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Retour sur le GouvCamp 2013 – Rêver de faire mieux de façon pragmatique!

Comment la technologie, la collaboration et les communications numériques peuvent améliorer la mission des gouvernements ? 

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C’est autour de cette question que près d’une centaine de personnes se sont réunies pour la 2e édition du GouvCamp qui s’est déroulée le 20 février dernier à Québec en pré-ouverture du WAQ. Voici un compte rendu des faits saillants de l’événement.

L’idée de créer un GouvCamp est venue de Sylvain Carle en 2010. C’est par un message vidéo de l’initiateur qu’a débuté l’événement.

C’est avec tristesse que je ne peux être avec vous, mais c’est avec joie que je vois la tradition du GouvCamp s’implanter et poursuivre sur sa lancée au Québec. – Sylvain Carle

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Thèmes multiples et discussions enrichissantes

Avant de débuter les échanges, les animateurs Patrick Leduc et Mathieu invitent les participants à voter pour les sujets qu’ils souhaitent voir aborder. Le sujet le plus populaire lors de cette édition du GouvCamp a été, sans grande surprise, les médias sociaux. Mais d’autres thèmes ont également été abordés, tels : l’accès aux médias sociaux, les outils collaboratifs interministériels, les données ouvertes, la mobilité et les suites du rapport Gautrin.

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Sujet 1 : les médias sociaux

«On fait des relations sociales et non des relations publiques sur les médias sociaux.»

Les contenus qui ne sont pas nécessairement en lien direct avec la mission de l’organisation ont une fonction sur les médias sociaux, ils sont susceptibles de rejoindre ou même de toucher davantage les gens. Lors des échanges, on évoque une certaine réserve concernant les messages trop prudents. Les gens veulent percevoir des émotions, des valeurs, affirme un participant!.

Mais jusqu’où peut-on aller à ce niveau en tant qu’organisation gouvernementale? Des messages ludiques qui suscitent de l’intérêt sont-ils bien perçus à l’égard de la responsabilité civile? Une certaine réserve est soulevée certes, mais il est important d’établir une relation avec l’utilisateur afin qu’il puisse avoir du plaisir à nous suivre et à interagir avec nous. Le défi est de trouver le bon ton, trouver son style.

«Il faut avoir la confiance de nos patrons et de nos collègues sur les sujets que l’on va aborder sur les médias sociaux. Il est important d’avoir des contacts directs avec les bonnes personnes au sein de l’organisation.»

Sur les médias sociaux, ça prend du naturel. On ne peut pas se permettre de faire valider notre message et de répondre sur les réseaux 3 jours plus tard. L’instantanéité dans les réponses est important; il ne faut pas attendre que le train passe.

Est-ce qu’on doit répondre à tout sur les médias sociaux? Au moins, répondre «Merci!», affirme un participant. Et il peut arriver exceptionnellement qu’il faille répondre à des heures atypiques par rapport à l’horaire normal des organismes publics.

«Ne pas y aller (sur les médias sociaux), ça coûte cher.»

Les médias sociaux permettent d’être en contact direct avec les citoyens, de se créer un réseau et des relayeurs d’information. Il faut que leur utilisation réponde à un besoin et il faut savoir le type d’information que l’on désire y véhiculer. L’avantage de l’utilisation des médias sociaux réside beaucoup dans la création d’un réseau. D’où l’importance d’aller sur les médias sociaux en adaptant les valeurs et la culture des différentes communautés.

«Ce n’est pas d’intégrer les médias sociaux qui est difficile, ce qui est difficile, c’est de changer nos processus avant de les intégrer.»

Avant tout, il est essentiel de prévoir davantage de souplesse dans nos processus de travail et affranchir certaines barrières hiérarchiques. Il ne suffit donc pas d’avoir des lignes de communication bien définies pour bien intégrer les médias sociaux.

Sujet 2: Faire de la veille sans accès sur les médias sociaux

«La confiance est gratuite, la sécurité coûte une fortune.»

Pour la grande majorité des employés de la fonction publique, la veille sur les médias sociaux est difficile, puisqu’un grand nombre d’entre eux n’ont pas accès aux réseaux sociaux à leur travail.

Quelles sont les solutions mises en place pour palier à ce problème ? La clé selon plusieurs participants est de toujours justifier notre demande d’accès dans le cadre de ce que l’on fait dans notre travail. Lorsque notre besoin est bien établi, il est plus facile de rencontrer notre patron pour lui justifier notre demande d’accès.

Il peut parfois être nécessaire dans certains cas de faire intervenir un responsable de la sécurité de l’information. Dans tous les cas, montrer que puiser de l’information sur le Web nous permettra d’en tirer des bénéfices dans le cadre de nos fonctions est la meilleure solution.

Au-delà de cela, est-ce réellement pertinent de bloquer  l’accès aux médias sociaux? Pourquoi ne pas donner accès à tous, tout simplement? «Il faut éduquer, communiquer avec notre employeur.» Les craintes relevées par les participants sont notamment reliées à la perte de temps par les employés, à la perte de contrôle de l’information, mais surtout à la méconnaissance de ces outils à l’interne.

Dans ce contexte, les organisations sont-elles prêtes à intégrer les médias sociaux en milieu de travail? Il est d’abord important de se donner le temps en tant qu’employé d’apprivoiser ces nouvelles technos. Et pour aider à démystifier et réduire les craintes de nos dirigeants, il faut les informer, les éduquer et les accompagner. De toute évidence, il y a un changement de culture important à effectuer en passant du mode contrôle à confiance, ont souligné plusieurs participants.

Une participante souligne que dans son organisation, l’ouverture aux médias sociaux s’est d’abord faite au sein de sa direction des communications. L’organisation a par la suite créé un comité d’accessibilité sur les médias sociaux à l’interne regroupant différentes unités et depuis, avec la volonté de leur dirigeant, les médias sociaux sont ouverts à l’ensemble de l’organisation (sans toutefois encore être promu). La prochaine étape est d’offrir une activité de sensibilisation pour l’ensemble des gestionnaires. Si les employés sont bien encadrés, cela peut être très favorable, affirme la participante.

Sujet 3: Les outils collaboratifs interministériels

«Tu innoves, car tu désobéis.»

Le besoin de communiquer plus efficacement entre les employés du gouvernement est évident et partagé par l’ensemble des participants. Qu’est ce que vous voyez comme outil de collaboration pour qu’on puise avancer à ce niveau? Comment pouvons-nous échanger de l’information entre nous de façon plus efficace? A-t-on réellement une volonté au gouvernement pour mettre en place des outils interministériels?

«On a la technologie nécessaire, mais l’organisation ne semble pas mûre actuellement pour le mettre en œuvre.»

En ce moment, il existe une liste de diffusion s’adressant aux webmestres du gouvernement du Québec. Elle inclut 697 membres et permet de communiquer et de s’envoyer des messages.

Toutefois, cet outil présente plusieurs limites. Certains doivent maintenant faire approuver leur message avant publication. Les documents sur la liste sont archivés sur le serveur, mais ne sont pas rendus disponibles (bien que c’est une chose qui pourrait se faire éventuellement). Il demeure difficile d’échanger, vu le manque de possibilités et de structure de l’outil. Des petits groupes sont donc créés ici et là à différents niveaux gouvernementaux et on s’éparpille.

Que faire? Consulter les ministères et organismes et mieux définir notre besoin à l’interne en matière d’échange d’information serait un bon point de départ pour déterminer quel outil à mettre en place, indique un participant. À la suite de ce commentaire, à tour de rôle, les participants ont évoqué certaines fonctionnalités qu’ils aimeraient voir dans un éventuel outil collaboratif interministériel :

  • un endroit pour stocker les documents;
  • une plateforme collaborative pour échanger avec une possibilité de recevoir des alertes;
  • la création de groupes de travail sur des sujets spécifiques;
  • la création d’un réel patrimoine commun où les échanges sont structurés et où l’information est facilement accessible et sécurisée.

4. Données ouvertes

Quand on parle de données ouvertes, on parle de données en format ouvert, accessibles, exploitables et réutilisables. Que pouvons-nous faire en matière de données ouvertes au sein de nos organisations? Devons-nous nous concentrer sur la libération et/ou l’exploitation de données?

«Les organisations publiques savent que le site donnees.gouv.qc.ca existe, mais attendent des directives claires pour déposer des données.»

Le portail de données ouvertes a été lancé au mois de juin 2012 sous l’ancien gouvernement. Plusieurs participants soulignent le fait qu’aucune ligne directrice officielle ne leur a été donnée jusqu’à présent. Actuellement, le nouveau gouvernement doit s’approprier en quelque sorte le projet.

Cependant, le portail existe et on peut y déposer de la donnée. Il est donc possible à l’interne de lancer des initiatives et de rendre des données disponibles. Une fois les données ouvertes, elles peuvent être réutilisées librement, ce qui favorisera, par le croisement de données existantes, la création d’applications, voire de nouveaux services.

«Se concentrer à l’interne sur la libération de la donnée, va permettre le développement et la cocréation de services par la société civile.»

«Des données ouvertes, c’est de l’expérimentation.»

Au Directeur général des élections (DGE), lors des dernières élections, on a expérimenté la libération de données. Les employés ont créé un fichier d’hébergement à côté de leur serveur et ont partagé des données cartographiques (circonscriptions) et les résultats des élections pour que les gens puissent concevoir des applications. Le site La soirée des résultats a été créé par des développeurs bénévoles avec ces données.

Sans contredit, l’État a difficilement les moyens d’offrir des services inachevés, en test ou en expérimentation. Si un ministère «se plante», cela peut facilement créer un débat, souligne un participant. Lorsqu’on ouvre nos données, il y a certainement des problèmes qui surgiront (ne serait-ce que des problèmes d’encodage). Que faire dans ce cas? Au DGE, ils ont demandé aux gens d’être tolérants : «on débute là-dedans, on expérimente, la donnée n’est donc pas formatée parfaitement. » Les gens ont bien réagi.

«Le gouvernement est dans un mode produit, il doit passer en mode collaboration avec les citoyens.»

Dans l’actualité, on parle beaucoup de corruption. Si tous les contrats étaient ouverts, il y aurait moins de problèmes, affirme un participant. Le but de tout cela? Rétablir la confiance. Les citoyens ont besoin de reprendre confiance avec leurs institutions.

Sujet 5: La mobilité

La mobilité est un canal essentiel qu’on ne doit pas négliger au gouvernement. Il y a un fort lien avec le thème précédent, considérant qu’en libérant des données, des applications mobiles seront créées.

Le Responsive Web Design peut être une orientation à considérer davantage au sein du gouvernement, affirme un participant. Cette approche consiste à configurer notre site Web afin qu’il puisse facilement s’afficher sur petit écran. On adapte le développement et le visuel en conséquence sans changer la manière de naviguer.

Bien entendu, tout dépend de ce que notre clientèle a réellement besoin, mais plusieurs s’entendent pour dire que ce n’est pas au sein du gouvernement que les applications mobiles doivent être créées, mais bien à l’externe par la réutilisation des données ouvertes.

Sujet 6 : Rapport Gautrin… les suites

«Comme travail de collaboration interne-externe de mémoire ça ne s’était pas encore vu.»

Sous le dernier gouvernement, M. Henri-François Gautrin, député de Verdun et leader parlementaire adjoint du gouvernement a été mandaté pour mener des travaux sur l’utilisation du Web 2.0 au gouvernement et proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.

Le rapport a été déposé officiellement à l’Assemblée nationale et a été rendu public le 2 mai 2012. Il est actuellement en ligne sur le site du Ministère du Conseil exécutif (MCE) : « Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliorera-t-il les services aux citoyens ? »

Le rapport comprend 32 recommandations sur les questions de transparence gouvernementale, de participation citoyenne et de collaboration entre les employés de l’État. Il est le fruit d’une vaste consultation, d’abord sous forme traditionnelle auprès des dirigeants de la fonction publique québécoise, puis sous forme de débat sur Internet auprès des employés de l’État et du grand public (www.consultationgautrinweb2.gouv.qc.ca).

Lors de la conférence de presse du 2 mai 2012 des actions concrètes ont été annoncées et le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre toutes les recommandations du rapport Gautrin. Comment s’annoncent les suites maintenant sous un nouveau gouvernement?

Il serait difficile de ne pas continuer à aller de l’avant compte tenu du contexte actuel où le gouvernement s’expose à des dépassements de coûts pour les projets et à la corruption, affirme un participant. De plus, comme l’ancien gouvernement s’est commis au conseil des ministres en faveur de l’ensemble des recommandations du Rapport Gautrin, on ne peut plus reculer.

Le gouvernement ouvert semble vu par les différents partis politiques comme une solution. Actuellement, on constate que le ministre Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, prend un leadership et démontre un vif intérêt sur le sujet.

«Un véritable projet de société autour du numérique doit se créer.»

Les suites du GouvCamp…

Thierry Goulet, responsable de l’organisation du GouvCamp, nous a déjà présenté les premières suites du GouvCamp en créant un groupe sur LinkedIn : Le Web et le gouvernement.

Remerciements

Merci aux animateurs de l’événement, Patrick Leduc et Mathieu, merci aux organisateur du Web à Québec pour leur grande (et précieuse) collaboration et pour leur appui, merci à Marie-Andrée Vézina et Sandrine Charron pour leur aide logistique le jour de l’événement et surtout, un énorme (gigantesque) merci à Thierry Goulet pour l’organisation de cette 2e édition du GouvCamp.

Merci spécial aussi à Clément Falardeau pour ses notes audio qui nous ont été très utiles pour la rédaction de ce compte rendu.

Et en terminant, nous remercions tous les participants qui se sont joints à nous pour le GouvCamp. Cette anti-conférence existe pour vous et grâce à vous!

Quelque chose à ajouter?

Vous étiez présent lors du GouvCamp et vous constatez que nous avons oublié des sujets dans notre compte rendu? N’hésitez surtout pas à commenter cet article, il nous fera plaisir de vous lire. Vous n’étiez pas présent au GouvCamp mais vous aimeriez participer aux échanges, vous pouvez vous aussi commenter l’article, c’est gratuit, mais très enrichissant!

Par Joëlle Bernard en collaboration avec Patrick Parent, E-Gouv Québec

À lire aussi sur notre blogue :

Québec : le Carnaval laisse place au numérique!

18 février 2013 1 commentaire

Au moment où le plus grand Carnaval d’hiver au monde prend fin, c’est une semaine très intense numériquement parlant qui se prépare dans la vieille Capitale. En effet, pas moins de 3 événements reliés au Web, aux technologies et aux communications numériques se succéderont du 19 au 22 février 2013. Et naturellement, l’équipe de E-Gouv Québec y sera pour veiller pour vous.

Forum Webcom, 19 février 2013

Pour sa première édition à Québec, le Forum Webcom pose une grande question : le numérique peut-il changer le modèle d’affaires de l’État? Le ministre Bernard Drainville est l’invité de la conférence d’ouverture. Par la suite, plusieurs panélistes se relaieront tout au long de la journée pour aborder des thèmes tels la gouvernance de l’État, l’innovation numérique dans le monde municipal, de la santé et de l’éducation ainsi que la gestion et la sécurité informatique. Quelques membres de E-Gouv Québec seront sur place pour vous transmettre les faits saillants de cette journée.

GouvCamp, 20 février 2013

E-Gouv Québec présente, en collaboration avec le Web à Québec, la seconde édition du GouvCamp. Cette anti-conférence gratuite, mais très gratifiante, met en vedette le partage d’idées et de projets de technophiles, d’employés du gouvernement et de citoyens dans une ambiance conviviale et ouverte. Bien entendu, l’équipe de E-Gouv Québec y sera puisque c’est nous qui avons lancé l’invitation!

Web à Québec (WAQ), 20 au 22 février 2013

Ce marathon numérique se termine par…un marathon numérique! Et comme l’équipe de E-Gouv Québec adore veiller sur de grandes et belle distances, nous avons accepté cette année d’être le diffuseur officiel du WAQ 2013. Notre équipe d’athlètes réguliers se fera aider pour l’occasion puisque c’est vraiment très sportif comme parcours de conférences. C’est donc près d’une quinzaine de marathoniens qui feront courir leurs doigts sur les claviers pour diffuser les faits saillants des conférences en direct sur Twitter et prendre des notes pour la publication de comptes rendus sur notre blogue les jours suivants le WAQ. Vous en voulez plus? Nous ferons également des entrevues vidéos avec près d’une vingtaine de conférenciers. Ces capsules exclusives seront diffusées sur notre chaîne Vimeo quelques jours après l’événement. Avec tout cela, c’est un podium assuré.

Si j’étais à votre place, j’irais m’entraîner un peu parce que vous risquez d’être essoufflé en nous suivant toute la semaine! Nous on a l’habitude, on est fait pour veiller fort.

Bonne semaine numérique à vous et au plaisir de vous croiser dans le monde réel ou virtuel.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

P.S. J’ai oublié de souhaiter bonnes vacances au Bonhomme Carnaval et de le remercier de nous avoir laissé les clés de la ville pour la semaine. Voilà, c’est fait. :-)

E-Gouv Québec organise le GouvCamp 2013

22 janvier 2013 Poster un commentaire
Indications GouvCamp

Affichage modeste comme c’est la tradition lors de Camp.

Encore une fois cette année se déroulera, en marge du WAQ, un GouvCamp, une activité de discussion et d’échange entre passionnés du Web, du numérique, de la techno et interpellés par les défis du gouvernement. Et c’est encore E-Gouv Québec qui se charge de l’organisation cette année.

L’an dernier, Raphaël avait fait un excellent résumé de l’événement. Nous avions alors principalement discuté des données ouvertes, qui étaient le point chaud du moment. Quels seront les sujets de cette année? Y a-t-il eu des réalisations concrètes suite à cette rencontre? Est-ce que les préoccupations ont changé?

Le seul moyen de le savoir est de se présenter le 20 février prochain en après-midi, à l’Espace 400e! Les billets (gratuits) sont disponibles sur EventBrite et nous vous encourageons à proposer un sujet que vous aimeriez aborder lors de la rencontre car c’est vous qui êtes les participants et les interlocuteurs!

Effectivement, un GouvCamp se veut une rencontre en droite lignée avec les autres «camps», concept qui a été importé il y a quelques années au Québec par Sylvain Carle, l’instigateur des GouvCamp. Il ne pourra peut-être pas se présenter cette année, l’animation sera donc assurée par des collègues du gouvernement provincial.

Nous vous attendons et souhaitons une participation aussi grande que l’an dernier, et ce malgré une semaine de février qui s’annonce numériquement assez chargée!

Thierry Goulet. E-Gouv Québec

Entrevue avec Jean-François Gauthier du collectif Démocratie Ouverte

Tout comme Montréal Ouvert, Capitale Ouverte, Gatineau Ouverte et plus récemment Québec Ouvert, Démocratie Ouverte est un collectif de citoyens qui fait la promotion des principes du gouvernement ouvert et transparent.

Mais en quoi ce groupe est-il différent des autres et quels sont ses objectifs? Le 5 juin dernier, notre équipe de reportage a rencontré Jean-François Gauthier, un des membres fondateurs de Démocratie Ouverte, afin qu’il nous présente ce regroupement de citoyens. Voici cette entrevue vidéo.

Pour en savoir plus sur Démocratie Ouverte :

Autre lien (mentionné par Jean-François durant l’entrevue) :

Merci à Patrick Byrne qui était à la caméra (iPad) lors de l’enregistrement.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

De quoi voulez-vous nous voir bloguer?

L’équipe de E-Gouv Québec aime veiller et partager, vous l’aviez peut-être remarqué. Mais les membres de l’équipe et leurs collaborateurs/collaboratrices aiment aussi écrire.

La preuve, en ce moment quelque part (vous savez, avec la mobilité et le sans fil de nos jours, quelque part ça peut vraiment être partout et nulle part), des claviers se font aller les lettres très activement pour vous livrer des articles sur une grande variété de sujets qui touchent les communications numériques.

Mais pendant que nos doigts font surchauffer nos claviers, votre tête doit aussi contenir de bonnes idées. Alors laissez-vous aller, partagez ces idées avec nous en commentant cet article, en nous écrivant ou en prenant quelques secondes pour répondre à ce sondage.

Ça va nous aider à mieux veiller pour vous!

Patrick Parent, E-Gouv Québec

P.S. : Désolé pour les mots en anglais dans ce sondage. Ce blogue est aussi un laboratoire pour nous et nous apprenons à utiliser WordPress sous vos yeux. Nous cherchons encore comment remplacer ces termes anglais par ceux en français. On vous tient au courant…stay tuned! :-)

Mise à jour (19 mars 2012) : La correction pour les termes anglais a été effectuée avec succès. Merci à notre lecteur Robin Millette pour son aide. C’est entre autres pour cela que j’aime le Web, nous sommes plus intelligents en groupe!

GouvCamp 2012: rêver le gouvernement mobile, ouvert, social et collaboratif

Demande de services sur les réseaux sociaux et sur les plateformes mobiles qu’adoptent massivement les Québécois, revendication en faveur de données gouvernementales ouvertes par souci de transparence et pour favoriser la collaboration avec les citoyens, résistance des services informatiques et des décideurs. Autant de défis-colossaux?- auxquels sont confrontés les professionnels du Web du gouvernement du Québec.

C’est sur ces thèmes que plusieurs d’entre eux (environ 60% des participants) ont choisi de discuter avec des représentants du secteur privé et des citoyens militant pour l’ouverture des données publiques lors d’un premier GouvCamp tenu à Québec le 22 février dernier. Animé de brillante façon par l’animateur Sylvain Carle, co-fondateur de Needium, ce camp se voulait une réflexion sur l’utilisation des technologies de l’information et des communications pour créer un mouvement « positif » autour de la gouvernance en général et du gouvernement en particulier.

Le journaliste Fabien Deglise, du Devoir, a fort bien résumé dans son compte rendu, quelques-uns des enjeux abordés lors de ce rendez-vous intimiste. Quelques jours plus tard, que retenir d’autres de cette première initiative de mise en commun entre environ 70 passionnés du Web?

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Mobilité: l’approche par livraisons

Invités à choisir les thèmes de la discussion en votant parmi les sujets proposés par chaque participant, les « campeurs » ont opté en grand nombre pour la mobilité. Une question s’est posée : comment réutiliser les contenus des sites Web gouvernementaux sur les plateformes mobiles?

Un constat s’impose: il est plus facile d’élaborer un petit projet de communication spécialement conçu pour le mobile que de « faire entrer » la totalité des contenus de nos sites Web dans un environnement mobile. Ils ne sont pas conçus pour ça.

Le Directeur général des élections du Québec privilégie désormais le mobile dans tout nouveau projet de communication Web. Lancé à l’automne 2011, le site mobile du DGEQ a nécessité 3 mois d’efforts. Il n’est pas complet, mais il constitue une assise sur laquelle construire.

La clé du succès pour le DGEQ? Une approche par livraisons. Cibler les « morceaux » du site « traditionnel » qu’il faut rapidement offrir en version « légère » en s’appuyant notamment sur les demandes des clients, les partis politiques entre autres. Pour Patrick Leduc, du DGEQ, il faut se donner une échéance pour la conception d’un site mobile et la respecter, en diffusant à la date de lancement prévue le contenu prêt à publier.

S’ouvrir par défaut

Est-ce en raison de la présence de militants des mouvements Québec Ouvert et Capitale Ouverte? Le thème des données ouvertes a retenu davantage l’attention des participants du GouvCamp que les autres sujets. Rappelons que cette ouverture passe par la conversion des données recueillies par les ministères et organismes dans le cadre de leurs activités dans un format exploitable par des développeurs et par la mise en ligne de ces données sur Internet.

Là encore, la discussion fait place autant au questionnement qu’à l’affirmation.

Un participant évoque le but ultime de la mise en ligne des données publiques: un gouvernement ouvert par défaut plutôt qu’un gouvernement fermé qui se dévoile uniquement par l’intermédiaire des demandes d’accès à l’information. Le gouvernement devrait justifier la fermeture des donnés plutôt que leur ouverture.

Comment accélérer cette ouverture justement? En misant sur des partenaires financiers, les clients potentiels des données gouvernementales, avance Benoît Girard, jeune retraité du gouvernement du Québec et ex-animateur fort apprécié de la communauté des webmestres de l’État québécois. Ces clients potentiels pourraient servir d’alliés aux professionnels du Web dans leur volonté de faire pression sur les décideurs pour rendre publiques et exploitables les données non-nominatives de l’organisation.

Mais attention… une mise en ligne de données exploitables, ça se prépare! Avant d’ouvrir, il faut être sûr de pouvoir répondre à la demande, tant sur le plan des ressources que sur celui du cadre juridique.

Disposons-nous justement des assises légales nécessaires à la « libération de données »? Un cadre légal reste-t-il à écrire pour appuyer les projets d’ouverture? Doit-on encadrer l’utilisation de données recueillies dans le cadre du travail gouvernemental? Pour Félix Bégin, du mouvement Capitale Ouverte, dont les efforts ont conduit ce 22 février à l’annonce par la Ville de Québec de rendre accessible ses données publiques, une demande formelle doit être transmise au Dirigeant principal de l’information du gouvernement du Québec pour qu’il prépare un cadre de gouvernance sur l’ouverture des données.

Les participants s’entendent sur l’avantage de cette ouverture: en plus de stimuler l’engagement citoyen et de favoriser à faible coût la conception d’applications mobiles, l’ouverture est aussi une manière de découvrir et de recruter des programmeurs compétents, comme l’observe un participant. « Si on s’ouvre, c’est plus facile de solliciter de l’aide, ajoute un autre. « Le gouvernement prend parfois des citoyens pour des épais: on craint le piratage, on s’inquiète de sécurité, plutôt que de se soucier de « faire ensemble ». », conclut le blogueur Mario Asselin.

Québec Ouvert : la notion de service public doit s’étendre aux données

Les militants de Québec ouvert ont profité du GouvCamp pour faire connaître leur jeune mouvement, en faveur de la création d’un portail Web pour rendre accessible des données gouvernementales non-nominatives.

Leur objectif? Permettre aux Québécois de s’approprier ces données pour suivre avec davantage d’attention les activités de leurs élus tout en transformant l’information « libérée » en applications mobiles susceptibles de leur rendre service au quotidien.

La notion de service public doit s’étendre aux données, à l’informatique, considèrent Jonathan Brun et Dave Pelletier, co-fondateurs de Québec Ouvert. Les données ouvertes peuvent transformer le gouvernement, briser les silos en introduisant davantage de transparence, notamment dans l’exercice d’attribution de contrats à la suite d’appels d’offres, croient-ils.

La démarche de Québec Ouvert se veut proactive: QO veut collaborer avec le gouvernement, organiser des événements tels des hackathons pour favoriser l’interaction entre fonctionnaires, citoyens et entrepreneurs dans le but d’identifier des solutions aux problèmes de l’ensemble de la population.

Un appel est lancé pour participer à la première assemblée publique du mouvement le 22 mars, à Québec, Montréal et Gatineau. On peut aussi suivre les travaux de Québec ouvert sur le blogue du groupe et lire l’article du Devoir. On peut s’inscrire sur Eventbrite.

Médias sociaux: foncer tout en contrant la fracture numérique

Dans l’enquête NeTendances 2011 du CEFRIO portant sur le gouvernement en ligne et rendue publique le 14 février 2012, peu de gens ont exprimé leur intérêt à recevoir des services gouvernementaux par l’intermédiaire des médias sociaux:

« Communiquer avec le gouvernement par les médias sociaux comme Facebook ou Twitter présente un faible intérêt chez les internautes, au Québec. La note moyenne attribuée à l’intérêt pour la communication à l’aide des médias sociaux est de 2,2/10 chez les internautes de plus de 18 ans. » (p.13 du rapport d’enquête)

Ce résultat étonnant exprime-t-il un manque réel d’intérêt pour cette forme de service à la clientèle ou s’agit-il plutôt d’un « vote sur la présence actuelle du gouvernement » sur Facebook, Twitter et compagnie?

Sur cette question comme sur les précédentes, les « campeurs » expriment leur volonté d’agir. Pourquoi n’informerait-on pas les citoyens à l’aide des médias sociaux même s’ils n’ont pas encore posé de questions ou sollicité de réponses? Après tout, c’est le même CEFRIO qui a souligné l’engouement de nos concitoyens pour les médias sociaux dans une autre enquête NeTendances 2011.

Dans ce domaine comme dans celui des services en ligne, des participants appréhendent toutefois la fracture numérique. Ils se demandent si le gouvernement devrait/pourrait offrir des formations pour apprendre aux citoyens à utiliser les médias sociaux.

Développer sa capacité d’écoute

Comme l’a rapporté Fabien Deglise, du Devoir, le blogueur Mario Asselin a insisté sur la précieuse source d’information que constituent les médias sociaux. Abondamment décrits comme relayeurs d’information ou comme façonneurs d’images, les MS semblent encore sous-estimés au gouvernement du Québec comme outils de veille et de recherche d’information.

Le gouvernement n’a pas les moyens de se priver de cette veille, pense M.Asselin, qui ajoute du même souffle « qu’il n’y a pas au gouvernement de structure organisationnelle d’écoute ». Il importe de stimuler cette capacité d’écoute et de réponse à l’interne, et ce, chez les personnes les plus aptes à proposer les bonnes réponses. Ce ne sont pas toujours ni les gens du Web, ni ceux des relations publiques.

Le gouvernement bloque les réseaux naturels de ses employés

Les médias sociaux sont des outils de co-création. Canal privilégié pour solliciter de l’information, des commentaires ou des suggestions auprès des citoyens, ils peuvent rapprocher les collègues et mettre à profit le savoir de chacun.

Or, alors que toutes les études témoignent de l’engouement des internautes et des mobinautes pour les médias sociaux, le gouvernement compromet l’accès aux « réseaux de contacts naturels de ses employés » en bloquant l’accès à ces outils. Les services de sécurité informatique limitent aussi la collaboration en interdisant l’accès à Google Docs. Constat: cette collaboration n’est pas encouragée à l’interne. Conséquence: les employés s’achètent des téléphones intelligents pour contourner ce blocage. Est-ce sain « d’encourager » la création de tels réseaux parallèles?

Et si ce blocage attestait de la méconnaissance de ces outils par les décideurs? Pour un campeur présent, « les gestionnaires pensent que le bruit écrase le signal sur les médias sociaux ». Problème générationnel?

Cette fermeture risque d’éloigner encore plus de la fonction publique les jeunes pour qui les médias sociaux constituent des « aidants naturels ». Certaines entreprises américaines sont incapables de recruter des jeunes parce qu’elles interdisent l’accès aux médias sociaux, rappelle un participant. Déjà que le processus « soviétique » de recrutement de la fonction publique québécoise complexifie l’embauche, imaginez en plus s’il faut avouer à un membre de la génération C qu’il devra renoncer à Facebook sur les heures de bureau…

Stimuler la participation citoyenne

Mobilité, données ouvertes, médias sociaux. Vers où on peut aller pour rendre la démocratie davantage participative, notamment auprès des jeunes? Comment « pousser plus loin » la participation citoyenne, qui s’essouffle de plus en plus à chaque rendez-vous électoral? Comment la relancer? En exploitant davantage les intérêts et les compétences des citoyens? Par quels moyens, par quelle voie y faire appel, si telle est la solution?

Réponse de Jonathan Brun, de Québec Ouvert et Montréal Ouvert : « notre job en tant que citoyen actif est de concevoir des outils informatiques qui rendent convivial et amusant le fait de s’engager dans sa communauté ». Monsieur Brun cite l’exemple de budget plateau.com, une plateforme qui fait appel au jeu dans une démarche de consultation citoyenne.

Les professionnels du Web gagneraient aussi à faire appel davantage à l’image, aux infographies pour présenter l’information, la rendre « appréhendable », compréhensible, et ainsi vaincre la technophobie de plusieurs citoyens que la consultation de nos sites Web rebute ou frustre.

Dans la conception d’outils favorisant la participation citoyenne, certains s’inquiètent de l’anonymat, qui enlève parfois de la crédibilité aux démarches de citoyens. Une vignette ou une carte technologique pourrait être remise aux citoyens désireux de ne pas s’identifier pour néanmoins contrôler l’accès aux plateformes de prise de décision ou d’expression ou aux éventuels modes de scrutin numériques.

« Faire quelque chose ensemble », engager le dialogue avec les utilisateurs de nos sites, c’est aussi les associer dans la conception des systèmes qui serviront à leur dispenser des services, pense un participant. Dans un tel processus, le préposé aux services à la clientèle d’une organisation impliqué dans le projet aux côtés de professionnels de l’informatique ou de pilotes de systèmes ne se sent pas toujours la permission de « parler ». Et si le citoyen engagé dans la démarche et libre de s’exprimer lui rendait la légitimité de dénoncer ou de conseiller?

Quoiqu’il en soit, les citoyens ont beau s’engager, s’ils ne voient pas les bénéfices ou les conséquences de leurs actions, ils perdront vite l’envie de participer. Sylvain Carle cite l’exemple du projet Signer une pétition en ligne du site de l’Assemblée nationale. Intéressante, l’initiative pêche cependant par l’absence d’un mécanisme de suivi, de rétroaction auprès des signataires.

Et si on rendait les « interfaces gouvernementales moins poches »?

Pourquoi les « interfaces gouvernementales sont tellement poches et le restent-elles aussi longtemps? » s’interrogent les participants. Les demandes des professionnels des communications sont-elles bien formulées dans les appels d’offres qui servent à embaucher les firmes qui concrétiseront leurs besoins d’informer? Pour certains, le processus d’appel d’offres ne favorise pas le processus d’innovation parce que trop strict.

Méconnaissance ou résistance? Un participant déclare qu’au sein des ministères et organismes, on ne fait pas toujours face à de l’ignorance, mais à de l’opposition. « Certains décideurs perçoivent très mal la révolution culturelle qui s’opère actuellement. Ces décideurs sont tournés vers des préoccupations politiques. C’est à cette opposition qu’il faut s’attaquer. »

On évoque enfin les problèmes de gouvernance des projets en technologies de l’information : un projet Web doit impliquer les gens de communications et de contenus et les gens qui connaissent les clientèles visées par le projet, pas uniquement des spécialistes de l’informatique.

Attention au perfectionnisme à l’excès, cependant: l’animateur Sylvain Carle rappelle que dans un projet Web, « il ne faut pas viser le parfait, mais l’assez bien ».

Un exercice créatif à répéter

Les organisateurs du GouvCamp peuvent être fiers : l’activité n’a pas donné lieu à des représentations -ou des dénonciations- partisanes et ne s’est pas transformé en exutoire.

L’échange a d’abord pris son envol dans un cadre formel: enregistrés par l’émission radiophonique La voix du libre de CKIA 88,3 , animateur et conférenciers intervenaient au micro, le premier à l’avant-scène, les autres dans leur rôle de spectateurs bien installés en rangées. Ce n’est qu’en 2e partie, alors que les micros se sont fermés et que l’animateur a eu la bonne idée de transformer l’aménagement intimidant de la salle en cercle intime que les échanges ont gagné en pertinence et en intensité. Loin de prendre la forme d’un exercice de défoulement, le camp a soulevé des questions, mis en lumière des solutions potentielles, inspiré des voies à suivre.

Pour en savoir plus :

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

Le GouvCamp en images

22 février 2012 5 commentaires

Nous avons suivi les échanges des participants du GouvCamp avec beaucoup d’intérêt. Nous publierons un compte rendu des discussions très bientôt. En attendant, visionnez notre vidéo qui vous donnera un aperçu de l’ambiance qui régnait lors de l’évènement.

 

Patrick Parent, E-Gouv Québec

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