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Aspects légaux du Web 2.0 : Et si le « Retweet » m’était conté ou comment départager le partage (2/2)

20 février 2013 3 commentaires

Le réseau Action TI présentait le séminaire Aspects légaux du Web 2.0 le 23 janvier dernier au Musée national des beaux-arts de Québec. Geneviève Clavet, agente d’information à la Commission de la capitale nationale du Québec, vous présente ici la deuxième et dernière partie d’un compte rendu des deux conférences.

Et si le « Retweet » m’était conté ou… comment départager le partage
Marie-Josée Lapointe, BCF Avocats d’affaires
Avocate, agent de marques de commerce

La Cour suprême du Canada a déjà affirmé que l’expansion rapide d’Internet jumelée aux réseaux sociaux faisait de chaque individu un diffuseur en puissance. Une réputation peut être anéantie en un seul clic, tweet ou statut. Ainsi, les médias sociaux comportent leurs lots de risques de poursuites, notamment parce qu’ils font face à des problèmes de diffusion de contenu diffamatoire et de violation potentielle accrue des droits de propriété intellectuelle.

Les médias sociaux et la diffamation

Des propos diffamatoires, diffusés à un large auditoire, méritent généralement une plus grande compensation que ceux communiqués à un groupe restreint. On comprend facilement tout l’impact que les médias sociaux, diffusant à grande échelle, peuvent avoir dans des cas de diffamation.

Exemple de cas de propos diffamatoires tenus à grande échelle : GENEX/CHOI FM contre ADISQ

D’ailleurs, selon une étude québécoise, les médias sociaux décupleraient les poursuites en diffamation : à elles seules, elles correspondraient à 10 % des décisions judiciaires liées au Web 2.0. et rendues au Québec.

De Twitter au blogue, en passant par les hyperliens, les dangers d’engendrer sa responsabilité sont donc toujours bien présents, tant pour l’organisme que pour le citoyen.

Prenons un blogue, par exemple, où un fragile équilibre existe entre le droit à la sauvegarde de la réputation et le droit à la liberté d’expression. Il revient aux responsables ou modérateurs de blogues de jouer un rôle préventif afin que cet équilibre soit maintenu. Le tout en faisant bien sûr preuve de jugement.

Par conséquent, effectuer une veille et un filtrage adéquat s’avère crucial, car une organisation a le devoir de prendre les mesures pour s’assurer du respect des règlements de son blogue ou de sa nétiquette. Des règles internes de contrôle des échanges, non seulement sur votre blogue, mais sur toutes les plateformes sociales où vous êtes présents, devraient donc être instaurées, en prenant soin de vous donner une ligne éditoriale et de nommer un « chief knowledge officer ».

Exemple de cas de propos diffamatoires sur un blogue : Corriveau contre Canoë/Richard Martineau.

Exemple de cas de propos diffamatoires sur Twitter : Courtney Love contre Simorangkir (The Boudoir Queen).

Avec Twitter, non seulement y a-t-il un risque d’émettre un tweet diffamatoire (dit twibel), mais on s’expose également à des poursuites lorsque l’on retweet un twibel. Contrairement au partage d’un hyperlien, le partage d’un tweet au contenu diffamatoire peut engendrer la responsabilité de la personne qui en fait le partage. Pourquoi cette différence? Elle réside surtout dans le fait que le twibel s’affiche directement sous les yeux des usagers. Pas le texte auquel réfère l’hyperlien, qui agit plutôt ici à titre de bas de page. À moins bien sûr que l’hyperlien lui-même exprime un sens diffamatoire. Oh subtilités!

Qu’en est-il si j’indique dans ma biographie Twitter que mes retweets ne signifient pas que j’en endosse le contenu? Et y a-t-il une différence si le retweet est modifié ou commenté? Selon Mme Lapointe, la mention dans votre biographie n’est pas suffisante. N’étant pas insérée dans le RT, elle n’est généralement pas lue par les usagers. Afin de s’exonérer, on suggère donc de se dégager des propos tenus à même le tweet qui sera retweeté (un certain défi compte tenu du nombre de caractère maximal imposé). Ou s’abstenir.

Au même titre que les blogues ou que Twitter, on s’abstient, sur les médias sociaux, de publier des propos diffamatoires ou d’inviter des commentaires en publiant des questions qui portent un jugement. Notons que dans une décision québécoise rendue dans la dernière année, la Cour a estimé que des propos publiés sur Facebook étaient péjoratifs et injurieux.

On invite donc à la prudence sur toutes les plateformes sociales. Et à tourner ses pouces sept fois avant publication!

Les médias sociaux et la propriété intellectuelle

On s’attaque plus particulièrement aux droits d’auteur, par la reproduction non-autorisée de photos, d’articles ou de vidéos, par exemple.

Inévitablement, lorsqu’il est question de propriété intellectuelle dans les médias sociaux, on pense à Pinterest . Le fait de reproduire ou partager une photo de façon non-autorisée, le concept à la base même de Pinterest, constitue une violation de droit d’auteur. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement, les photos partagées, ou « pinées », n’appartiennent pas à l’usager ou celui-ci n’en détient pas les droits d’utilisation.

Il en va de même pour le contenu partagé sur les autres médias sociaux. Pourtant, les conditions d’utilisation de ces médias, toutes très similaires pour la grande majorité, indiquent clairement que le contenu que vous publiez doit vous appartenir, et que vous ne devez en aucun cas publier du matériel sur leur plateforme qui pourrait enfreindre les droits d’autrui ou autrement enfreindre la loi. On doit donc toujours pouvoir prouver qu’on détient les droits moraux du matériel avant de partager ou qu’on a l’autorisation pour le faire.

Qu’est-ce qui explique alors l’absence de poursuites envers Pinterest et ses usagers? Les entreprises apprécient la publicité gratuite qu’entrainent les « pin » et « repin », et cette nouvelle source d’achalandage pour leur site. Autres facteurs non-négligeables, propres aux médias sociaux en général et plutôt décourageants dans les cas de poursuites : l’anonymat de multiples comptes (qui se cache derrière @AscenceurRC, hmm?) et la propagation virale (cette possibilité de repinner, tout comme de retweeter).

Que peut-on faire pour protéger nos droits de propriété intellectuelle?

  • Implanter une politique de gestion des médias sociaux, visant la conduite des employés. Qui s’en occupe, quel matériel est mis en ligne, etc.
  • Mettre en place un système de surveillance, de veille. Ex. : tweenbeep.com (alertes), agooroo.com (rapports sur achats de mots-clefs), Google Adwords.
  • Utiliser le marquage approprié (©, ®, ™). Indiquer clairement sur notre site que le contenu nous appartient et que le contenu ne peut être reproduit sans notre autorisation.
  • Enregistrer sa marque de commerce.
  • Prendre un rôle actif dans les médias sociaux.

Note sur les hyperliens, Google Adwords et la propriété intellectuelle

Il y a les médias sociaux, mais d’autres situations de partage sur le Web risquent aussi d’engendrer notre responsabilité.
L’insertion d’un hyperlien sur un site Internet vers une oeuvre protégée par droits d’auteur ne constitue pas une violation des droits : on le considère comme l’équivalent d’une référence bibliographique. On suit la même logique que le partage d’un hyperlien, référant à un texte aux propos diffamatoires. Cependant, les conditions d’utilisation d’un site Internet peuvent interdire la possibilité de faire des hyperliens vers ce site. Effectuez les vérifications nécessaires à cet effet et obtenez l’autorisation du titulaire du site au préalable.

Quant à votre site Internet, assurez-vous que vos conditions d’utilisation soient présentées sur l’ensemble de votre site, pas uniquement sur votre page d’accueil. Ainsi, vous serez en mesure de vous défendre sur l’utilisation qui pourrait se faire du matériel se trouvant sur votre site, nonobstant vos conditions d’utilisation.

Pour l’emploi de mots-clés de compétiteurs sur Google Adwords, cette pratique n’est pas considérée comme illégale, pour autant qu’elle ne constitue pas de la concurrence déloyale et qu’elle n’ait pas l’intention de tromper. Elle est donc considérée au même titre qu’une annonce dans un journal ou un magazine.

Exemples de cas de poursuite pour utilisation de mots-clés Google Adwords : Chocolat Lamontagne contre Humeur et PCTIA contre Vancouver Career College.

Geneviève Clavet, collaboration spéciale
Agente d’information, Commission de la capitale nationale du Québec

Aspects légaux du Web 2.0 : Nouvelles extensions de noms de domaine (1/2)

Le réseau Action TI présentait le séminaire Aspects légaux du Web 2.0 le 23 janvier dernier au Musée national des beaux-arts de Québec. Geneviève Clavet, agente d’information à la Commission de la capitale nationale du Québec, vous présente ici la première partie d’un compte rendu des deux conférences.

Les nouvelles extensions de noms de domaine
Johanne Auger, BCF Avocats d’affaires
Associée, agent de marques de commerce

C’était en 2011. L’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) annonçait la création de nouvelles extensions dans les noms de domaine, plus spécifiquement de nouveaux gTLD, des noms de domaines de premier niveau, tels les .com, .org ou .net. Du 12 janvier au 12 avril 2012, 1 930 demandes de nouveaux gTLD ont été effectuées à travers le monde auprès de l’ICANN. Il est possible de consulter les demandes sur le site de l’ICANN ainsi que de suivre les détails et l’avancement de ce programme. C’est donc dire que l’arrivée des .shoes, .nike, ou .chicago, ainsi que des extensions comprenant des accents et scripts non latins, approche rapidement. Une nouvelle ère qui ne semble pas convaincre tout le monde.

Ces nouveaux gTLD sont fortement contestés, notamment par la coalition CRIDO, dont font partie de grandes marques telles Coca-Cola et Johnson & Johnson. Les inquiétudes? Assister à une augmentation du nombre de cas de cybersquatting et de violation de marques de commerce. Sans oublier les coûts annuels faramineux que chaque titulaire de marque devra assumer, résultant du trafic détourné, de la perte d’achalandage et de la protection de sa marque sur Internet.

Oui, les nouveaux gTLD permettront des noms de domaines courts et simples à retenir, et particulièrement créatifs (ex. : skate.board). Mais les internautes ont aussi leurs habitudes de navigation, bien ancrées, dont celle d’utiliser des engins de recherche pour se diriger vers un site. Par ailleurs, outre l’extension .com, on ne peut que constater le manque d’engouement pour les autres extensions existantes (99 millions de .com contre 14,3 millions de .net en décembre 2011).

Mais les nouveaux gTLD ont un fort potentiel quant à l’amélioration du référencement sur les engins de recherche. Ainsi, les 1 930 demandes reçues par l’ICANN lors de cette première ronde (la prochaine n’aurait lieu que dans cinq ans) démontrent un certain enthousiasme provenant de grandes compagnies, organisations, villes ou régions. Le Québec est du lot : la demande a été effectuée par PointQuébec inc

Pour chaque demande effectuée (dont les frais d’évaluation s’élevaient à 185 000 $US), le demandeur s’engageait à effectuer la gestion de son nouveau gTLD (frais annuel de 25 000 $US pour le maintien). Si sa demande est acceptée, le demandeur aura éventuellement le choix de vendre ou non à des tiers des noms de domaine de deuxième niveau (adidas.shoes, nike.shoes, reebok.shoes). À titre d’exemple, Donuts Inc. a déposé 301 demandes. On dénombre 101 demandes pour Google (certaines ouvertes au public, d’autres non) et 71 chez Amazon (fermées au public et comprenant des demandes en caractères latins, chinois et japonais).

Et si notre compétiteur a acquis un gTLD pour lequel nous avons un intérêt? On se doute bien qu’on ne pourra mettre la main sur un de ses noms de domaine de deuxième niveau. Une période d’opposition a donc été prévue, proposant quatre motifs de contestation : la confusion que pourrait créer un nouveau gTLD, la violation de droits d’un tiers, la dérogation des normes internationales de moralité et d’ordre public ou l’opposition d’une portion importante d’une communauté visée par un nouveau gTLD. Cette période d’opposition est en cours et se poursuit jusqu’au 13 mars 2013.

Entre temps, les recommandations sont les suivantes :

  • procédez rapidement à l’enregistrement de vos marques de commerce importantes;
  • assurez-vous d’adopter des marques de commerce distinctives;
  • surveillez les demandes de gTLD afin de vous assurer qu’elles ne contiennent pas votre marque de commerce;
  • considérez enregistrer vos marque de commerce comme nom de domaine de deuxième niveau auprès de ces nouveaux gTLD, si le gestionnaire le permet et lorsque cela sera possible (l’entrée en vigueur des premiers gTLD est anticipée à septembre 2013 par l’ICANN);
  • ajustez votre politique de gestion de noms de domaine;
  • utilisez le mécanisme visant à bloquer l’enregistrement d’un nom de domaine identique à votre marque si celui-ci est disponible (comme pour les .xxx);
  • portez une attention particulières à certaines extensions malveillantes (ex. : .sucks).

Soyez vigilants, surveillez vos marques ou secteurs d’activités!

Note sur les .CA

Depuis le 13 janvier 2013, il est dorénavant possible d’enregistrer un nom de domaine internationalisé français (IDN) .ca, soit avec des accents et caractères allant au-delà de l’ASCII, et ainsi obtenir ses noms de domaine dans les deux langues officielles du Canada. Seul le titulaire d’un nom de domaine (ex. : preside.ca) est en mesure d’enregistrer toutes les variantes de caractères français d’un même nom (ex. : préside.ca, présïdê.ca). Attention, on mentionne cependant que les chinois auraient commencé à enregistrer les noms de domaine accentués si on ne le fait pas…

Geneviève Clavet, collaboration spéciale
Agente d’information, Commission de la capitale nationale du Québec

E-Gouv Québec diffuseur officiel du WAQ 2013!

18 octobre 2012 1 commentaire

Nous sommes très fiers d’annoncer notre partenariat avec l’événement Web à Québec (WAQ) qui se déroulera du 20 au 22 février 2013.

C’est un mariage naturel entre les deux organisations. L’équipe de E-Gouv Québec assurait déjà une couverture sur Twitter en direct des principales conférences depuis la première édition du WAQ en 2011.

À titre de diffuseur officiel, nous pourrons offrir une couverture encore plus complète et variée. Nous ajouterons à nos faits saillants en direct, des articles, des comptes rendus ainsi que des entrevues et des reportages vidéos exclusifs.

Ce partenariat est une excellente nouvelle pour le WAQ et pour nous, mais surtout pour nos abonnés et lecteurs. C’est aussi une occasion supplémentaire pour promouvoir la vitalité des communications numériques à Québec. Merci à toute l’équipe du WAQ pour cette belle opportunité.

Plus que jamais, E-Gouv Québec veille pour vous!

Patrick Parent, E-Gouv Québec

À lire aussi, une partie de notre couverture du WAQ 2012 :

Une stratégie inspirante pour le prochain gouvernement du Québec : le gouvernement ouvert de la Colombie-Britannique

3 septembre 2012 1 commentaire

En mars 2011, Christy Clark, première ministre de la Colombie-Britannique, s’est engagée à faire de son gouvernement un gouvernement ouvert. Elle n’a pas hésité à placer cet engagement au cœur de sa campagne électorale et a concrétisé cette promesse une fois élue en février 2011. Quelques mois plus tard, cette volonté de transparence et de participation citoyenne devenait réalité.

En juillet 2001, la Colombie-Britannique est devenue le premier gouvernement provincial à lancer un portail de données ouvertes.

À l’aube de l’élection d’un nouveau gouvernement au Québec, nous nous demandons si le prochain chef du gouvernement prendra un engagement aussi clair que la première ministre de la Colombie-Britannique envers le gouvernement ouvert. Pour l’inspirer et lui permettre de voir à quoi pourrait ressembler un gouvernement ouvert au Québec une fois en place, nous proposons un survol de la stratégie de gouvernement ouvert de la Colombie-Britannique.

La stratégie globale

La première ministre invite le gouvernement de la Colombie-Britannique à changer son approche de gouvernance en plaçant le citoyen au coeur des services Web et en faisant preuve davantage de transparence en rendant disponible l’information gouvernementale d’intérêt public.

L’initiative du gouvernement vise principalement l’engagement des citoyens, mais aussi l’amélioration de la prise de décision et l’obligation de rendre des comptes, grâce notamment à un accès amélioré aux données publiques, au partage de l’information gouvernementale et à l’utilisation des médias sociaux.

Travailler plus étroitement avec les citoyens pour planifier les services gouvernementaux, développer des politiques, participer à l’élaboration du budget et améliorer la prestation des services, voici les résultats attendus de la stratégie de gouvernement ouvert de la Colombie-Britannique. Le gouvernement s’engage à parler ouvertement de ses problèmes et de l’établissement de ses priorités en établissant en travaillant de concert avec les citoyens pour trouver des solutions et expliquer les décisions. Il s’agit d’une manière nouvelle d’entrer en contact et de communiquer avec les citoyens favorisant l’innovation et la création de valeur.

Quelques facteurs de succès

Pour faciliter l’implantation du gouvernement ouvert et assurer son succès, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’est doté d’une vision gouvernementale centrale grâce à un engagement ferme émanant de la première ministre. Sa stratégie mise sur l’engagement des employés et des citoyens et non sur la technologie en stimulant l’innovation et en incitant un changement de culture organisationnel.

Un ministère a été attitré officiellement à la mise en œuvre du gouvernement ouvert : Ministry of Labour, Citizens’ Services and Open Government. Ce dernier s’est vu confier la responsabilité de diriger les changements et veille actuellement à ce que chaque ministère produise un plan annuel (transformation and technologie plan) décrivant l’avancement de ses travaux notamment en ce qui concerne l’ouverture des données et les efforts réalisés pour effectuer le virage culturel.

«The success of this strategy will ultimately be determined not by tools and technology itself, but by how effectively the employees of the Bc Public service and the citizens of the province adapt and apply those tools together to improve the interaction of the people and their government. » (Source : Citizens @ The Centre: BC Government 2.0  A Transformation and Technology Strategy for the BC Public Service)

Une inspiration pour le Québec

Le Québec a tout à gagner en s’inspirant de la Colombie-Britannique. Bien que le gouvernement du Québec s’est engagé sur la voie du gouvernement ouvert et que des travaux ont été entamés notamment avec la mise en ligne du portail de données ouvertes au mois de juin dernier, beaucoup de travail reste à faire.

L’enjeu principal réside dans le changement de culture organisationnelle et dans la volonté de doter le Québec d’une stratégie centrale d’où pourra émaner progressivement un véritable changement sur les plans numérique et culturel. Ayant toujours fonctionné sous une notion de contrôle dans un mode hiérarchique et rigide, le gouvernement a beaucoup à apprendre pour développer de nouvelles façons de travailler avec le public en passant à un mode beaucoup plus organique et flexible. Cette nouvelle approche amène le gouvernement à prendre des risques (smart risk) et lui demande d’être à l’écoute, de discuter et surtout de collaborer.

Vous voulez en savoir plus sur le sujet? Ne manquez pas la conférence de David Hume, directeur exécutif de la mobilisation des citoyens pour le gouvernement de la Colombie-Britannique à la JIQ le 19 novembre prochain : Comment les citoyens et le gouvernement peuvent travailler ensemble pour réaliser de grandes choses.

Joëlle Bernard, E-Gouv Québec

Sources

Au tour d’Option nationale de répondre à nos questions

Le 23 août dernier, en collaboration avec l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte, nous avons publié l’article Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale. Ce billet contenait 6 questions qui s’adressaient aux principales formations politiques en campagne électorale.

En plus de diffuser l’article sur nos réseaux, nous avons fait parvenir les questions par courriel à la Coalition Avenir Québec, à Option Nationale, au Parti Libéral du Québec, au Parti Québécois, à Québec solidaire et au Parti vert du Québec.

Québec Solidaire a répondu à nos questions le 24 août. Nous avons reçu le 29 août cette réponse de Denis Monière et Pierre Cloutier d’Option nationale.

Selon les statuts de notre parti, l’instance souveraine d’Option nationale est le congrès qui se réunit au moins une fois à tous les 3 ans. Le Congrès adopte le programme du parti et ses grands textes d’orientation.

Lors de son congrès de fondation, les membres d’Option nationale, réunis en congrès ont adopté 66 propositions divisées en 6 grands thèmes que sont l’indépendance, l’économie, l’éducation, la santé, l’identité, la langue, la culture et la démocratie. Vous trouverez ici ce programme que l’on appelle aussi "plate-forme"

Lors de ce congrès, vous comprendrez aisément que nous n’avons pas pu, comme nous l’aurions souhaité, traiter en profondeur tous les sujets qui peuvent se présenter dans une société aussi complexe que la nôtre. Les membres doivent faire des choix et surtout doivent adopter des propositions qui leur semblent prioritaires et qui permettent à la population de comprendre facilement les grandes orientations du parti.

Ainsi, les 6 questions que vous nous posez n’ont pas été traitées de façon spécifique par nos membres lors de son congrès, de sorte qu’il est impossible d’y répondre de façon unilatérale et engageante pour le parti sans tomber dans ce qu’on reproche le plus aux partis traditionnels, à savoir la langue de bois et les fausses promesses électorales.

Cependant il est raisonnable de croire que les préoccupations que vous soulevez dans vos questions pourraient recevoir chez nos membres un accueil favorable puisqu’ils ont adopté, lors de congrès, 2 propositions qui sont pertinentes à ces préoccupations.

La 1re proposition adoptée dans ce domaine par nos membres traite de l’Internet haute-vitesse. Elle se lit comme suit :

2.3 Un gouvernement d’Option nationale fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés reconnaissant le fait que cette technologie est aujourd’hui un outil de communication, d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique.

La 2e proposition pertinente à vos préoccupations se lit comme suit :

6.6 Un gouvernement d’Option nationale mettra sur pied une Commission nationale de la démocratie participative dont le rôle sera d’étudier, de proposer, de développer, d’encourager et d’encadrer, tant aux échelles nationale, régionale que locale, divers mécanismes et initiatives (citoyennes) dans le domaine économique, (social) et politique.

Donc, vous avez ici, à travers ces 2 propositions, une vue générale de l’orientation ou  de la "philosophe" générale de notre parti dans ce domaine d’activités : développement de l’Internet haute-vitesse et sa reconnaissance comme outil non seulement de communication, mais également d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique d’une part et, d’autre part, mise en place d’un instrument public de développement de la démocratie participative.

Ces 2 éléments de l’orientation générale de notre parti nous permettent raisonnablement de croire que les 6 questions que vous posez pourront recevoir non seulement une réponse favorable de nos membres, mais également des autres instances du parti, comme le conseil national, le bureau national ou la Chefferie.

Fort de cette conviction, nous vous invitons en conséquence à garder le contact avec nous afin de mieux nous aider à vous aider dans vos démarches.

Merci à l’équipe d’Option nationale et bonne fin de campagne!

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

L’équipe de Québec solidaire répond à nos questions

Le 23 août dernier, en collaboration avec l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte, nous avons publié l’article Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale. Ce billet contenait 6 questions qui s’adressaient aux principales formations politiques en campagne électorale.

En plus de diffuser l’article sur nos réseaux, nous avons fait parvenir les questions par courriel à la Coalition Avenir Québec, à Option Nationale, au Parti Libéral du Québec, au Parti Québécois, à Québec solidaire et au Parti vert du Québec.

Les premières réponses sont arrivées le 24 août de la part de l’équipe de Québec solidaire (QS). Tel que convenu, nous publions leurs réponses de façon intégrale.

  1. Croyez-vous que la diffusion pro-active de l’information publique (données sur les contrats, suivi des grands projets, information budgétaire, statistiques, rapports d’inspection, etc.) pourrait aider à lutter contre la corruption en favorisant entre autres la participation citoyenne?
    • Réponse QS : Fondamentalement, la diffusion pro-active de l’information publique est une bonne chose et donc souhaitable. Néanmoins, sans moyen pour que les citoyens participent directement aux prises de décisions des différents paliers gouvernementaux, cette information ne contribue pas à elle seule à assurer une meilleure gestion publique. Québec solidaire entend aller plus loin. Dans notre programme, nous proposons d’intégrer des mécanismes de démocratie participative permettant aux utilisatrices et utilisateurs, aux travailleuses et travailleurs des services publics, aux communautés locales et régionales et aux organismes communautaires de déterminer les priorités locales et régionales ainsi que les ressources qui y sont consacrées.
  2. Croyez-vous que les employés de l’État devraient avoir accès aux réseaux sociaux dans le cadre de leur travail afin d’améliorer la productivité et stimuler l’innovation ?
    • Réponse QS : Bien que Québec solidaire n’ait pas de position formelle sur le sujet, nous reconnaissons que certaines communautés scientifiques sont bien présentes sur les réseaux sociaux, qui deviennent ainsi des outils de communication incontournables pour être au fait des derniers débats, publications et innovations dans une foule de domaines. Il serait donc effectivement utile que les fonctionnaires participent à la discussion.
  3. Êtes-vous prêts à permettre la participation active des citoyens aux décisions publiques à travers les nouveaux outils numériques disponibles?
    • Réponses QS : Oui, notamment en suivant l’exemple de l’Islande qui en a fait abondamment usage lors de sa propre démarche d’Assemblée constituante.
  4. Êtes-vous prêts à baser la réorganisation de l’administration publique sur les trois principes du gouvernement ouvert qui sont la transparence, la participation et  la collaboration?
    • Réponse QS : Oui, voyez nos propositions en matière de gestion démocratique des services publics expliquées précédemment.
  5. Êtes-vous prêts à prendre les mesures nécessaires pour permettre au gouvernement de bénéficier de l’intelligence collective pour appuyer la résolution des grands enjeux de l’État? Si oui, êtes-vous disposés à rendre accessible les données publiques requises?
    • Réponse QS : Nous appuyons entièrement l’ouverture des données publiques dans une perspective de démocratisation de la gestion des services publics.
  6. Puisque vous aurez à établir une stratégie numérique pour le Québec, êtes-vous favorables à la mise en place d’un ministère du numérique dédié entièrement à sa mise en œuvre ?
    • Réponse QS : Ce serait à étudier, mais nous y sommes ouverts.

Merci à l’équipe de Québec solidaire et bonne fin de campagne!

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale

Dans le cadre de la présente campagne électorale au Québec, l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte et le groupe de veille E-Gouv Québec ont mis en commun leurs idées afin de soumettre aux partis en présence une série de questions sur le enjeux numériques et le gouvernement ouvert.

Dans un esprit non partisan, ces questions seront envoyées aux principaux partis politiques (Coalition Avenir Québec, Option NationaleParti Libéral du Québec, Parti Québécois, Québec solidaire et Parti vert du Québec) afin de leur permettre de nous répondre ou même de prendre des engagements. Par la suite, nous nous engageons à diffuser l’intégralité des réponses reçues à travers nos réseaux avant le 4 septembre prochain.

N’hésitez pas à commenter ces questions ou les partager, ce serait bien que ces enjeux deviennent viraux!

Bonne lecture!

Questions à nos prochains gouvernants

  1. Croyez-vous que la diffusion pro-active de l’information publique (données sur les contrats, suivi des grands projets, information budgétaire, statistiques, rapports d’inspection, etc.) pourrait aider à lutter contre la corruption en favorisant entre autres la participation citoyenne?
  2. Croyez-vous que les employés de l’État devraient avoir accès aux réseaux sociaux dans le cadre de leur travail afin d’améliorer la productivité et stimuler l’innovation ?
  3. Êtes-vous prêts à permettre la participation active des citoyens aux décisions publiques à travers les nouveaux outils numériques disponibles?
  4. Êtes-vous prêts à baser la réorganisation de l’administration publique sur les trois principes du gouvernement ouvert qui sont la transparence, la participation et  la collaboration?
  5. Êtes-vous prêts à prendre les mesures nécessaires pour permettre au gouvernement de bénéficier de l’intelligence collective pour appuyer la résolution des grands enjeux de l’État? Si oui, êtes-vous disposés à rendre accessible les données publiques requises?
  6. Puisque vous aurez à établir une stratégie numérique pour le Québec, êtes-vous favorables à la mise en place d’un ministère du numérique dédié entièrement à sa mise en œuvre ?

Mise à jour :

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

Élections provinciales : quelle place accorderont les partis politiques au gouvernement ouvert et 2.0?

Dans quelques heures, les principaux partis politiques aspirant à former le prochain gouvernement du Québec dévoileront leur programme électoral.  E-Gouv Québec a voulu savoir quelle place accordent ces partis aux enjeux découlant des communications numériques. Nous avons exploré leurs programmes et plateformes actuels, en attente du contenu de leur programme électoral « officiel ».

Le rapport Gouverner ensemble de l’équipe du député de Verdun, Henri-François Gautrin, a-t-il des chances de « survivre » au rendez-vous électoral, voire d’inspirer un futur plan numérique ou une stratégie de communication 2.0? Les formations politiques québécoises sont peu éloquentes et explicites quant à d’éventuelles mesures à prendre pour susciter de véritables échanges sur le Web entre gouvernement et citoyens et pour encourager la participation de ces derniers aux décisions gouvernementales d’importance. Pas un mot non plus sur l’utilisation des technologies pour augmenter la « performance » de l’administration publique québécoise ou pour en accroître l’attraction.

À ce jour, le rapport Gautrin constitue la proposition la plus concrète pour les spécialistes du Web au gouvernement du Québec.

Le Parti libéral du Québec: ouverture des données gouvernementales et encadrement de la participation citoyenne

Dans sa réflexion thématique sur la création de la richesse dévoilée lors de son 31e Congrès des membres les 21, 22 et 23 octobre 2011 (Canaliser les énergies du Québec), le parti gouvernemental propose « d’utiliser les possibilités du Web 2.0 pour améliorer les services offerts à la population et les échanges avec les citoyens » (proposition 22). Cette amélioration verrait le jour à l’aide de 2 mesures, ainsi énoncées :

  • « de rendre publique les données gouvernementales » en « [mandatant] un organisme central comme la Bibliothèque nationale ou l’Institut de la statistique pour mettre ces données à la disposition du public dans un format uniforme de façon à simplifier la recherche de l’information . Tous les ministères et organismes doivent être mis à contribution. Le changement devrait pouvoir être terminé dans un délai d’une année; »

  • d’encadrer la participation citoyenne afin que la population puisse directement contribuer à l’élaboration de politiques publiques. Une directive qui encadrera la participation citoyenne devra être produite d’ici un an, incluant des mesures pour assurer la sécurité des transactions ».

Ces recommandations sont incluses dans le récent « rapport Gautrin », qui a conduit le 2 mai 2012, à la mise en oeuvre des premières bases du « Gouvernement ouvert » tels que la mise en ligne du portail de données ouvertes du gouvernement du Québec le 28 juin dernier.

Le Parti québécois: combler la fracture numérique et s’ouvrir aux logiciels libres

Dans son programme Agir en toute liberté, adopté lors du 16e congrès national du parti les 15,16 et 17 avril 2011, le Parti québécois évoque une première fois la question de l’Internet alors qu’il annonce ses intentions en matière de « rayonnement culturel ». La formation de Pauline Marois annonce ainsi qu’elle « reprendra l’ensemble des pouvoirs et des budgets en matière de culture et de communications actuellement contrôlés par le gouvernement fédéral », notamment en

  • « assurant l’accès à la téléphonie sans fil et à Internet haute vitesse sur l’ensemble du territoire québécois;

  • créant, dans Internet, un nom de domaine québécois ».

Aspirant par ailleurs à la création d’un État performant et responsable, le Parti québécois s’engage à élargir « les appels d’offres informatiques aux logiciels libres » et à instaurer « dès son arrivée un groupe conseil, libre d’intérêts particuliers, pour le guider sur le virage à prendre ». S’il évoque la transparence dans une volonté de rendre public la rémunération des hauts fonctionnaires et des « directions de société d’état » et d’en débattre, le parti souverainiste ne mentionne pas les données ouvertes dans son programme.

Coalition avenir Québec: engagement en faveur d’un gouvernement ouvert

Les 21 et 22 avril 2012, les membres de la Coalition avenir Québec réunis en congrès de fondation ont adopté 54 propositions sous le thème « Relançons le Québec ensemble et maintenant ». Aspirant à « tenir les Québécois informés de l’état des finances publiques de manière complète et transparente » (proposition 28), les caquistes miseront entre autres, pour atteindre cet objectif, sur « l’adoption d’une politique de gouvernement ouvert à travers la création d’une plate-forme de publication de données ouvertes, libre et accessible ». Nous nous permettons donc de supposer qu’ils appuieront eux aussi le récent portail de données ouvertes du gouvernement du Québec.

Option nationale: Internet sur tout le territoire québécois

Combler la fracture numérique constitue aussi un objectif pour Option nationale. Dans sa plateforme de fondation adoptée le 25 février 2012, la formation politique de Jean-René Aussant énonce qu’elle « fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés, reconnaissant le fait que cette technologie est aujourd’hui un outil de communication, d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique ».

On milite aussi en faveur de la mise sur pied d’une « Commission nationale de la démocratie participative dont le rôle sera d’étudier, de proposer, de développer, d’encourager et d’encadrer, tant aux échelles nationale, régionale que locale, divers mécanismes et initiatives dans les domaines économique et politique ». Le parti ne précise toutefois pas si cette commission recourra aux médias sociaux ou à d’autres moyens de communication numérique pour parvenir à ses fins.

Québec solidaire et Parti vert du Québec : silence sur les enjeux 2.0

Les documents constituant le programme de Québec solidaire ne contiennent aucune référence aux enjeux découlant du gouvernement ouvert et 2.0. Silence aussi sur ces enjeux dans la Plateforme électorale 2012 du Parti vert du Québec.

E-Gouv Québec en veille électorale

Nous l’avons déjà remarqué depuis quelques semaines, les politiciens utiliseront les réseaux sociaux durant la campagne électorale. Mais est-ce que les différents partis traiteront et se positionneront sur les enjeux tels que le gouvernement ouvert, le plan «nerd» (déploiement d’une stratégie numérique nationale), les logiciels libres et les autres sujets reliés à la démocratie ouverte, aux communications numériques et aux technologies de l’information?

L’équipe de E-Gouv Québec veillera et sera attentive aux discussions et échanges sur ces questions pendant cette campagne électorale parce qu’entre autres, nous ne sommes pas convaincus que les grands médias s’attarderont à ce sujet qui touche pourtant toutes les sphères de notre société et aussi, parce que ces questions nous passionnent.

Et vous, vous en pensez quoi? Faites-nous part de vos commentaires, vos observations, vos questions et si vous militez pour un parti politique, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées tout en vous identifiant clairement. :-)

Bonne campagne électorale à tous et toutes!

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

Nadia Seraiocco blogueuse officielle du Connect/Webcom Montréal 2012

Du 14 au 17 mai prochain, Nadia Seraiocco sera l’une des blogueuses officielles de l’évènement CONNECT 2012/Webcom Montréal.

Vous pourrez lire ses comptes-rendus, ses observations et ses coups de coeur sur les blogues Triplex (Radio-Canada) et E-Gouv Québec.

Alors pour ne rien manquer de cet important rendez-vous des spécialistes des communications et des technologies numériques, restez bien branchés sur notre blogueuse préférée!

Patrick Parent, E-Gouv Québec

Retour sur le SXSW 2012 : Une destination inspirante qui va au-delà des technologies

Avec beaucoup de retard, qui finalement permet peut-être une meilleure perspective sur l’événement, je partage avec vous mes impressions sur la conférence SXSW Interactive qui s’est tenue du 9 au 13 mars dernier à Austin au Texas. C’était ma deuxième présence à ce grand rassemblement, ma première remontant à 2007, l’année « Twitter », quelques mois avant la sortie du iPhone (comme quoi tout va très vite dans ce petit monde!).

Qu’est-ce que le SXSW?

Un peu de contexte d’abord. South by South West est une conférence axée initialement sur la musique qui vit le jour en 1987. Alors qu’on y attendait 150 personnes, 700 sont venus de partout. La magie a fait le reste. En 1994, on y a ajouté un volet films et un volet multimédia, ce dernier a été rebaptisé « Interactive » en 1999. Depuis quelques années, on aurait sûrement pu le rebaptiser « social », car c’est là qu’ont émergé les Twitter (2007), Foursquare (2009) et Instragram (2011). D’ailleurs à chaque année, on se demande qui « gagnera » la compétition informelle de la découverte de l’année.

Pourquoi Austin? Difficile à dire. Située sur l’autoroute 35 entre San Antonio et Dallas, au coeur du Texas, elle en est la capitale. Austin compte 800 000 habitants, elle est largement gouvernementale et universitaire et très axée sur l’art et la culture (sur la 6th Street, tous les bars et restaurants présentent de la musique « live » tous les jours!). Elle compte quelques sièges sociaux (Dell notamment) et quelques centres névralgiques de grandes compagnies technologiques (le soutien technique et la comptabilité d’Apple y ont leur bureau). C’est aussi une enclave « libérale » dans un Texas plutôt « conservateur ». Le festival y a une grande influence sur l’économie. SXSW, c’est plus de 30 000 participants provenant des quatre coins de la planète, pendant 5 jours, avec des milliers de marques qui tentent de s’y faire voir.

Une programmation (et des célébrations) intenses

La programmation des conférences (et des party!) est complètement folle. Dix conférences se déroulent en parallèle dans tous les hôtels de la ville, les principales au Centre des Congrès. Qu’y ai-je vu? Une conférence sur les outils de développement HTML (notamment la présentation de cette fonction de Firefox 11!). L’Interview des créateurs d’Instagram, le réseau social photographique qui rejoint 27 millions d’utilisateurs d’iPhone (on y a d’ailleurs annoncé la future version Androïd). Mais SXSW, c’est aussi très philosophique comme approche, et surtout très diversifié.

Conférence marquante pour moi: La « puissance de la peur » dans les réseaux sociaux présentée par la toujours très talentueuse Danah Boyd, la grande spécialiste des questions de cyber intimidation, qui remettait en question bien des vertues que certains prêtent aux médias sociaux à cette époque où « être Américain » c’est « avoir peur ».

Une très intéressante conférence sur la psychiatrie et les jeux vidéos, où un psychiatre affirmait que la plupart de ces confrères étaient incapables de bien traiter les « dépendances » aux jeux vidéos, notamment parce qu’ils préféraient habituellement la question « combien d’heures par jour jouez-vous? » à la vraie question « à quoi jouez-vous, et qu’est-ce que ça vous apporte? » Ils prônaient des thérapeutes plus au courant des technologies et du contexte dans lequel leurs patients les utilisent. Une conférence pleine de données intéressantes notamment sur l’impact des jeux de guerre sur les ex-combattants du Golfe (il semble que jouer à recréer la guerre diminue le stress post-traumatique).

Une avant-midi autour de la gastronomie et des réseaux sociaux, d’abord avec les trucs et astuces des « Food Trucks » sur les réseaux sociaux. De beaux succès de restaurateurs « mobiles » qui ont su se créer des communautés d’adeptes très dynamiques sur Twitter et Facebook. Suivi d’une conférence sur l’émergence des foodies de Brooklyn autour de quelques restaurants particulièrement habiles dans l’utilisation des réseaux sociaux. On y a parlé de gestion de crise et de service à la clientèle en public. Tous était d’accord pour dire que les réseaux sociaux amplifient tout, les bons coups, comme les mauvais, ce qui nécessite d’ajuster ses communications à cette réalité (et parfois d’ignorer certains commentaires!).

Un petit détour dans le monde de la nouvelle télévision, avec les Montréalais d’Epic Meal Time, une émission disponible hebdomadairement sur YouTube, où quatre gars font de la cuisine avec comme ingrédient principal le bacon. Plus d’un million de spectateurs par épisode, au point de laisser leur carrière de côté pour faire ça à temps plein. Une autre conférence avec un de mes réalisateurs fétiches, Richard Linklater (Before Sunrise) et le documentariste Morgan Spurlock (Super Size Me), qui discutaient des nouvelles possibilités (et libertés) qu’offre la production financée par les services en ligne (Hulu dans ce cas, mais également Netflix et YouTube). Bonnes questions des participants notamment sur l’impossibilité de voir les productions de Hulu au Canada (dans le passé, on blâmait les contrats et les droits, mais aujourd’hui, on ne semble pas plus en tenir compte dans les « nouvelles » productions).

Pour terminer, deux superbes grandes conférences. La première par Amber Case, jeune femme anthropologue des cyborgs, qui s’intéresse à ce que les téléphones mobiles et la technologie ajoutent à l’expérience humaine. Dans ce cas-ci, elle traitait de la géolocalisation et comment nos téléphones vont nous rendre plus intelligent en nous informant « en contexte » et en devinant les questions que l’on pourrait se poser sur notre environnement: l’intelligence artificielle dans un contexte géographique. Ce fut un des thèmes marquant de SXSW cette année, avec des applications telles Highlight qui, avec le GPS de votre téléphone et votre compte Facebook, est en mesure de vous aviser dès que vous vous trouvez en présence d’une personne partageant des amis ou des intérêts communs. Intéressant concept, mais une pile de téléphone qui dure moins de trois heures… (d’ailleurs la recharge de piles est une activité importante au Centre des congrès. Vous pouvez être certain que toutes les prises électriques sont occupées en tout temps par des hordes de participants assis par terre).

L’autre conférence, présentée par l’inventeur, futurologue et visionnaire Ray Kurzweil discutait de l’expansion de l’intelligence et des changements qu’apportera la télécommunication au fonctionnement de notre cerveau. Faisant remarqué qu’aujourd’hui, le plus pauvre des Africains peut avoir accès à un téléphone intelligent, au même titre qu’un Américain, et que certaines fonctions de notre cerveau (notamment la mémoire) travailleront désormais différemment, il est revenu sur son concept de singularité, là où l’ordinateur dépasse l’humain, en donnant à ce dernier la possibilité d’une vie éternelle. C’est prévu pour 2045, il suffit de se garder en forme jusque-là!

Plusieurs de ces conférences sont disponibles en version audio sur le site de SXSW.

J’ai été triste de manquer la conférence de David «LEGO Professor» Robertson, portant sur son livre (à paraître en 2012): Brick by Brick: How LEGO Reinvented its Innovation System and Conquered the Toy Industry. Et tout aussi triste de manquer l’interview de Al Gore, ex vice-président américain, aujourd’hui investisseur en capital de risque, par Sean Parker, un des fondateurs de Facebook. Mais on ne peut être partout.

Un évènement unique en son genre

SXSW a le tour d’être une destination inspirante pour tous ceux et celles qui veulent aller au-delà du volet technique. On y a beaucoup parlé cette année de l’avenir des médias traditionnels, de la règlementation, du monde du travail, du futur et de la convergence. Toujours avec des conférenciers impressionnants, et un regard au-dessus des simples problématiques techniques. Combiné cela avec une ville où l’on mange bien (le BBQ texan s’inspire beaucoup de la cabane à sucre québécoise) et à toute une fête (surtout lorsqu’il fait beau) et vous avez un contexte idéal pour être inspiré pour vos projets.

Carl-Frédéric De Celles, président de iXmédia
Collaboration spéciale

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Biographie de Carl-Frédéric De Celles : Carl-Frédéric est président (et autres choses connexes) chez iXmédia. Il est également impliqué dans plusieurs projets, dont ZAP Québec et la conférence Web à Québec (WAQ). Économiste de formation, curieux de nature, il s’intéresse à l’impact des technologies dans nos vies et aux possibilités de ces nouvelles interactions.

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