Archive

Archive for mars 2012

Autoformation avec GROVO

30 mars 2012 1 commentaire

Des milliers de vidéos couvrant les outils et services du Web 2.0

On ne cesse d’insister sur les retombées bénéfiques de la formation du capital humain ainsi que sur les risques encourus et les enjeux implicitement associés au désinvestissement dans la formation des compétences humaines*. Et pourtant, dans les organisations, les budgets dans lesquels on n’hésite pas à sabrer sont ceux destinés à la formation.GROVO : and now you know

Comment maintenir ses connaissances à niveau, apprendre, découvrir, et demeurer compétent dans cet univers où tout va très vite et où chaque journée produit son lot de nouveautés? Suivre toutes celles qui passent serait impossible mais connaître à tout le moins, quelques-unes d’entre elles serait un acquis. Dans le domaine du Web 2.0, il faut non seulement apprendre mais s’ajuster aux modifications et évolutions, car être informé ne suffit plus.

Voici donc un outil qui pourrait aider à combler le besoin de développer ses compétences en continue et de façon autonome : GROVO.

GROVO, contraction sympathique des termes «grow» and «vocation» (un peu comme  «breakfast» et «lunch» pour le mot Brunch) est une plateforme éducative couvrant les sites les plus populaires du Web. De la simple création d’un compte de média social en passant par l’édition de blogues et l’utilisation des sites de commerce électronique, GROVO couvre de multiples sujets. Sa bibliothèque regorge de plus de 1500 vidéos et 20 nouvelles sont produites chaque semaine. Bien entendu, l’accès à certaines d’entre elles requiert un compte payant et, malheureusement, les cours ne sont offerts qu’en anglais.

Convivial et interactif, GROVO est un environnement d’apprentissage virtuel,  utilisant les atouts du réseau social. Par exemple, lorsqu’on se connecte à partir d’un compte Facebook, nos amis sont invités à suivre des cours et si on le permet, des messages sont publiés à notre nom. Des courriels hebdomadaires incluant des vidéos d’experts interviewés et les nouveaux cours nous sont aussi envoyés par l’équipe GROVO. Apprendre et suivre les nouveautés ne sont plus qu’une question de temps et de volonté! Enfin, loin d’être la panacée, GROVO peut tout simplement aider à développer nos compétences.

Adeline Essoh, chargée de projets en affaires électroniques
Collaboration spéciale

*La formation et la mobilisation des savoirs dans les administrations publiques, Télescope, volume 17, numéro 3, automne 2011.

———

Biographie d’Adeline Essoh : Conseillère en communication au gouvernement du Québec depuis 10 ans, Adeline est détentrice d’une maîtrise en communication de l’université Laval. Son penchant pour les technologies de l’information l’a poussée à développer des compétences en affaires électroniques. Elle est chargée de projets dans un Ministère.

Publicités

Retour sur le SXSW 2012 : Une destination inspirante qui va au-delà des technologies

Avec beaucoup de retard, qui finalement permet peut-être une meilleure perspective sur l’événement, je partage avec vous mes impressions sur la conférence SXSW Interactive qui s’est tenue du 9 au 13 mars dernier à Austin au Texas. C’était ma deuxième présence à ce grand rassemblement, ma première remontant à 2007, l’année « Twitter », quelques mois avant la sortie du iPhone (comme quoi tout va très vite dans ce petit monde!).

Qu’est-ce que le SXSW?

Un peu de contexte d’abord. South by South West est une conférence axée initialement sur la musique qui vit le jour en 1987. Alors qu’on y attendait 150 personnes, 700 sont venus de partout. La magie a fait le reste. En 1994, on y a ajouté un volet films et un volet multimédia, ce dernier a été rebaptisé « Interactive » en 1999. Depuis quelques années, on aurait sûrement pu le rebaptiser « social », car c’est là qu’ont émergé les Twitter (2007), Foursquare (2009) et Instragram (2011). D’ailleurs à chaque année, on se demande qui « gagnera » la compétition informelle de la découverte de l’année.

Pourquoi Austin? Difficile à dire. Située sur l’autoroute 35 entre San Antonio et Dallas, au coeur du Texas, elle en est la capitale. Austin compte 800 000 habitants, elle est largement gouvernementale et universitaire et très axée sur l’art et la culture (sur la 6th Street, tous les bars et restaurants présentent de la musique « live » tous les jours!). Elle compte quelques sièges sociaux (Dell notamment) et quelques centres névralgiques de grandes compagnies technologiques (le soutien technique et la comptabilité d’Apple y ont leur bureau). C’est aussi une enclave « libérale » dans un Texas plutôt « conservateur ». Le festival y a une grande influence sur l’économie. SXSW, c’est plus de 30 000 participants provenant des quatre coins de la planète, pendant 5 jours, avec des milliers de marques qui tentent de s’y faire voir.

Une programmation (et des célébrations) intenses

La programmation des conférences (et des party!) est complètement folle. Dix conférences se déroulent en parallèle dans tous les hôtels de la ville, les principales au Centre des Congrès. Qu’y ai-je vu? Une conférence sur les outils de développement HTML (notamment la présentation de cette fonction de Firefox 11!). L’Interview des créateurs d’Instagram, le réseau social photographique qui rejoint 27 millions d’utilisateurs d’iPhone (on y a d’ailleurs annoncé la future version Androïd). Mais SXSW, c’est aussi très philosophique comme approche, et surtout très diversifié.

Conférence marquante pour moi: La « puissance de la peur » dans les réseaux sociaux présentée par la toujours très talentueuse Danah Boyd, la grande spécialiste des questions de cyber intimidation, qui remettait en question bien des vertues que certains prêtent aux médias sociaux à cette époque où « être Américain » c’est « avoir peur ».

Une très intéressante conférence sur la psychiatrie et les jeux vidéos, où un psychiatre affirmait que la plupart de ces confrères étaient incapables de bien traiter les « dépendances » aux jeux vidéos, notamment parce qu’ils préféraient habituellement la question « combien d’heures par jour jouez-vous? » à la vraie question « à quoi jouez-vous, et qu’est-ce que ça vous apporte? » Ils prônaient des thérapeutes plus au courant des technologies et du contexte dans lequel leurs patients les utilisent. Une conférence pleine de données intéressantes notamment sur l’impact des jeux de guerre sur les ex-combattants du Golfe (il semble que jouer à recréer la guerre diminue le stress post-traumatique).

Une avant-midi autour de la gastronomie et des réseaux sociaux, d’abord avec les trucs et astuces des « Food Trucks » sur les réseaux sociaux. De beaux succès de restaurateurs « mobiles » qui ont su se créer des communautés d’adeptes très dynamiques sur Twitter et Facebook. Suivi d’une conférence sur l’émergence des foodies de Brooklyn autour de quelques restaurants particulièrement habiles dans l’utilisation des réseaux sociaux. On y a parlé de gestion de crise et de service à la clientèle en public. Tous était d’accord pour dire que les réseaux sociaux amplifient tout, les bons coups, comme les mauvais, ce qui nécessite d’ajuster ses communications à cette réalité (et parfois d’ignorer certains commentaires!).

Un petit détour dans le monde de la nouvelle télévision, avec les Montréalais d’Epic Meal Time, une émission disponible hebdomadairement sur YouTube, où quatre gars font de la cuisine avec comme ingrédient principal le bacon. Plus d’un million de spectateurs par épisode, au point de laisser leur carrière de côté pour faire ça à temps plein. Une autre conférence avec un de mes réalisateurs fétiches, Richard Linklater (Before Sunrise) et le documentariste Morgan Spurlock (Super Size Me), qui discutaient des nouvelles possibilités (et libertés) qu’offre la production financée par les services en ligne (Hulu dans ce cas, mais également Netflix et YouTube). Bonnes questions des participants notamment sur l’impossibilité de voir les productions de Hulu au Canada (dans le passé, on blâmait les contrats et les droits, mais aujourd’hui, on ne semble pas plus en tenir compte dans les « nouvelles » productions).

Pour terminer, deux superbes grandes conférences. La première par Amber Case, jeune femme anthropologue des cyborgs, qui s’intéresse à ce que les téléphones mobiles et la technologie ajoutent à l’expérience humaine. Dans ce cas-ci, elle traitait de la géolocalisation et comment nos téléphones vont nous rendre plus intelligent en nous informant « en contexte » et en devinant les questions que l’on pourrait se poser sur notre environnement: l’intelligence artificielle dans un contexte géographique. Ce fut un des thèmes marquant de SXSW cette année, avec des applications telles Highlight qui, avec le GPS de votre téléphone et votre compte Facebook, est en mesure de vous aviser dès que vous vous trouvez en présence d’une personne partageant des amis ou des intérêts communs. Intéressant concept, mais une pile de téléphone qui dure moins de trois heures… (d’ailleurs la recharge de piles est une activité importante au Centre des congrès. Vous pouvez être certain que toutes les prises électriques sont occupées en tout temps par des hordes de participants assis par terre).

L’autre conférence, présentée par l’inventeur, futurologue et visionnaire Ray Kurzweil discutait de l’expansion de l’intelligence et des changements qu’apportera la télécommunication au fonctionnement de notre cerveau. Faisant remarqué qu’aujourd’hui, le plus pauvre des Africains peut avoir accès à un téléphone intelligent, au même titre qu’un Américain, et que certaines fonctions de notre cerveau (notamment la mémoire) travailleront désormais différemment, il est revenu sur son concept de singularité, là où l’ordinateur dépasse l’humain, en donnant à ce dernier la possibilité d’une vie éternelle. C’est prévu pour 2045, il suffit de se garder en forme jusque-là!

Plusieurs de ces conférences sont disponibles en version audio sur le site de SXSW.

J’ai été triste de manquer la conférence de David «LEGO Professor» Robertson, portant sur son livre (à paraître en 2012): Brick by Brick: How LEGO Reinvented its Innovation System and Conquered the Toy Industry. Et tout aussi triste de manquer l’interview de Al Gore, ex vice-président américain, aujourd’hui investisseur en capital de risque, par Sean Parker, un des fondateurs de Facebook. Mais on ne peut être partout.

Un évènement unique en son genre

SXSW a le tour d’être une destination inspirante pour tous ceux et celles qui veulent aller au-delà du volet technique. On y a beaucoup parlé cette année de l’avenir des médias traditionnels, de la règlementation, du monde du travail, du futur et de la convergence. Toujours avec des conférenciers impressionnants, et un regard au-dessus des simples problématiques techniques. Combiné cela avec une ville où l’on mange bien (le BBQ texan s’inspire beaucoup de la cabane à sucre québécoise) et à toute une fête (surtout lorsqu’il fait beau) et vous avez un contexte idéal pour être inspiré pour vos projets.

Carl-Frédéric De Celles, président de iXmédia
Collaboration spéciale

——–

Biographie de Carl-Frédéric De Celles : Carl-Frédéric est président (et autres choses connexes) chez iXmédia. Il est également impliqué dans plusieurs projets, dont ZAP Québec et la conférence Web à Québec (WAQ). Économiste de formation, curieux de nature, il s’intéresse à l’impact des technologies dans nos vies et aux possibilités de ces nouvelles interactions.

Bye bye Visio : 4 applications spécialisées pour créer des maquettes schématiques

Le «wireframe» — ou la maquette schématique en français —, est une façon de mettre en page les fonctionnalités d’un site Web avant d’entreprendre les travaux de design graphique. C’est un outil pratique pour travailler rapidement sur un concept ou une idée, en faisant plusieurs itérations sans nuire à sa santé mentale et à celle du concepteur graphique de votre équipe.

Pour construire quelque chose, il faut un plan

Le «wireframe», c’est le plan détaillé de chacune des pages d’un site Web.

Lorsqu’un architecte construit une maison, il crée d’abord un plan. Il peut discuter du plan avec son client et apporter des changements au fur et à mesure que la compréhension du projet évolue. La décoration (design graphique), ça vient après. On décide de l’ambiance des lieux après qu’on se soit entendu sur le découpage des pièces.

Un «wireframe» doit donc intégrer et mettre en images les idées de l’architecte informationnel, des autres membres de son équipe et de l’utilisateur. Sa conception doit aussi favoriser la souplesse, afin de refléter les changements d’orientation qui peuvent survenir durant un projet.

L’important dans le processus de création d’une maquette schématique, c’est de ne pas se laisser ralentir par les détails. Si l’outil alourdit le processus de réflexion, il perd son utilité. Le mieux est l’ennemi du bien.

Du papier et un crayon

Comme dans la série MTV Unplugged où les artistes faisaient une prestation avec des instruments acoustiques, il est possible de commencer le processus de création du fil de fer («wireframing») sans utiliser de logiciel et d’en tirer des résultats tout à fait honnêtes.

Lors d’une rencontre de remue-méninges, une première maquette schématique peut être créée à l’aide d’outils traditionnels, mais efficaces : du papier et un crayon (ou une serviette de table comme le dit Dan Roam dans son livre The Back of the Napkin), un tableau blanc, une grande feuille vierge, des crayons, etc. Ce sont de très bons outils collaboratifs qui permettent de faire des itérations rapides, surtout en début de processus.

Par contre, après avoir jeté ses idées sur papier, il est bien de passer à une autre étape et d’utiliser une application de création de maquettes schématiques, pour les mêmes raisons qui font que l’on rédige dans un logiciel de traitement de texte au lieu d’écrire sur papier : ça facilite la bonification du document, le résultat est plus clair et propre et ça favorise les échanges.

Mais j’utilise déjà Visio !

Des applications comme Microsoft Visio et Adobe Illustrator peuvent servir à créer des maquettes schématiques. Beaucoup de gens les utilisent et obtiennent de bons résultats, mais un outil spécialisé vous permettra d’arriver à vos fins plus rapidement, avec un produit de plus grande qualité. C’est encore plus vrai si le logiciel spécialisé est très simple à apprendre.

J’ai pris le temps d’évaluer quelques applications spécialisées en conception de maquettes schématiques. Voici mon compte rendu : je vous laisse en tirer vos propres conclusions.

4 applications spécialisées pour créer des maquettes schématiques

Mockingbird

Mockingbird (tiré du terme anglais “mockup” pour maquette) est une application entièrement Web. Pour l’essayer, il suffit de se rendre sur le site de Mockingbird et de cliquer sur le bouton “Launch”.

L'interface Web de Mockingbird est facile d'utilisation mais l'ensemble fait un peu vieillot.

L’application offre 92 éléments d’interface et permet de créer plusieurs maquettes dans un même projet. L’interface est facile d’utilisation (ça ne m’a pris que quelques instants pour m’y retrouver) mais l’ensemble fait malheureusement un peu vieillot.

Environnement : Web
Prix : À partir de 9 $ par mois
Période d’essai gratuite : Illimitée, mais ne permet pas de sauvegarder.
Avantages :

  • Courbe d’apprentissage rapide.
  • Aucune installation nécessaire, prêt à utiliser en quelques secondes.

Inconvénients :

  • Paiement récurrent.
  • Éléments d’interface moins intéressants visuellement que certains compétiteurs.

Site Web de Mockingbird

myBalsamiq

myBalsamiq est une application Web qui existe aussi en version applicative (voir Balsamiq Mockups for Desktop). Chaque version à ses avantages.

La qualité principale de la version Web est son côté collaboratif. Plusieurs utilisateurs peuvent contribuer et échanger sur les mêmes projets, hébergés dans un « nuage » L’interface est conviviale. Je suis surpris de la facilité d’utilisation, surtout pour une application Web.

Dans myBalsamiq, les projets sont représentés sous forme de livres.

L’écran d’ouverture permet de voir les différents projets qui sont créés, représentés sous forme de livres. Chaque projet peut contenir plusieurs maquettes schématiques. Le tour guidé permet de rapidement comprendre le fonctionnement de l’interface.

Dans myBalsamiq, les éléments donnent l'impression d'avoir été dessinés à la main.

Les éléments de page sont variés et donnent l’impression d’avoir été dessinés à la main. Cet effet «griffonnage» est pratique pour que l’attention soit portée sur le contenu et non le style visuel de la page.

Environnement : Web
Prix : À partir de 12 $ par mois
Période d’essai gratuite : 30 jours
Avantages :

  • Outils collaboratifs entre plusieurs personnes.
  • Possible de l’utiliser à partir de n’importe quel poste de travail.
  • Permet de regrouper les maquettes par projet.
  • Les éléments semblent avoir été dessinés à la main.
  • Mode “présentation” plein écran.

Inconvénients :

  • Paiement récurrent.

Site Web de myBalsamiq

Balsamiq Mockups for Desktop

En complément de la version Web, Balsamiq Mockups for Desktop s’installe sur tous les systèmes d’exploitation supportant la technologie Adobe Air, dont Windows et Mac OS.  Les sytèmes iOS, Android et Blackberry Tablet OS devraient aussi pouvoir « accueillir » cette version : je ne l’ai toutefois pas validé.

On retrouve la même finesse dans le design des éléments, les mêmes fonctionnalités et la même facilité d’utilisation que dans l’application Web. Personnellement, j’aime le fait de n’avoir à payer un logiciel qu’une seule fois. Un paiement unique est souvent plus facile à faire approuver par son organisation. Par contre, si on n’a pas de compte myBalsamiq, on perd tout le côté collaboratif et la gestion des projets de la version Web. En effet, la version « Desktop » et la version Web peuvent se « parler » et fonctionner ensemble seulement si on paye un compte mensuel myBalsamiq.

Mode plein écran

Dans les deux versions (Web et « Desktop »), on retrouve un mode plein écran qui permet de présenter nos créations sur projecteur, à l’aide d’un curseur bleu surdimensionné qui suit le mouvement de la souris. J’adore!

Le mode plein écran offre un curseur bleu surdimensionné.

Environnement : Adobe AIR (Windows, Mac OS X)
Prix : 80 $
Période d’essai gratuite : 7 jours
Avantages :

  • Payable seulement une fois.
  • Les éléments semblent avoir été dessinés à la main.
  • Mode “présentation” plein écran.

Inconvénients :

  • Pas de gestion par projet. Chaque maquette est autonome, sauf si on paye pour un compte myBalsamiq qui permet de partager le tout en ligne.

Site Web de Balsamiq Mockups for Desktop

Omnigraffle

Je vous avais dit que je ne présenterais que des outils spécialisés, mais je fais une exception pour un très bon produit.

Omnigraffle s’apparente à Visio puisqu’il n’est pas d’abord conçu pour créer des maquettes schématiques. Si vous avez à créer des diagrammes de toute sorte, plans de site, organigrammes et autres documents visuels (et que vous utilisez un Mac), il peut très bien faire le boulot et vous offrir quelques petits avantages, comme la mise en page automatique, qui vous permettront de sauver du temps.

Il y a une communauté Omnigraffle appelée Graffletopia qui offre des gabarits des éléments de pages de toutes sortes. La plupart sont gratuits et plusieurs sont axés vers la création de wireframes.

Environnement : Mac OS X, iPad
Prix : 100 $ pour Mac OS X, 50 $ pour iPad
Période d’essai gratuite : 14 jours
Avantages :

  • Pas seulement un outil de wireframe – c’est un logiciel versatile qui peut servir à beaucoup de choses, comme la création de diagrammes.
  • Les éléments provenant de Graffletopia sont bien conçus et utiles.

Inconvénients :

  • Courbe d’apprentissage plus difficile que les autres produits.
  • N’existe pas en version Windows.
  • Requiert le téléchargement de stencils supplémentaires (gratuits).

Site Web d’Omnigraffle

Mon choix : Balsamiq

Après ces essais, j’ose me prononcer en faveur de la gamme de produits Balsamiq. Devriez-vous utiliser la version Web avec outils collaboratifs, la version « Desktop » ou une combinaison des deux, cela dépend de vos besoins de collaboration. Je crois que ce produit évolue bien et qu’il offre de belles fonctionnalités pour le prix. Bien sûr, cet avis n’implique que moi.  🙂

Prochain billet : prototypes fonctionnels

Avant de faire un achat, prenez le temps de lire mon prochain billet, qui présentera des applications de prototypage. Ces applications approfondissent le concept des maquettes schématiques en offrant la possibilité d’en créer des versions fonctionnelles : des prototypes.

Je vous présenterai les applications Axure RP, Flairbuilder, Jumpchart, Proto.io et iPlotz.

Patrick Matte, ergonome Web, Sépaq
Collaboration spéciale

———

Biographie de Patrick Matte : Patrick est un pionnier du Web, créant professionnellement ses premiers sites dès 1995. Il s’intéresse à l’impact positif que peut avoir la technologie dans nos vies, comme outil au service de l’être humain et de sa créativité. Il est ergonome Web à la Sépaq.


Portail de services intégrés centré utilisateur : Singapour et l’Angleterre meneurs internationaux.

Les gouvernements de Singapour et de l’Angleterre sont en train de construire un portail unique, centralisant de manière simple, intuitive et parfaitement intégrée toute l’information gouvernementale nécessaire à leurs citoyens, laissant à l’utilisateur le soin de trouver le service qui le concerne sans tenir compte de l’organisme ministériel qui le fournit.

La vision de Singapour en matière d’amélioration de prestation en ligne est d’intégrer l’ensemble des services dans une perspective « clients ». Ainsi, pour Singapour, la coopération entre les institutions gouvernementales, le dossier citoyen et l’identifiant unique font tous partie de la même expérience : les services centrés sur l’utilisateur.

C’est pourquoi Singapour, afin d’aller plus loin dans cette vision centralisatrice, est en train de créer le site eCitizen (Note : le site http://alpha.ecitizen.sg/, dont nous vous proposons une copie d’écran, a depuis notre visite été verrouillé à l’accès public) : en cours de développement et de test par le public, ce portail unique offre une barre de recherche centrale « à la Google », permettant aux utilisateurs de cibler leurs services en tapant leur requête. Au-dessous sont présentés les sujets et les services les plus populaires afin de permettre aux citoyens de gagner du temps et de les orienter.

Portail citoyen de Singapour

Le site eCitizen est en cours de développement et de test par le public.

Un bouton « Feedback » permet de donner son avis sur la pertinence du portail et des informations présentées, ce qui montre la volonté du gouvernement de dialoguer et de recevoir un retour d’opinion, et pas seulement sur le site en construction, car ce même type de bouton contact était déjà présent sur l’ancien site sous forme d’un « Rate Our Website ».

En effet, le site en construction alpha.eCitizen possède une version officielle développée en 1999 et qui, bien que n’ayant pas été mise à jour depuis fin 2011, reste opérationnelle.

De même en Angleterre, le portail unique a été lancé en début d’année 2012 pour centraliser l’ensemble des services, de manière totalement transparente pour les citoyens. On y retrouve la même idée d’une barre de recherche principale, suivie de quelques sujets populaires, mais aussi d’un nuage de mots-clefs (tags) pour orienter la recherche par catégories.

Portail Web GOV.UK

Ce portail unique a été lancé au début de 2012 pour centraliser l’ensemble des services aux citoyens.

Encore en période de tests et d’améliorations, ce portail propose pour l’instant quelques vidéos tutoriels YouTube, disposés en premier sur certaines pages du site : des courtes animations qui présentent les principales étapes à suivre, par exemple en cas de décès.

Tutoriel vidéo services en ligne.

Vidéo décrivant les principales étapes à suivre et formulaires à compléter lors du décès d'un proche.

Ce portail BETA sera probablement encore amélioré au fil du temps, le site de services officiel restant encore DirectGov.

La force de ces deux portails réside dans le fait que l’Angleterre et Singapour ont réussi à oublier leur organisation gouvernementale interne pour se focaliser sur le besoin du citoyen : oubliés, les fonctionnements en silos et les guerres de pouvoir ministérielles ; les services sont désormais offerts de manière transparente, en un lieu unique, en 24/7. Et si les citoyens y gagnent certainement, ce type d’initiative est aussi un moyen pour le gouvernement d’orienter le public en plus grand nombre vers les services électroniques, sources d’économies et de flexibilité accrues.

Raphael Danjou, directeur de la veille stratégique, CEFRIO
Collaboration spéciale

————————–

Biographie de Raphaël Danjou : Bacchelier en sciences économiques de l’université de Lille en France et détenteur d’une maîtrise en veille stratégique complétée au Japon, Raphaël est spécialisé en veille stratégique depuis plus de 10 ans. Avant d’entrer en fonction au CEFRIO  à titre de responsable de la veille en novembre 2009, Raphaël a oeuvré au sein de grandes entreprises et de firmes conseils au Japon et en France.

De quoi voulez-vous nous voir bloguer?

L’équipe de E-Gouv Québec aime veiller et partager, vous l’aviez peut-être remarqué. Mais les membres de l’équipe et leurs collaborateurs/collaboratrices aiment aussi écrire.

La preuve, en ce moment quelque part (vous savez, avec la mobilité et le sans fil de nos jours, quelque part ça peut vraiment être partout et nulle part), des claviers se font aller les lettres très activement pour vous livrer des articles sur une grande variété de sujets qui touchent les communications numériques.

Mais pendant que nos doigts font surchauffer nos claviers, votre tête doit aussi contenir de bonnes idées. Alors laissez-vous aller, partagez ces idées avec nous en commentant cet article, en nous écrivant ou en prenant quelques secondes pour répondre à ce sondage.

Ça va nous aider à mieux veiller pour vous!

Patrick Parent, E-Gouv Québec

P.S. : Désolé pour les mots en anglais dans ce sondage. Ce blogue est aussi un laboratoire pour nous et nous apprenons à utiliser WordPress sous vos yeux. Nous cherchons encore comment remplacer ces termes anglais par ceux en français. On vous tient au courant…stay tuned! 🙂

Mise à jour (19 mars 2012) : La correction pour les termes anglais a été effectuée avec succès. Merci à notre lecteur Robin Millette pour son aide. C’est entre autres pour cela que j’aime le Web, nous sommes plus intelligents en groupe!

SXSW 2012 : le Québec culturel et numérique débarque à Austin

Logo © SXSW

Logo © SXSW

L’unique et très couru festival South by South West (SXSW), qui se tient à Austin au Texas depuis la fin des années 80, débute dans quelques heures.

Du 9 au 18 mars 2012, la ville sera littéralement envahit par les créateurs, les amateurs et les journalistes des domaines du cinéma, de la musique et du numérique venus de partout dans le monde pour vivre cet évènement international devenue pratiquement incontournable.

Bien que les volets cinéma et musique soient très intéressants, c’est bien entendu le volet interactif du SXSW qui retient notre attention. Plusieurs entreprises numériques du Québec y seront pour présenter leur savoir faire, rencontrer et échanger avec d’autres entreprises et assister aux conférences des grandes vedettes (d’aujourd’hui et de demain) des médias interactifs de la planète.

Évidemment, l’équipe de E-Gouv Québec aurait (extrêmement) aimé y être pour tout vous raconter sur les prochaines tendances du numérique et pour y faire des découvertes fantastiques. Mais comme la majorité d’entre vous, nous suivrons à distance via les nombreux sites et médias sociaux qui couvriront l’évènement. C’est pourquoi nous avons décidé de partager quelques sources que nous suivrons afin d’imaginer que nous y sommes réellement.

En fait, c’est vrai que les membres de l’équipe E-Gouv Québec ne seront pas à Austin, mais nombreux de nos amis y seront. Et l’un d’entre eux, Carl-Frédéric De Celles (iXmédia), a accepté, à titre de collaborateur spécial, d’écrire un article au sujet de son expérience au South by South West 2012. Vous pourrez le lire sur notre blogue (en exclusivité, enfin, c’est ce qu’il nous a dit…) dans les prochains jours.

C’est bien n’est-ce pas?! Vive les amis.

Quelques-uns des liens à suivre au sujet du SXSW 2012

Planète Québec (Gouvernement du Québec et ses partenaires)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Si vous connaissez d’autres sources intéressantes au sujet du SXSW 2012 et avez le goût de les partager, n’hésitez pas à nous écrire dans la zone des commentaires.

Mise-à-jour 11 mars 2012

Patrick Parent, E-Gouv Québec

GouvCamp 2012: rêver le gouvernement mobile, ouvert, social et collaboratif

Demande de services sur les réseaux sociaux et sur les plateformes mobiles qu’adoptent massivement les Québécois, revendication en faveur de données gouvernementales ouvertes par souci de transparence et pour favoriser la collaboration avec les citoyens, résistance des services informatiques et des décideurs. Autant de défis-colossaux?- auxquels sont confrontés les professionnels du Web du gouvernement du Québec.

C’est sur ces thèmes que plusieurs d’entre eux (environ 60% des participants) ont choisi de discuter avec des représentants du secteur privé et des citoyens militant pour l’ouverture des données publiques lors d’un premier GouvCamp tenu à Québec le 22 février dernier. Animé de brillante façon par l’animateur Sylvain Carle, co-fondateur de Needium, ce camp se voulait une réflexion sur l’utilisation des technologies de l’information et des communications pour créer un mouvement « positif » autour de la gouvernance en général et du gouvernement en particulier.

Le journaliste Fabien Deglise, du Devoir, a fort bien résumé dans son compte rendu, quelques-uns des enjeux abordés lors de ce rendez-vous intimiste. Quelques jours plus tard, que retenir d’autres de cette première initiative de mise en commun entre environ 70 passionnés du Web?

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mobilité: l’approche par livraisons

Invités à choisir les thèmes de la discussion en votant parmi les sujets proposés par chaque participant, les « campeurs » ont opté en grand nombre pour la mobilité. Une question s’est posée : comment réutiliser les contenus des sites Web gouvernementaux sur les plateformes mobiles?

Un constat s’impose: il est plus facile d’élaborer un petit projet de communication spécialement conçu pour le mobile que de « faire entrer » la totalité des contenus de nos sites Web dans un environnement mobile. Ils ne sont pas conçus pour ça.

Le Directeur général des élections du Québec privilégie désormais le mobile dans tout nouveau projet de communication Web. Lancé à l’automne 2011, le site mobile du DGEQ a nécessité 3 mois d’efforts. Il n’est pas complet, mais il constitue une assise sur laquelle construire.

La clé du succès pour le DGEQ? Une approche par livraisons. Cibler les « morceaux » du site « traditionnel » qu’il faut rapidement offrir en version « légère » en s’appuyant notamment sur les demandes des clients, les partis politiques entre autres. Pour Patrick Leduc, du DGEQ, il faut se donner une échéance pour la conception d’un site mobile et la respecter, en diffusant à la date de lancement prévue le contenu prêt à publier.

S’ouvrir par défaut

Est-ce en raison de la présence de militants des mouvements Québec Ouvert et Capitale Ouverte? Le thème des données ouvertes a retenu davantage l’attention des participants du GouvCamp que les autres sujets. Rappelons que cette ouverture passe par la conversion des données recueillies par les ministères et organismes dans le cadre de leurs activités dans un format exploitable par des développeurs et par la mise en ligne de ces données sur Internet.

Là encore, la discussion fait place autant au questionnement qu’à l’affirmation.

Un participant évoque le but ultime de la mise en ligne des données publiques: un gouvernement ouvert par défaut plutôt qu’un gouvernement fermé qui se dévoile uniquement par l’intermédiaire des demandes d’accès à l’information. Le gouvernement devrait justifier la fermeture des donnés plutôt que leur ouverture.

Comment accélérer cette ouverture justement? En misant sur des partenaires financiers, les clients potentiels des données gouvernementales, avance Benoît Girard, jeune retraité du gouvernement du Québec et ex-animateur fort apprécié de la communauté des webmestres de l’État québécois. Ces clients potentiels pourraient servir d’alliés aux professionnels du Web dans leur volonté de faire pression sur les décideurs pour rendre publiques et exploitables les données non-nominatives de l’organisation.

Mais attention… une mise en ligne de données exploitables, ça se prépare! Avant d’ouvrir, il faut être sûr de pouvoir répondre à la demande, tant sur le plan des ressources que sur celui du cadre juridique.

Disposons-nous justement des assises légales nécessaires à la « libération de données »? Un cadre légal reste-t-il à écrire pour appuyer les projets d’ouverture? Doit-on encadrer l’utilisation de données recueillies dans le cadre du travail gouvernemental? Pour Félix Bégin, du mouvement Capitale Ouverte, dont les efforts ont conduit ce 22 février à l’annonce par la Ville de Québec de rendre accessible ses données publiques, une demande formelle doit être transmise au Dirigeant principal de l’information du gouvernement du Québec pour qu’il prépare un cadre de gouvernance sur l’ouverture des données.

Les participants s’entendent sur l’avantage de cette ouverture: en plus de stimuler l’engagement citoyen et de favoriser à faible coût la conception d’applications mobiles, l’ouverture est aussi une manière de découvrir et de recruter des programmeurs compétents, comme l’observe un participant. « Si on s’ouvre, c’est plus facile de solliciter de l’aide, ajoute un autre. « Le gouvernement prend parfois des citoyens pour des épais: on craint le piratage, on s’inquiète de sécurité, plutôt que de se soucier de « faire ensemble ». », conclut le blogueur Mario Asselin.

Québec Ouvert : la notion de service public doit s’étendre aux données

Les militants de Québec ouvert ont profité du GouvCamp pour faire connaître leur jeune mouvement, en faveur de la création d’un portail Web pour rendre accessible des données gouvernementales non-nominatives.

Leur objectif? Permettre aux Québécois de s’approprier ces données pour suivre avec davantage d’attention les activités de leurs élus tout en transformant l’information « libérée » en applications mobiles susceptibles de leur rendre service au quotidien.

La notion de service public doit s’étendre aux données, à l’informatique, considèrent Jonathan Brun et Dave Pelletier, co-fondateurs de Québec Ouvert. Les données ouvertes peuvent transformer le gouvernement, briser les silos en introduisant davantage de transparence, notamment dans l’exercice d’attribution de contrats à la suite d’appels d’offres, croient-ils.

La démarche de Québec Ouvert se veut proactive: QO veut collaborer avec le gouvernement, organiser des événements tels des hackathons pour favoriser l’interaction entre fonctionnaires, citoyens et entrepreneurs dans le but d’identifier des solutions aux problèmes de l’ensemble de la population.

Un appel est lancé pour participer à la première assemblée publique du mouvement le 22 mars, à Québec, Montréal et Gatineau. On peut aussi suivre les travaux de Québec ouvert sur le blogue du groupe et lire l’article du Devoir. On peut s’inscrire sur Eventbrite.

Médias sociaux: foncer tout en contrant la fracture numérique

Dans l’enquête NeTendances 2011 du CEFRIO portant sur le gouvernement en ligne et rendue publique le 14 février 2012, peu de gens ont exprimé leur intérêt à recevoir des services gouvernementaux par l’intermédiaire des médias sociaux:

« Communiquer avec le gouvernement par les médias sociaux comme Facebook ou Twitter présente un faible intérêt chez les internautes, au Québec. La note moyenne attribuée à l’intérêt pour la communication à l’aide des médias sociaux est de 2,2/10 chez les internautes de plus de 18 ans. » (p.13 du rapport d’enquête)

Ce résultat étonnant exprime-t-il un manque réel d’intérêt pour cette forme de service à la clientèle ou s’agit-il plutôt d’un « vote sur la présence actuelle du gouvernement » sur Facebook, Twitter et compagnie?

Sur cette question comme sur les précédentes, les « campeurs » expriment leur volonté d’agir. Pourquoi n’informerait-on pas les citoyens à l’aide des médias sociaux même s’ils n’ont pas encore posé de questions ou sollicité de réponses? Après tout, c’est le même CEFRIO qui a souligné l’engouement de nos concitoyens pour les médias sociaux dans une autre enquête NeTendances 2011.

Dans ce domaine comme dans celui des services en ligne, des participants appréhendent toutefois la fracture numérique. Ils se demandent si le gouvernement devrait/pourrait offrir des formations pour apprendre aux citoyens à utiliser les médias sociaux.

Développer sa capacité d’écoute

Comme l’a rapporté Fabien Deglise, du Devoir, le blogueur Mario Asselin a insisté sur la précieuse source d’information que constituent les médias sociaux. Abondamment décrits comme relayeurs d’information ou comme façonneurs d’images, les MS semblent encore sous-estimés au gouvernement du Québec comme outils de veille et de recherche d’information.

Le gouvernement n’a pas les moyens de se priver de cette veille, pense M.Asselin, qui ajoute du même souffle « qu’il n’y a pas au gouvernement de structure organisationnelle d’écoute ». Il importe de stimuler cette capacité d’écoute et de réponse à l’interne, et ce, chez les personnes les plus aptes à proposer les bonnes réponses. Ce ne sont pas toujours ni les gens du Web, ni ceux des relations publiques.

Le gouvernement bloque les réseaux naturels de ses employés

Les médias sociaux sont des outils de co-création. Canal privilégié pour solliciter de l’information, des commentaires ou des suggestions auprès des citoyens, ils peuvent rapprocher les collègues et mettre à profit le savoir de chacun.

Or, alors que toutes les études témoignent de l’engouement des internautes et des mobinautes pour les médias sociaux, le gouvernement compromet l’accès aux « réseaux de contacts naturels de ses employés » en bloquant l’accès à ces outils. Les services de sécurité informatique limitent aussi la collaboration en interdisant l’accès à Google Docs. Constat: cette collaboration n’est pas encouragée à l’interne. Conséquence: les employés s’achètent des téléphones intelligents pour contourner ce blocage. Est-ce sain « d’encourager » la création de tels réseaux parallèles?

Et si ce blocage attestait de la méconnaissance de ces outils par les décideurs? Pour un campeur présent, « les gestionnaires pensent que le bruit écrase le signal sur les médias sociaux ». Problème générationnel?

Cette fermeture risque d’éloigner encore plus de la fonction publique les jeunes pour qui les médias sociaux constituent des « aidants naturels ». Certaines entreprises américaines sont incapables de recruter des jeunes parce qu’elles interdisent l’accès aux médias sociaux, rappelle un participant. Déjà que le processus « soviétique » de recrutement de la fonction publique québécoise complexifie l’embauche, imaginez en plus s’il faut avouer à un membre de la génération C qu’il devra renoncer à Facebook sur les heures de bureau…

Stimuler la participation citoyenne

Mobilité, données ouvertes, médias sociaux. Vers où on peut aller pour rendre la démocratie davantage participative, notamment auprès des jeunes? Comment « pousser plus loin » la participation citoyenne, qui s’essouffle de plus en plus à chaque rendez-vous électoral? Comment la relancer? En exploitant davantage les intérêts et les compétences des citoyens? Par quels moyens, par quelle voie y faire appel, si telle est la solution?

Réponse de Jonathan Brun, de Québec Ouvert et Montréal Ouvert : « notre job en tant que citoyen actif est de concevoir des outils informatiques qui rendent convivial et amusant le fait de s’engager dans sa communauté ». Monsieur Brun cite l’exemple de budget plateau.com, une plateforme qui fait appel au jeu dans une démarche de consultation citoyenne.

Les professionnels du Web gagneraient aussi à faire appel davantage à l’image, aux infographies pour présenter l’information, la rendre « appréhendable », compréhensible, et ainsi vaincre la technophobie de plusieurs citoyens que la consultation de nos sites Web rebute ou frustre.

Dans la conception d’outils favorisant la participation citoyenne, certains s’inquiètent de l’anonymat, qui enlève parfois de la crédibilité aux démarches de citoyens. Une vignette ou une carte technologique pourrait être remise aux citoyens désireux de ne pas s’identifier pour néanmoins contrôler l’accès aux plateformes de prise de décision ou d’expression ou aux éventuels modes de scrutin numériques.

« Faire quelque chose ensemble », engager le dialogue avec les utilisateurs de nos sites, c’est aussi les associer dans la conception des systèmes qui serviront à leur dispenser des services, pense un participant. Dans un tel processus, le préposé aux services à la clientèle d’une organisation impliqué dans le projet aux côtés de professionnels de l’informatique ou de pilotes de systèmes ne se sent pas toujours la permission de « parler ». Et si le citoyen engagé dans la démarche et libre de s’exprimer lui rendait la légitimité de dénoncer ou de conseiller?

Quoiqu’il en soit, les citoyens ont beau s’engager, s’ils ne voient pas les bénéfices ou les conséquences de leurs actions, ils perdront vite l’envie de participer. Sylvain Carle cite l’exemple du projet Signer une pétition en ligne du site de l’Assemblée nationale. Intéressante, l’initiative pêche cependant par l’absence d’un mécanisme de suivi, de rétroaction auprès des signataires.

Et si on rendait les « interfaces gouvernementales moins poches »?

Pourquoi les « interfaces gouvernementales sont tellement poches et le restent-elles aussi longtemps? » s’interrogent les participants. Les demandes des professionnels des communications sont-elles bien formulées dans les appels d’offres qui servent à embaucher les firmes qui concrétiseront leurs besoins d’informer? Pour certains, le processus d’appel d’offres ne favorise pas le processus d’innovation parce que trop strict.

Méconnaissance ou résistance? Un participant déclare qu’au sein des ministères et organismes, on ne fait pas toujours face à de l’ignorance, mais à de l’opposition. « Certains décideurs perçoivent très mal la révolution culturelle qui s’opère actuellement. Ces décideurs sont tournés vers des préoccupations politiques. C’est à cette opposition qu’il faut s’attaquer. »

On évoque enfin les problèmes de gouvernance des projets en technologies de l’information : un projet Web doit impliquer les gens de communications et de contenus et les gens qui connaissent les clientèles visées par le projet, pas uniquement des spécialistes de l’informatique.

Attention au perfectionnisme à l’excès, cependant: l’animateur Sylvain Carle rappelle que dans un projet Web, « il ne faut pas viser le parfait, mais l’assez bien ».

Un exercice créatif à répéter

Les organisateurs du GouvCamp peuvent être fiers : l’activité n’a pas donné lieu à des représentations -ou des dénonciations- partisanes et ne s’est pas transformé en exutoire.

L’échange a d’abord pris son envol dans un cadre formel: enregistrés par l’émission radiophonique La voix du libre de CKIA 88,3 , animateur et conférenciers intervenaient au micro, le premier à l’avant-scène, les autres dans leur rôle de spectateurs bien installés en rangées. Ce n’est qu’en 2e partie, alors que les micros se sont fermés et que l’animateur a eu la bonne idée de transformer l’aménagement intimidant de la salle en cercle intime que les échanges ont gagné en pertinence et en intensité. Loin de prendre la forme d’un exercice de défoulement, le camp a soulevé des questions, mis en lumière des solutions potentielles, inspiré des voies à suivre.

Pour en savoir plus :

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

%d blogueurs aiment cette page :