu à partir d’un outil ouvert existant plutôt que d’une solution-maison;
  • une gouvernance ne reposant plus entre les seules mains d’une direction informatique, mais plutôt confiée à un groupe réunissant spécialistes des TI et des communications.

L’intranet 2.0 devrait aussi coller à ce qu’est devenu le Web et ses réseaux : une source de nouvelles en continue permettant la création de contenus à plusieurs.

Voilà un portrait qui correspond à celui d’un futur outil collaboratif pour la fonction publique québécoise dressé par les participants au plus récent GouvCamp, selon le compte rendu de cette activité publié récemment dans le blogue d’E-Gouv Québec.

L’intranet 2.0, un vecteur de changements?

Yann Sadok entrevoit plusieurs bénéfices à la mise en place de cet intranet 2.0.

  • La fin du travail en silos par la possibilité de questionner ses collègues sur un dossier ou sur un sujet donné
  • Une réflexion ou un document enrichis plus aisément par le point de vue, l’expertise de ses collègues, ceux qui ne nous entourent pas, qui ne font pas partie de notre équipe immédiate ou qu’on ne pense pas à consulter
  • L’évaluation en continue des programmes, services, façons de faire de l’organisation
  • L’accès aux connaissances de l’entreprise, souvent conservées dans des courriels ou des espaces réseaux réservés à une unité en particulier
  • Le dévoilement dans un espace public des préoccupations des employés et la chance pour les gestionnaires d’y réagir rapidement.

Une vision d’entreprise à renouveler

Les attentes des employés à l’égard de leur intranet sont-elles le reflet de ce qu’ils attendent de leur organisation? Les employés aspirent-ils à un mode de gestion renouvelé plutôt qu’à un simple outil revu et corrigé?

Plus qu’un intranet 2.0, Yann Sadok croit que c’est une vision nouvelle qu’il faut implanter dans nos organisations, celle de l’entreprise connectée. Ce qu’il s’emploie actuellement à faire dans une organisation gouvernementale « de grande envergure » comme il le révèle dans cet article de son blogue. On a hâte d’en savoir plus!

L’intranet incarnerait en quelque sorte la mise en place de cette vision en se transformant en profondeur. Devenu réseau social d’entreprise, il pourrait sortir des frontières de l’organisation, stimulant ainsi la naissance d’un réseau reliant clients, partenaires, employés, fournisseurs.

Comment mettre en place cette nouvelle vision d’entreprise? Je vous expose la vision de Sadok dans un prochain billet.

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

À voir aussi :

Aspects légaux du Web 2.0 : Et si le « Retweet » m’était conté ou comment départager le partage (2/2)

20 février 2013 3 commentaires

Le réseau Action TI présentait le séminaire Aspects légaux du Web 2.0 le 23 janvier dernier au Musée national des beaux-arts de Québec. Geneviève Clavet, agente d’information à la Commission de la capitale nationale du Québec, vous présente ici la deuxième et dernière partie d’un compte rendu des deux conférences.

Et si le « Retweet » m’était conté ou… comment départager le partage
Marie-Josée Lapointe, BCF Avocats d’affaires
Avocate, agent de marques de commerce

La Cour suprême du Canada a déjà affirmé que l’expansion rapide d’Internet jumelée aux réseaux sociaux faisait de chaque individu un diffuseur en puissance. Une réputation peut être anéantie en un seul clic, tweet ou statut. Ainsi, les médias sociaux comportent leurs lots de risques de poursuites, notamment parce qu’ils font face à des problèmes de diffusion de contenu diffamatoire et de violation potentielle accrue des droits de propriété intellectuelle.

Les médias sociaux et la diffamation

Des propos diffamatoires, diffusés à un large auditoire, méritent généralement une plus grande compensation que ceux communiqués à un groupe restreint. On comprend facilement tout l’impact que les médias sociaux, diffusant à grande échelle, peuvent avoir dans des cas de diffamation.

Exemple de cas de propos diffamatoires tenus à grande échelle : GENEX/CHOI FM contre ADISQ

D’ailleurs, selon une étude québécoise, les médias sociaux décupleraient les poursuites en diffamation : à elles seules, elles correspondraient à 10 % des décisions judiciaires liées au Web 2.0. et rendues au Québec.

De Twitter au blogue, en passant par les hyperliens, les dangers d’engendrer sa responsabilité sont donc toujours bien présents, tant pour l’organisme que pour le citoyen.

Prenons un blogue, par exemple, où un fragile équilibre existe entre le droit à la sauvegarde de la réputation et le droit à la liberté d’expression. Il revient aux responsables ou modérateurs de blogues de jouer un rôle préventif afin que cet équilibre soit maintenu. Le tout en faisant bien sûr preuve de jugement.

Par conséquent, effectuer une veille et un filtrage adéquat s’avère crucial, car une organisation a le devoir de prendre les mesures pour s’assurer du respect des règlements de son blogue ou de sa nétiquette. Des règles internes de contrôle des échanges, non seulement sur votre blogue, mais sur toutes les plateformes sociales où vous êtes présents, devraient donc être instaurées, en prenant soin de vous donner une ligne éditoriale et de nommer un « chief knowledge officer ».

Exemple de cas de propos diffamatoires sur un blogue : Corriveau contre Canoë/Richard Martineau.

Exemple de cas de propos diffamatoires sur Twitter : Courtney Love contre Simorangkir (The Boudoir Queen).

Avec Twitter, non seulement y a-t-il un risque d’émettre un tweet diffamatoire (dit twibel), mais on s’expose également à des poursuites lorsque l’on retweet un twibel. Contrairement au partage d’un hyperlien, le partage d’un tweet au contenu diffamatoire peut engendrer la responsabilité de la personne qui en fait le partage. Pourquoi cette différence? Elle réside surtout dans le fait que le twibel s’affiche directement sous les yeux des usagers. Pas le texte auquel réfère l’hyperlien, qui agit plutôt ici à titre de bas de page. À moins bien sûr que l’hyperlien lui-même exprime un sens diffamatoire. Oh subtilités!

Qu’en est-il si j’indique dans ma biographie Twitter que mes retweets ne signifient pas que j’en endosse le contenu? Et y a-t-il une différence si le retweet est modifié ou commenté? Selon Mme Lapointe, la mention dans votre biographie n’est pas suffisante. N’étant pas insérée dans le RT, elle n’est généralement pas lue par les usagers. Afin de s’exonérer, on suggère donc de se dégager des propos tenus à même le tweet qui sera retweeté (un certain défi compte tenu du nombre de caractère maximal imposé). Ou s’abstenir.

Au même titre que les blogues ou que Twitter, on s’abstient, sur les médias sociaux, de publier des propos diffamatoires ou d’inviter des commentaires en publiant des questions qui portent un jugement. Notons que dans une décision québécoise rendue dans la dernière année, la Cour a estimé que des propos publiés sur Facebook étaient péjoratifs et injurieux.

On invite donc à la prudence sur toutes les plateformes sociales. Et à tourner ses pouces sept fois avant publication!

Les médias sociaux et la propriété intellectuelle

On s’attaque plus particulièrement aux droits d’auteur, par la reproduction non-autorisée de photos, d’articles ou de vidéos, par exemple.

Inévitablement, lorsqu’il est question de propriété intellectuelle dans les médias sociaux, on pense à Pinterest . Le fait de reproduire ou partager une photo de façon non-autorisée, le concept à la base même de Pinterest, constitue une violation de droit d’auteur. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement, les photos partagées, ou « pinées », n’appartiennent pas à l’usager ou celui-ci n’en détient pas les droits d’utilisation.

Il en va de même pour le contenu partagé sur les autres médias sociaux. Pourtant, les conditions d’utilisation de ces médias, toutes très similaires pour la grande majorité, indiquent clairement que le contenu que vous publiez doit vous appartenir, et que vous ne devez en aucun cas publier du matériel sur leur plateforme qui pourrait enfreindre les droits d’autrui ou autrement enfreindre la loi. On doit donc toujours pouvoir prouver qu’on détient les droits moraux du matériel avant de partager ou qu’on a l’autorisation pour le faire.

Qu’est-ce qui explique alors l’absence de poursuites envers Pinterest et ses usagers? Les entreprises apprécient la publicité gratuite qu’entrainent les « pin » et « repin », et cette nouvelle source d’achalandage pour leur site. Autres facteurs non-négligeables, propres aux médias sociaux en général et plutôt décourageants dans les cas de poursuites : l’anonymat de multiples comptes (qui se cache derrière @AscenceurRC, hmm?) et la propagation virale (cette possibilité de repinner, tout comme de retweeter).

Que peut-on faire pour protéger nos droits de propriété intellectuelle?

  • Implanter une politique de gestion des médias sociaux, visant la conduite des employés. Qui s’en occupe, quel matériel est mis en ligne, etc.
  • Mettre en place un système de surveillance, de veille. Ex. : tweenbeep.com (alertes), agooroo.com (rapports sur achats de mots-clefs), Google Adwords.
  • Utiliser le marquage approprié (©, ®, ™). Indiquer clairement sur notre site que le contenu nous appartient et que le contenu ne peut être reproduit sans notre autorisation.
  • Enregistrer sa marque de commerce.
  • Prendre un rôle actif dans les médias sociaux.

Note sur les hyperliens, Google Adwords et la propriété intellectuelle

Il y a les médias sociaux, mais d’autres situations de partage sur le Web risquent aussi d’engendrer notre responsabilité.
L’insertion d’un hyperlien sur un site Internet vers une oeuvre protégée par droits d’auteur ne constitue pas une violation des droits : on le considère comme l’équivalent d’une référence bibliographique. On suit la même logique que le partage d’un hyperlien, référant à un texte aux propos diffamatoires. Cependant, les conditions d’utilisation d’un site Internet peuvent interdire la possibilité de faire des hyperliens vers ce site. Effectuez les vérifications nécessaires à cet effet et obtenez l’autorisation du titulaire du site au préalable.

Quant à votre site Internet, assurez-vous que vos conditions d’utilisation soient présentées sur l’ensemble de votre site, pas uniquement sur votre page d’accueil. Ainsi, vous serez en mesure de vous défendre sur l’utilisation qui pourrait se faire du matériel se trouvant sur votre site, nonobstant vos conditions d’utilisation.

Pour l’emploi de mots-clés de compétiteurs sur Google Adwords, cette pratique n’est pas considérée comme illégale, pour autant qu’elle ne constitue pas de la concurrence déloyale et qu’elle n’ait pas l’intention de tromper. Elle est donc considérée au même titre qu’une annonce dans un journal ou un magazine.

Exemples de cas de poursuite pour utilisation de mots-clés Google Adwords : Chocolat Lamontagne contre Humeur et PCTIA contre Vancouver Career College.

Geneviève Clavet, collaboration spéciale
Agente d’information, Commission de la capitale nationale du Québec

Aspects légaux du Web 2.0 : Nouvelles extensions de noms de domaine (1/2)

Le réseau Action TI présentait le séminaire Aspects légaux du Web 2.0 le 23 janvier dernier au Musée national des beaux-arts de Québec. Geneviève Clavet, agente d’information à la Commission de la capitale nationale du Québec, vous présente ici la première partie d’un compte rendu des deux conférences.

Les nouvelles extensions de noms de domaine
Johanne Auger, BCF Avocats d’affaires
Associée, agent de marques de commerce

C’était en 2011. L’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) annonçait la création de nouvelles extensions dans les noms de domaine, plus spécifiquement de nouveaux gTLD, des noms de domaines de premier niveau, tels les .com, .org ou .net. Du 12 janvier au 12 avril 2012, 1 930 demandes de nouveaux gTLD ont été effectuées à travers le monde auprès de l’ICANN. Il est possible de consulter les demandes sur le site de l’ICANN ainsi que de suivre les détails et l’avancement de ce programme. C’est donc dire que l’arrivée des .shoes, .nike, ou .chicago, ainsi que des extensions comprenant des accents et scripts non latins, approche rapidement. Une nouvelle ère qui ne semble pas convaincre tout le monde.

Ces nouveaux gTLD sont fortement contestés, notamment par la coalition CRIDO, dont font partie de grandes marques telles Coca-Cola et Johnson & Johnson. Les inquiétudes? Assister à une augmentation du nombre de cas de cybersquatting et de violation de marques de commerce. Sans oublier les coûts annuels faramineux que chaque titulaire de marque devra assumer, résultant du trafic détourné, de la perte d’achalandage et de la protection de sa marque sur Internet.

Oui, les nouveaux gTLD permettront des noms de domaines courts et simples à retenir, et particulièrement créatifs (ex. : skate.board). Mais les internautes ont aussi leurs habitudes de navigation, bien ancrées, dont celle d’utiliser des engins de recherche pour se diriger vers un site. Par ailleurs, outre l’extension .com, on ne peut que constater le manque d’engouement pour les autres extensions existantes (99 millions de .com contre 14,3 millions de .net en décembre 2011).

Mais les nouveaux gTLD ont un fort potentiel quant à l’amélioration du référencement sur les engins de recherche. Ainsi, les 1 930 demandes reçues par l’ICANN lors de cette première ronde (la prochaine n’aurait lieu que dans cinq ans) démontrent un certain enthousiasme provenant de grandes compagnies, organisations, villes ou régions. Le Québec est du lot : la demande a été effectuée par PointQuébec inc

Pour chaque demande effectuée (dont les frais d’évaluation s’élevaient à 185 000 $US), le demandeur s’engageait à effectuer la gestion de son nouveau gTLD (frais annuel de 25 000 $US pour le maintien). Si sa demande est acceptée, le demandeur aura éventuellement le choix de vendre ou non à des tiers des noms de domaine de deuxième niveau (adidas.shoes, nike.shoes, reebok.shoes). À titre d’exemple, Donuts Inc. a déposé 301 demandes. On dénombre 101 demandes pour Google (certaines ouvertes au public, d’autres non) et 71 chez Amazon (fermées au public et comprenant des demandes en caractères latins, chinois et japonais).

Et si notre compétiteur a acquis un gTLD pour lequel nous avons un intérêt? On se doute bien qu’on ne pourra mettre la main sur un de ses noms de domaine de deuxième niveau. Une période d’opposition a donc été prévue, proposant quatre motifs de contestation : la confusion que pourrait créer un nouveau gTLD, la violation de droits d’un tiers, la dérogation des normes internationales de moralité et d’ordre public ou l’opposition d’une portion importante d’une communauté visée par un nouveau gTLD. Cette période d’opposition est en cours et se poursuit jusqu’au 13 mars 2013.

Entre temps, les recommandations sont les suivantes :

  • procédez rapidement à l’enregistrement de vos marques de commerce importantes;
  • assurez-vous d’adopter des marques de commerce distinctives;
  • surveillez les demandes de gTLD afin de vous assurer qu’elles ne contiennent pas votre marque de commerce;
  • considérez enregistrer vos marque de commerce comme nom de domaine de deuxième niveau auprès de ces nouveaux gTLD, si le gestionnaire le permet et lorsque cela sera possible (l’entrée en vigueur des premiers gTLD est anticipée à septembre 2013 par l’ICANN);
  • ajustez votre politique de gestion de noms de domaine;
  • utilisez le mécanisme visant à bloquer l’enregistrement d’un nom de domaine identique à votre marque si celui-ci est disponible (comme pour les .xxx);
  • portez une attention particulières à certaines extensions malveillantes (ex. : .sucks).

Soyez vigilants, surveillez vos marques ou secteurs d’activités!

Note sur les .CA

Depuis le 13 janvier 2013, il est dorénavant possible d’enregistrer un nom de domaine internationalisé français (IDN) .ca, soit avec des accents et caractères allant au-delà de l’ASCII, et ainsi obtenir ses noms de domaine dans les deux langues officielles du Canada. Seul le titulaire d’un nom de domaine (ex. : preside.ca) est en mesure d’enregistrer toutes les variantes de caractères français d’un même nom (ex. : préside.ca, présïdê.ca). Attention, on mentionne cependant que les chinois auraient commencé à enregistrer les noms de domaine accentués si on ne le fait pas…

Geneviève Clavet, collaboration spéciale
Agente d’information, Commission de la capitale nationale du Québec

Québec : le Carnaval laisse place au numérique!

18 février 2013 1 commentaire

Au moment où le plus grand Carnaval d’hiver au monde prend fin, c’est une semaine très intense numériquement parlant qui se prépare dans la vieille Capitale. En effet, pas moins de 3 événements reliés au Web, aux technologies et aux communications numériques se succéderont du 19 au 22 février 2013. Et naturellement, l’équipe de E-Gouv Québec y sera pour veiller pour vous.

Forum Webcom, 19 février 2013

Pour sa première édition à Québec, le Forum Webcom pose une grande question : le numérique peut-il changer le modèle d’affaires de l’État? Le ministre Bernard Drainville est l’invité de la conférence d’ouverture. Par la suite, plusieurs panélistes se relaieront tout au long de la journée pour aborder des thèmes tels la gouvernance de l’État, l’innovation numérique dans le monde municipal, de la santé et de l’éducation ainsi que la gestion et la sécurité informatique. Quelques membres de E-Gouv Québec seront sur place pour vous transmettre les faits saillants de cette journée.

GouvCamp, 20 février 2013

E-Gouv Québec présente, en collaboration avec le Web à Québec, la seconde édition du GouvCamp. Cette anti-conférence gratuite, mais très gratifiante, met en vedette le partage d’idées et de projets de technophiles, d’employés du gouvernement et de citoyens dans une ambiance conviviale et ouverte. Bien entendu, l’équipe de E-Gouv Québec y sera puisque c’est nous qui avons lancé l’invitation!

Web à Québec (WAQ), 20 au 22 février 2013

Ce marathon numérique se termine par…un marathon numérique! Et comme l’équipe de E-Gouv Québec adore veiller sur de grandes et belle distances, nous avons accepté cette année d’être le diffuseur officiel du WAQ 2013. Notre équipe d’athlètes réguliers se fera aider pour l’occasion puisque c’est vraiment très sportif comme parcours de conférences. C’est donc près d’une quinzaine de marathoniens qui feront courir leurs doigts sur les claviers pour diffuser les faits saillants des conférences en direct sur Twitter et prendre des notes pour la publication de comptes rendus sur notre blogue les jours suivants le WAQ. Vous en voulez plus? Nous ferons également des entrevues vidéos avec près d’une vingtaine de conférenciers. Ces capsules exclusives seront diffusées sur notre chaîne Vimeo quelques jours après l’événement. Avec tout cela, c’est un podium assuré.

Si j’étais à votre place, j’irais m’entraîner un peu parce que vous risquez d’être essoufflé en nous suivant toute la semaine! Nous on a l’habitude, on est fait pour veiller fort.

Bonne semaine numérique à vous et au plaisir de vous croiser dans le monde réel ou virtuel.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

P.S. J’ai oublié de souhaiter bonnes vacances au Bonhomme Carnaval et de le remercier de nous avoir laissé les clés de la ville pour la semaine. Voilà, c’est fait. :-)

JIQ 2012 – Le gouvernement ouvert en Colombie-Britannique : les faits saillants avec David Hume

4 décembre 2012 4 commentaires

Les données auxquelles un gouvernement donne accès (données ouvertes) sont non seulement utiles et bénéfiques aux citoyens, mais aussi aux fonctionnaires qui soutiennent le travail de ce gouvernement. C’est ce qu’a confirmé David Hume, directeur exécutif, mobilisation des citoyens, pour le gouvernement de la Colombie-Britannique, lors de la JIQ 2012 à Québec le 19 novembre dernier.

Décrivant l’impressionnant plan numérique de son administration, M. Hume a mis en lumière le nécessaire et incontournable soutien politique à cette démarche de transparence. Un souci d’amélioration continue et une remise en question constante doivent selon lui accompagner toute démarche de ce genre. S’ouvrir n’est en somme que le début d’un processus extrêmement emballant, dont voici les principaux faits saillants et résultats.

Une orientation donnée en haut lieu

La première ministre actuelle de Colombie-Britannique, Kristy Clark, accède à son poste le 14 mars 2011 dans un contexte marqué par la déception des citoyens à l’égard de leurs dirigeants. Mme Clark prend alors position en faveur d’un échange accru du gouvernement avec les citoyens et de l’implication de ces derniers dans la résolution de problèmes et l’élaboration de politiques. Faire avec eux, plutôt que faire pour eux, en exploitant le potentiel de la technologie, telle est l’orientation donnée en haut lieu.

La fonction publique doit réagir à cette volonté politique. Bonne nouvelle, les employés de l’État appuient cette aspiration d’un gouvernement plus interactif et d’une démocratie véritablement incarnée.

Évidemment, le plan numérique pensé par les sous-ministres et dirigeants d’agences sous la houlette d’un haut fonctionnaire s’adresse d’abord aux citoyens. Ce plan s’appuie sur 2 principes fondamentaux, soit :

  • l’ouverture : rendre l’information gouvernementale accessible pour favoriser la transparence et susciter la création d’outils ou d’applications utiles au bien commun;
  • l’interaction : mettre à profit les données ouvertes ou des plateformes de consultation 2.0 pour écouter et faire participer les citoyens à la réflexion entourant les politiques publiques.

Or, la stratégie gouvernementale privilégie aussi :

  • l’autonomie : comment concevoir des services en ligne qui répondent aux besoins des citoyens et grâce auxquels ils pourront transiger avec l’État simplement, sans l’aide des fonctionnaires qui pourront se consacrer à d’autres tâches ou mieux accompagner les clientèles plus vulnérables;
  • l’innovation : comment donner la possibilité aux employés de l’État d’expérimenter de nouveaux outils, notamment de travailler avec leur propre appareil mobile.
M. David Hume

JIQ 2012 – M. David Hume, directeur exécutif de la mobilisation des citoyens au gouvernement de la Colombie-Britannique. (Photo : Patrick Parent)

Des données qui comblent les lacunes de la fonction publique

C’est ainsi que les premières données ouvertes mises en ligne contiennent des informations utiles, certes, aux citoyens dans leur vie quotidienne, mais aussi aux fonctionnaires, dont on souhaite stimuler l’initiative et la créativité afin de résoudre des problèmes. Le gouvernement veut enrichir ses échanges avec sa fonction publique, la mettre davantage à profit. L’ouverture permettra de combler des lacunes dans la collaboration entre ministères.

« On voulait que les gens se passionnent pour nos données! », se rappelle David Hume. « Get excited and make things! », que ce soit participer au développement économique ou à des projets de recherche en santé.

L’ouverture ne s’est pas fait sans résistance à l’interne. De l’avis de certains fonctionnaires, les citoyens pourraient ne pas comprendre les données ou mal les utiliser.

N’empêche qu’à l’heure actuelle, le tiers des utilisateurs du site DataBC sont des employés de l’État. DataBC favorise donc l’échange de connaissances entre les membres de la fonction publique.

Transparence accrue dans la démarche d’accès à l’information

Le gouvernement britanno-colombien accompagne la mise en ligne de données publiques d’une révision en profondeur de sa procédure d’accès à l’information. Le site Open Information fait désormais écho à toutes les demandes d’accès transmises à l’administration.

On répond à une demande 72 heures après sa formulation. Des données aussi sensibles que les frais de déplacement de la première ministre et des ministres sont publiées dans ce site extrêmement populaire.

On relève en effet une augmentation considérable dans le nombre de demandes d’accès à l’information depuis sa mise en ligne. Open Information a suscité un réel intérêt envers l’information gouvernementale.

Les citoyens ne se contentent pas toujours des réponses obtenues à la suite d’une première demande: ils requestionnent leur gouvernement et approfondissent les sujets qui les animent. Au point que le volume important de demandes est parfois difficile à gérer!

Une consultation en continu qui permet de recueillir de nouveaux points de vue

À la publication d’information susceptible d’aider les citoyens à participer à la vie de l’État s’ajoute la mise en place d’une plateforme de consultation de ces acteurs cruciaux de la vie démocratique. GovTogetherBC  rassemble aujourd’hui toutes les conversations qu’entretient le gouvernement avec ceux qu’il administre, que ce soit en matière d’environnement, d’éducation ou de santé.

On a par exemple consulté le public sur la date à adopter pour un nouveau congé familial destiné à tous les citoyens de la province. Actuellement, la Colombie-Britannique prépare un plan en matière d’emploi, qui répond à une des priorités gouvernementales. Elle le conçoit en collaboration avec le grand public, bénéficiant ainsi des points de vue de gens « qu’on n’aurait jamais pu avoir autrement, celui des femmes de travailleurs de métiers, par exemple », affirme David Hume.

Rendre les citoyens autonomes grâce aux services en ligne

Alors que l’administration britano-colombienne songe à faire preuve d’ouverture et de transparence, elle constate que les services en ligne qu’elle dispense ne sont pas très efficaces. Les sites Web gouvernementaux mettent de l’avant des contenus plus ou moins populaires auprès des citoyens, dont les messages de ministres…

On décide de situer le libre-service au cœur des contenus en ligne gouvernementaux, de centrer ces contenus autour des besoins des utilisateurs, plutôt que de la structure gouvernementale, complexe à décoder par les citoyens. S’enclenche alors une vaste consultation auprès de ces derniers.

Les fonctionnaires leur demandent quels services ils souhaitent obtenir. Des employés de l’État se rendent observer les échanges aux comptoirs de l’équivalent de Services Québec en Colombie-Britannique. D’autres se rendent directement chez les gens. On veut les écouter, pour concevoir des services en ligne sur la base de faits, et non de perceptions.

Autre principe qui guide l’administration publique dans sa réflexion sur ses services en ligne : l’accessibilité sans compromis. Penser à tous les types d’internautes, y compris les moins habiles avec le Web, faciliter le repérage d’information en présentant d’abord les nouveautés, en améliorant la navigation et en privilégiant l’image et la vidéo, adopter une approche équilibrée entre les services et la messagerie.

Cette réflexion conduit au lancement du site gov.bc.ca. Dans peu de temps, les sites Web des ministères seront intégrés à ce site fédérateur dans lequel, selon M. Hume, citoyens et entreprises trouvent aisément les renseignements qu’ils cherchent.


JIQ 2012 – Le gouvernement ouvert en Colombie-Britannique par E-Gouv Québec sur la chaîne Vimeo.

Tester, bonifier, écouter

La réflexion de la Colombie-Britannique en matière numérique ne prend pas fin avec le lancement des sites Web mentionnés.

L’ouverture n’est que le début d’une démarche d’interaction entre un gouvernement, une administration publique et les citoyens, constate David Hume. Une fois les données mises en ligne, il faut créer une communauté autour d’elles, les promouvoir par des conférences, mettre en place une culture qui « favorise l’ouverture et l’innovation ».

« On pense parfois que le public est un risque à gérer plutôt qu’une ressource à exploiter », soutient M. Hume, convaincu du contraire. Il a d’ailleurs profité de son passage à la JIQ pour inviter le gouvernement du Québec à ouvrir ses données, pour être plus efficace.

Le site gov.bc.ca fait quant à lui l’objet d’améliorations continues en matière d’ergonomie. Les responsables du site le testent continuellement auprès de citoyens, notamment ceux qui se servent de systèmes d’assistance pour naviguer. Les canaux d’échange demeurent ouverts avec le public pour améliorer le produit offert.

« Où allons-nous maintenant? »

C’est la question que se pose le comité de décideurs responsable des choix du gouvernement en matière numérique.  Les gens qui ont mis en place les premiers outils de la stratégie numérique sont-ils les mieux placés pour continuer à coordonner leur développement? Centralisées jusqu’à ce jour en haut lieu, les activités de conception de services en ligne et d’ouverture de données se déplacent vers les ministères qui commencent à prendre la relève.

Qu’avons-nous appris de tout ce processus? Quelle est la meilleure structure d’équipe à établir? Quelle est la gouvernance de données à mettre en place pour favoriser le partage de données? Ce sont des éléments essentiels pour livrer la marchandise promise par notre première ministre, croit David Hume.

« C’est parfois bizarre de vivre dans l’incertitude, l’ambiguïté, mais c’est une condition nécessaire pour réfléchir aux services en ligne les plus adéquats », déclare ce jeune haut fonctionnaire, qui voit dans l’écoute des citoyens, la cohésion et la cohérence les conditions essentielles à la poursuite du plan numérique de son gouvernement.

« L’avenir m’emballe! » lance-t-il avec enthousiasme. Nous poursuivrons notre travail de concertation auprès d’autres organisations publiques pour mieux régler les problèmes de nos citoyens. Il y a beaucoup d’occasions à saisir dans ce domaine pour créer les changements durables dans nos organismes. »

Les britano-colombiens éliront un nouveau gouvernement le 14 mai 2013. Quel sera l’avenir du plan numérique? Le nouveau gouvernement poursuivra-t-il les efforts entrepris? C’est aussi ça vivre dans l’ambiguïté…

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

À voir aussi :

E-Gouv Québec diffuseur officiel du WAQ 2013!

18 octobre 2012 1 commentaire

Nous sommes très fiers d’annoncer notre partenariat avec l’événement Web à Québec (WAQ) qui se déroulera du 20 au 22 février 2013.

C’est un mariage naturel entre les deux organisations. L’équipe de E-Gouv Québec assurait déjà une couverture sur Twitter en direct des principales conférences depuis la première édition du WAQ en 2011.

À titre de diffuseur officiel, nous pourrons offrir une couverture encore plus complète et variée. Nous ajouterons à nos faits saillants en direct, des articles, des comptes rendus ainsi que des entrevues et des reportages vidéos exclusifs.

Ce partenariat est une excellente nouvelle pour le WAQ et pour nous, mais surtout pour nos abonnés et lecteurs. C’est aussi une occasion supplémentaire pour promouvoir la vitalité des communications numériques à Québec. Merci à toute l’équipe du WAQ pour cette belle opportunité.

Plus que jamais, E-Gouv Québec veille pour vous!

Patrick Parent, E-Gouv Québec

À lire aussi, une partie de notre couverture du WAQ 2012 :

Stratégies et innovations Web – Retour sur la journée Infopresse de Québec

Le 10 octobre dernier se tenait à l’hôtel Pur de Québec une journée de conférences organisée par Infopresse. Autour du thème « Stratégies et innovations Web », les 7 conférenciers ont abordé divers sujets tels que le multiplateforme, les données libres, la ludification, le social local mobile (SoLoMo) et les communications gouvernementales.

Notre collègue Anne-Marie Gauthier, webmestre et chargée de projet à Commission de la capitale nationale du Québec, a assisté à une partie de cette journée. Voici son compte rendu de trois conférences.

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Gamification : Intégrer le jeu dans sa stratégie de marque
Par Issam Heddad, TP1

Ludi quoi? Ludification, c’est le terme français désignant gamification. Il s’agit de l’utilisation d’éléments de design de jeu dans des contextes non ludiques. Selon la définition du terme sur Wikipedia, « son objet est d’augmenter l’acceptabilité et l’usage de ces applications en s’appuyant sur la prédisposition humaine au jeu ».

Depuis 2008, avec l’entrée dans nos vies des téléphones intelligents, puis des tablettes numériques, le jeu nous accompagne partout. On désigne cette réalité Casual Revolution, alors qu’aux États-Unis, le nombre de personnes qui jouent au moins une heure par mois est passé de 56 millions en 2008 à 135 millions en 2012!

Dans la presentation, on a vu que selon Mark Pincus, CEO de Zynga, « Game mechanics will be the most valuable skill in the new economy ». De son côté, le Gartner Group pretend qu’ « en 2015, la moitié des processus d’innovation va inclure des mécaniques de jeux ».

Alors, M. Heddad, comment utiliser la ludification dans nos organisations ? Voici ce qu’il nous conseille : il faut identifier les profils de nos utilisateurs-joueurs, concevoir et maintenir à long terme différents modes d’engagement, repenser nos systèmes d’interaction en intégrant des éléments de jeu et s’inspirer des mécaniques de jeux à succès.

Plusieurs exemples concrets de ludification nous ont été donnés, dont :

  • Chromaroma, un jeu qui montre les déplacements en transport en commun grâce à l’utilisation des données ouvertes de la carte Oyster, à Londres.
  • Khan Academy, un site Web dont la mission est d’offrir une éducation gratuite à tous, partout, grâce à la diffusion de capsules vidéos éducatives et à des tests pour évaluer les compétences des utilisateurs.

Aujourd’hui, la sphère du design de jeu et la sphère du Web sont trop éloignées. Selon M. Heddad, le jeu n’est pas une intervention dans un système. Le jeu est plutôt une manière de repenser le système dans sa globalité. Ainsi, il croit que « le design ludique va évoluer rapidement pour toucher toutes les sphères de notre société et transformer les systèmes existants ». Rien de moins!

L’entreprise de demain : Vers une culture numérique
Par Luc Lespérance, Atelya

Démarrons ce résumé avec une citation de Andrew McAfee : « Le phénomène d’Entreprise 2.0 correspond à l’utilisation des plateformes sociales et collaboratives du Web 2.0 par et pour les employés à des fins de productivité et d’efficacité ».

Dans sa conférence, M. Lespérance nous a présenté trois grandes réalités pour la nouvelle génération d’entreprise : la socialisation de l’entreprise, le développement des usages numériques et l’arrivée massive de la génération « Y » (ou le départ massif des baby-boomers).

1. Socialisation de l’entreprise

Contrairement à ce que l’on peut penser, il s’agit d’une transformation d’abord culturelle et non technologique. L’entreprise 2.0, c’est une nouvelle façon de communiquer et de collaborer à l’interne, en capitalisant sur les réseaux. En eux-mêmes, les outils 2.0 sont des coquilles vides; ce sont les usagers qui les rendent vivants.

2. Évolution du poste de travail

Aujourd’hui, les besoins technologiques évoluent rapidement. Les employés s’attendent à avoir accès à leurs dossiers à distance, aiment que leurs données soient accessibles peu importe le support (interopérabilité) et utilisent de plus en plus leurs appareils personnels. D’ailleurs, 41 % des employés utilisent leur ordinateur personnel à des fins professionnelles, alors que 48 % des téléphones personnels sont également utilisés à des fins professionnelles.

3. Arrivée des nouvelles générations

Après nous avoir présenté les stéréotypes des générations « X » et « Y », M. Lespérance nous a démontré que les plus jeunes ont de nouvelles attentes envers l’entreprise. Utilisation des modes de communication 2.0, transparence, reconnaissance, horaires flexibles et possibilité d’occuper plusieurs emplois différents, pour ne nommer que celles-là.

Outils collaboratifs

Plusieurs outils peuvent être intégrés à l’intérieur de nos organisations pour augmenter l’efficacité. Wikis des meilleures pratiques, espace de gestion documentaire pour l’évolution de projets en collaboration, messagerie instantanée, blogue, tablettes numériques et téléphones intelligents pour les employés « sur le terrain ». Et rappelons-nous que tous ces outils doivent venir en support à des façons de faire et qu’ils doivent être sélectionnés en fonction des besoins internes d’abord.

Quelques-uns des défis de l’entreprise de demain :

  • nouveau modèle opérationnel basé sur la transparence, la collaboration et le partage;
  • nouveau mode de management décentralisé;
  • nouvelle façon d’attirer et (surtout) de retenir les talents;
  • gestion de la mobilité;
  • émergence de nouveaux métiers de communication.

Bref, il faut rapidement que les entreprises s’adaptent aux nouvelles réalités, notamment en développant une culture de plus en plus numérique.

Et moi je dis : Amen.

Communication gouvernementales et médias sociaux
Par Louis Duchesne, Cossette

M. Duchesne a débuté sa conférence en mettant la table au sujet des nouvelles réalités qu’entraînent les médias sociaux. Statistiques, graphiques, images éloquentes. Mais ce que j’ai particulièrement aimé, c’est son analogie au party de cuisine. Dans ce nouvel esprit participatif que permettent les médias sociaux, les citoyens veulent participer aux activités du gouvernement, être au courant des projets et donner leur opinion. « Les citoyens veulent être dans la cuisine du gouvernement ».

Selon lui, les médias sociaux engendrent quatre nouvelles opportunités pour les organisations gouvernementales. D’abord, ils permettent d’écouter et de prendre le pouls, en monitorant les conversations et en identifier des idées générées par les gens. Un excellent exemple est celui du simulateur budgétaire du Plateau Mont-Royal. Ensuite, les médias sociaux permettent d’améliorer le service au citoyen en y donnant une nouvelle dimension, comme l’a fait le ministère des Finances de l’Ontario avec son compte Twitter @OntMinFinance. Troisièmement, les organisations communiquent plus fréquemment, de façon transparente, ce qui augmente la confiance du citoyen envers son gouvernement. Finalement, les médias sociaux facilitent la sensibilisation car ils permettent de développer des campagnes ciblées à travers les réseaux et d’identifier les influenceurs qui auront un réel impact. M. Duchesne a illustré cette proposition en nous montrant la campagne en ligne du Directeur général des élections « Voter, c’est aussi protéger notre démocratie ». En lien avec cette campagne, M. Duchesne a d’ailleurs insisté sur le fait que de toute sa carrière, c’était la première fois qu’il voyait une campagne Web se transposer à la télévision et non l’inverse. La capsule de 90 secondes a connu un tel succès qu’elle a été adaptée en spot de 60 secondes pour le petit écran. Signe que les temps changent…

Et voici, en vrac, quelques exemples supplémentaires de campagnes publiques dans les médias sociaux, rapportés par M. Duchesne :

  • campagne « jeplanifie.gouv.qc.ca » de la Régie des rentes du Québec;
  • campagne « Quand c’est orange, on redouble de prudence » du ministère des Transports du Québec, mettant en vedette Pierre-Yves Lord, personnalité médiatique québécoise;
  • utilisation du mot-clic #manifencours de la SPVM sur Twitter, afin d’aviser les citoyens des lieux des manifestations dans la métropole lors de la grève étudiante en 2012.

En conclusion à sa conférence, M. Duchesne nous rappelle qu’avant de se lancer, il faut :

  1. Définir ses objectifs d’affaire : Que voulez-vous accomplir dans les médias sociaux? Quel département impliquer? Quels publics rejoindre?
  2. Réaliser un audit médias sociaux : Dresser l’état des plateformes existantes, analyser sa e-réputation, recenser le contenu disponible à l’interne.
  3. Définir les processus internes : Établir sa matrice décisionnelle et les politiques de publication.
  4. S’outiller : Sélection des médias sociaux utilisés, personnalisation des profils, définition des éléments de mesure, formation des employés.
  5. Développer une stratégie de contenu : Ligne éditoriale, style et calendrier éditorial.

Alors, qu’attendez-vous?

Anne-Marie Gauthier, E-Gouv Québec

Gordon Bell, le gouvernement ouvert et les PDF…

Il y a parfois de petits pas qu’on peut faire pour atteindre nos objectifs en apparence si anodins qu’en regardant le plan global on les oublie. Par exemple, que diriez-vous d’une réflexion sur l’utilisation du PDF? Le croiriez-vous mais c’est ce dont Gordon Bell, chercheur principal à Microsoft et, disons-le, une légende en ce qui a trait à la réflexion sur la technologie dans nos vies, m’a parlé entre deux conférences.

Tandis que lui résumais ce panel fort intéressant sur les impacts du web 2.0 sur les changements politiques dans le monde arabe, j’en ai profité pour discuter de «gouv 2.0», du rapport Gautrin et de toutes ces idées qui se brassent au Québec. Il sourit en hochant de la tête et me demande ce que le citoyen cherche vraiment en demandant des données ouvertes? Je réponds spontanément plus de transparence. Il me répond tout sourire, « peut-être à changer ou corriger quelque chose?», peut-être bien, me suis dit. Selon lui, nous n’utilisons pas encore des outils aussi simple que le PDF à leur plein potentiel. Je n’ai pu qu’acquiescer. Qui n’a jamais été attiré sur un site par la perspective de trouver tous les formulaires en ligne, pour trouver des PDF qu’il fallait imprimer, remplir et numériser pour les retourner par courriel… Pourtant, comme il me fait remarquer, cela fait quelques années que la technologie soutient la création de PDF que l’on peut remplir à l’écran, signer électroniquement pour les envoyer en un clic. Cela dit, nous tendons souvent à utiliser la technologie pour faire les choses comme nous les avons toujours faites…

En quoi cela s’apparente-t-il à une réflexion sur le gouvernement 2.0? Bell me parle de l’Australie, qui est déjà beaucoup plus avancée que les États-Unis en ce qui a trait aux services aux citoyens en ligne et qui offre depuis plus de cinq ans la possibilité de remplir des formulaires et d’effectuer bon  nombre de demandes en ligne. Pour en arriver là, il faut des directives simples et au besoin, de la formation auprès des citoyens moins familiers avec le web.

Eh, oui c’est souvent ce qui ressort des échanges avec les internautes : au-delà des grands principes, ils veulent surtout qu’on leur facilite la vie…

Nadia Seraiocco, conseillère et conférencière
Collaboration spéciale

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Biographie de Nadia Seraiocco : Nadia est conseillère en relations publiques 2.0, auteure et conférencière. Depuis 2002, elle anime son propre carnet et depuis avril elle blogue sur Triplex (Radio-Canada).

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