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Archive for juin 2012

Ouverture des données publiques : lesquelles choisir?

Une orientation claire à Québec a été annoncée le 2 mai dernier par la ministre Michelle Courchesne et le leader adjointe Henri-François Gautrin. Le gouvernement du Québec sera ouvert. D’ailleurs, un nouveau portail des données ouvertes est prévu pour la semaine prochaine, soit jeudi 28 juin. Votre ministère et organisme voudrait y participer? Quelles données devrait-on publier en premier? Voici des pistes de réflexion.

Documents déjà sur le site

Il ne faut pas toujours chercher très loin. Vous publiez sans doute déjà des tableaux HTML sur votre site? Publiez-vous des documents PDF avec des statistiques? Les informations sont déjà rendues publiques. Il n’y a même pas d’autorisations supplémentaires à obtenir de plus haut. On change juste de format de fichier.

Il suffit de publier les feuilles de calcul contenant les données brutes qui ont servi à produire ces documents sur le portail de données ouvertes. Faites une recherche Google sur votre site par type de fichier (Excel, CSV, PDF) pour trouver ces documents. Si vous compilez des statistiques quant à leur téléchargement, vous serez en mesure de connaître les plus populaires à traiter en priorité.

Les demandes d’accès à l’information fréquentes

Une demande d’accès est un processus souvent stressant. Il doit être répondu dans les 30 jours. Parfois, le demandeur est un habitué et demande fréquemment la même chose à répétition. Enlevez-vous ce stress en publiant ces données sur le web. Il suffira de rediriger le demandeur vers cette nouvelle source.

Analyser les 12 derniers mois de demandes d’accès que vous avez reçues. Les demandes les plus fréquentes devraient vous aiguiller pour identifier des jeux de données qui risquent d’intéresser davantage les citoyens.

La géomatique

Sachez que souvent 90 % des données dans les portails de données ouvertes sont géocodés. Cela signifie que ces jeux de données contiennent un champ du moins avec une identification à un lieu (code postal, adresse, latitude et longitude). Ces données ont un important potentiel de croisement avec d’autres jeux de données provenant d’ailleurs.

Les rapports de gestion

Les rapports produits pour les gestionnaires de votre organisation sont souvent des compilations de statistiques compréhensibles pour la plupart. Pourquoi ne pas publier les données brutes qui ont servi à créer ces rapports de gestion? S’ils sont parlant à des cadres, ils le seront tout autant pour la population. Les efforts pour les créer sont déjà entrepris, il suffit de les adapter en fichier ouvert.

Vos trésors méconnus

L’expression peut paraître drôle, mais souvent vous ou vos collègues êtes au fait de banques de données géniales méconnues de la population en général. Ce sont souvent des données recueillies par un système informatique quelconque et une fois traitées, elles sont archivées sur les serveurs. En les publiant ouvertement sur le web, ils pourront retrouver une seconde utilité souvent surprenante.

Les premiers pas

En conclusion, il ne faut pas chercher de midi à quatorze heures pour identifier des données. Commencez avec ce qui est déjà extrait ou sur quoi on produit déjà des rapports. Elles sont autant pertinentes pour l’interne que l’externe.

C’est toujours le premier pas qui est difficile à faire. Commencez avec des données les moins controversées. Évitez d’effrayer la gestion avec des jeux sur lesquelles ils hésiteront. Avec le temps, ça sera qu’une formalité d’ajouter d’autres jeux de donnés.

Il faut commencer quelque part. Commencez petit, mais commencez.

Nicolas Roberge, président de Evollia et cofondateur de Capitale Ouverte
Collaboration spéciale

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Biographie de Nicolas Roberge : Nicolas est concepteur de solutions informatiques d’affaires électroniques. Organisateur de CloudCamp et du WebCamp Québec, il est aujourd’hui président et conseiller stratégique chez Evollia. Il a également cofondé en 2011 le groupe citoyen Capitale Ouverte qui milite en faveur de la libération des données civiques.

Catégories :Données ouvertes

Entrevue avec Jean-François Gauthier du collectif Démocratie Ouverte

Tout comme Montréal Ouvert, Capitale Ouverte, Gatineau Ouverte et plus récemment Québec Ouvert, Démocratie Ouverte est un collectif de citoyens qui fait la promotion des principes du gouvernement ouvert et transparent.

Mais en quoi ce groupe est-il différent des autres et quels sont ses objectifs? Le 5 juin dernier, notre équipe de reportage a rencontré Jean-François Gauthier, un des membres fondateurs de Démocratie Ouverte, afin qu’il nous présente ce regroupement de citoyens. Voici cette entrevue vidéo.

Pour en savoir plus sur Démocratie Ouverte :

Autre lien (mentionné par Jean-François durant l’entrevue) :

Merci à Patrick Byrne qui était à la caméra (iPad) lors de l’enregistrement.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

Le rapport Gautrin: une vision de l’intérieur.

« Le Web 2.0, au gouvernement, n’est pas un projet technologique, mais un ensemble de changements de pratiques, rendus possibles, voire nécessaires, grâce au développement de nouvelles applications. » – Monsieur Henri-François Gautrin

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L’aventure Gautrin du mandat d’analyse jusqu’au dévoilement du rapport « Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliora-t-il les services aux citoyens? ». Une aventure qui ouvre la porte maintenant à des actions concrètes annoncées lors de la conférence de presse du 2 mai dernier.

Joëlle Bernard, l’une des ressources clés qui a travaillé avec M. Gautrin, nous présente les grandes lignes des travaux de l’équipe, les principales recommandations du rapport et les annonces gouvernementales en matière de gouvernement ouvert.

Les événements en bref

Vous vous rappelez du mandat? M. Henri-François Gautrin, député de Verdun et leader parlementaire adjoint du gouvernement, a été mandaté pour mener des travaux sur l’utilisation du Web 2.0 au gouvernement et proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.

En février 2012, le rapport a été déposé officiellement à l’Assemblée nationale et une démarche a été entamée par l’appareil gouvernemental afin de répondre aux recommandations. Le 2 mai dernier, le rapport a été rendu public, et cela, avec une position gouvernementale qui annonce des actions à venir très concrètes.

Plusieurs craignaient que ce rapport soit tabletté, détrompez-vous! «Le gouvernement s’engage à mettre en oeuvre toutes les recommandations du rapport Gautrin», a affirmé Mme Courchesne lors de la conférence de presse. Bonne nouvelle!

Le rapport

« Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliorera-t-il les services aux citoyens ? »

Couverture du rapport Gouverner ensemble.

Couverture du rapport Gouverner ensemble.

Le rapport présente 32 recommandations sur les questions de transparence gouvernementale, de participation citoyenne et de collaboration entre les employés de l’État. Il est le fruit d’une vaste consultation, d’abord sous forme traditionnelle auprès des dirigeants de la fonction publique québécoise, puis sous forme de débat sur Internet auprès des employés de l’État et du grand public.

Il se divise en trois parties :

1. « Qu’est-ce que c’est ? » : Le Web 2.0 dans les autres pays et au Québec

La première partie explicite les concepts, expose les expériences d’autres gouvernements et relate les essais tentés au gouvernement du Québec

2. « Pourquoi » : Un gouvernement 2.0

La seconde partie établit les attentes quant à l’utilisation du Web 2.0, soient :

  • une plus grande transparence dans l’action gouvernementale;
  • une participation accrue des citoyens à la gestion de l’État ;
  • une meilleure collaboration entre les acteurs de la fonction publique.

3. «Comment ? » : La mise en oeuvre du gouvernement 2.0

La troisième partie aborde les moyens de mise en œuvre de cette vaste transformation, les questions de gouvernance, les problèmes de sécurité et enfin, la problématique de la fracture numérique.

Les stratégies d’action qui sont proposées offrent des possibilités bénéfiques pour dynamiser les rapports que le gouvernement entretient avec la population, innover dans la prestation de services, dans les processus et dans les services au personnel.

Constituant un premier pas vers l’atteinte d’un gouvernement ouvert, le rapport repose sur trois grands principes :

TRANSPARENCE GOUVERNEMENTALE

  • Donner un plus grand accès aux données gouvernementales de façon progressive
  • Divulguer de façon proactive les données d’intérêt publiques sur un site unique (exclusion des données à caractère personnel)
  • Accès aux données dans un format utilisable, libre et compatible avec des logiciels de traitement de données

Exemple de la Colombie-Britannique:

La Colombie-Britannique a créé DATABC un site qui contient les ensembles de données divulguées par les ministères et organismes et une plateforme interactive destinée aux citoyens.

PARTICIPATION CITOYENNE

  • Stimuler et favoriser la participation citoyenne
  • Changer le rapport entre le gouvernement et le citoyen
  • Obtenir une rétroaction et démontrer comment on tient compte des opinions émises
  • Faire appel à lʼintelligence collective pour associer les citoyens à lʼélaboration, au suivi et à l’évaluation des projets gouvernementaux et des services publics.

Exemple des États-Unis:

Site web Challenge.gov

Site Web Challenge.gov du gouvernement fédéral Américain.

Challenge.gov est une plateforme de défi en ligne visant à encourager l’innovation à coût modeste, le partage de connaissances et de solutions pour répondre aux défis de l’État.

COLLABORATION INTERNE

  • Décloisonnement de la fonction publique
  • Participation accrue des employés au sein de leur organisation
  • Accélération de lʼinnovation provenant du personnel
  • Partage dʼinformation et des bonnes pratiques
  • Création de projets de collaboration et de communication (plateformes interactives)

Exemple du Canada:

GCPedia est un Wiki interne des employés du gouvernement fédéral du Canada.

GCPedia est un Wiki interne des employés du gouvernement fédéral du Canada.

GCPedia est un wiki interne du gouvernement canadien qui vise à favoriser la collaboration et le partage de connaissances internes entre les employés de lʼadministration publique.

En plus du rapport, trois annexes supplémentaires sont également disponibles en ligne :

Les actions annoncées

Depuis le dépôt du rapport à l’Assemblée nationale le mandat s’est terminé et l’équipe Gautrin s’est peu à peu dissoute. Un comité de gouvernance a maintenant été mis en place présidé par M. Gautrin et composé du Dirigeant principal de l’information et du Secrétaire à la communication gouvernementale afin de veiller au déploiement du gouvernement ouvert. Un portail de données ouvertes (www.donnees.gouv.qc.ca) est d’ailleurs prévu pour la fin du mois de juin. D’autres actions annoncées: la publication d’un tableau de bord sur l’état de santé des projets informatiques, une plateforme participative (www.defis.gouv.qc.ca) pour renforcer la participation du public à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des services publics. Consulter la liste des actions annoncée le 2 mai au sein du communiqué Le gouvernement du Québec s’engage sur la voie du gouvernement ouvert.

Je vous invite également à suivre les travaux de mise en oeuvre sur Twitter @GouvOuvertQc et surveiller le site Web http://ouvert.gouv.qc.ca.

Vous pouvez également visionner la vidéo « Gouvernement ouvert » créée et animée par l’agence Web Chalifour pour expliquer les grandes lignes du rapport Gautrin sur un gouvernement ouvert au Québec.

P

Participation au groupe Gautrin Web 2.0

C’est au mois de mai 2011 que j’ai intégré l’équipe Gautrin, et ce, dans le cadre de ma maîtrise en analyse et développement des organisations. Je me suis jointe à un petit think tank majoritairement composé de jeunes.

À ce moment, une première consultation avait été réalisée de façon plus tradionnelle et on se préparait à se lancer dans une aventure numérique. Inspiré de la consultation américaine, en un mois seulement, une plateforme a été mise sur pied, prêt pour le lancement de la consultation privée (juin 2011) et peu de temps après pour le lancement de la consultation publique (juillet 2011).

C’est en sollicitant la participation des employés de l’État, du grand public et en collaborant de façon constante avec l’appareil gouvernemental et avec plusieurs collaborateurs que ce projet est devenu une réalité et que le rapport à vu le jour. Et ce, en plus d’une tonne de lectures, de quelques analyses et de rencontres avec des gouvernements étrangers (NY et BC). Je ne dis pas que le chemin de cette aventure est parfait, mais je suis contente du travail accompli compte tenu du peu ressource à notre disposition.

Logo de la consultation Gautrin

Logo Gautrin Web 2.0

Les réseaux Twitter et Facebook ont été mis à contribution pour stimuler la participation, mais aussi favoriser le partage d’information. Au total, environ 900 abonnés au compte Twitter @GautrinWeb2 et 220 au compte Facebook Consultation publique – Gautrin Web 2.0. Pour moi, les réseaux ont été une source de motivation. Ils m’ont permis de me recentrer, de me questionner, de me corriger et surtout d’accéder rapidement aux actualités sur le sujet d’analyse.

Cette aventure, qui par moment m’a coupé le souffle, m’a passionné du début jusqu’à la fin. J’ai constaté, au fur et à mesure qu’on avançait, à quel point ces stratégies une fois déployées pouvaient avoir de l’impact sur la société d’aujourd’hui.

L’équipe a eu la chance d’avoir à sa tête un vétéran aux idées visionnaires, avec une bonne connaissance de l’appareil public qui a accordé à son équipe une très grande confiance. Ce fut un privilège et un plaisir de travailler avec M. Gautrin qui n’a pas eu peur de foncer, de prendre des risques et de travailler de façon collaborative, très proche de son équipe!

Site de la consultation publique

Page d’accueil de la plateforme de consultation publique.

P
Un souhait pour la suite des choses

Mon souhait est de voir l’administration publique se doter d’une vision innovante, commune, ouverte et mobilisatrice où pourra réellement se déployer un gouvernement ouvert. Une vision forte portée par nos hauts dirigeants, mais aussi par l’ensemble des employés. Une administration publique pour le public et avec le public. Un milieu de travail stimulant pour les employés de l’État où la collaboration et l’innovation diminuent lourdeur et peur.

Représentant l’espoir d’un gouvernement plus transparent et responsable, capable de fournir à ses citoyens une forme de gouvernance directe et personnalisée, un gouvernement 2.0 offre de nombreuses possibilités qu’il faut saisir maintenant, à un moment où le déficit démocratique et le cynisme politique semblent réguler la scène.

Le défi maintenant c’est de travailler différemment et ensemble. Le changement ne vient pas sans résistance et sans crainte, et là, appel à tous les leader public, votre persévérance et votre positivisme aideront la cause.

Merci à E-Gouv Québec pour cet espace de parole et merci pour votre collaboration et votre soutien constant au cours de cette aventure.

Salutations à tous les membres de «Gautrin sur le Web 2.0» et bravo à tous ceux qui ont contribué à nos travaux!

En route vers un gouvernement ouvert, ensemble!

Joëlle Bernard, conseillère en développement des compétences, Gouvernement du Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Joëlle Bernard : Dans le cadre de sa maîtrise en analyse et développement des organisations, Joëlle a participé activement aux travaux du groupe Gautrin sur l’utilisation du Web 2.0 par le gouvernement du Québec. Elle est actuellement conseillère en développement des compétences au gouvernement, notamment dans le domaine des TI et de la gestion de projet.


Faire des sites pour mobiles – première partie: Pourquoi faire des sites pour mobiles?

4 juin 2012 4 commentaires

De plus en plus, dans les projets Web, nous nous faisons demander s’il faut tenir compte du mobile, et surtout, comment s’y prendre. Puisque c’est une tendance lourde actuellement, E-Gouv Québec a décidé de vous présenter une série d’articles qui pourront démystifier ce qu’est le mobile et comment nous devrions aborder le sujet.

Cette série se découpe en trois volets:

Il est à noter que ces articles sont principalement destinés au personnel de la fonction publique du gouvernement du Québec, mais il est certain que bien des informations pourront être utiles pour bien d’autres personnes.

De plus, si vous désirez avoir un cours technique sur les méthodes du design adaptatif, vous n’êtes pas au bon endroit. Elles seront abordées en survol, sans plus. Je vous invite à faire quelques recherches plus poussées et peut-être même de regarder des «frameworks» si le coeur vous en dit!

Première partie: Pourquoi faire des sites pour mobiles?

C’est indéniable, on ne peut plus se cacher la tête dans le sable, le mobile est là pour rester. Effectivement, depuis la sortie du premier iPhone de Apple, il y a eu une révolution dans le monde de la consommation d’Internet sur petits appareils.

Alors, pourquoi doit-on faire de sites pour ces appareils? parce que nos utilisateurs sont de plus en plus sur ces plateformes. Selon les calculs, les pays, la langue ou tout autres facteurs, d’ici quelques années, le nombres de bidules électroniques branchés nous permettant d’accéder au Web dépasseront les ordinateurs de bureau. Ainsi, on passera plus de temps et consultera plus de sites sur nos tablettes, téléphones, consoles de jeux portables ou toute autre future variante.

Donc, ça va de soi, nous devons nous assurer que nos sites soient le plus possibles utilisables et adaptés à cette clientèle grandissante. Et détrompez-vous, ce ne sont pas tous des jeunes! Pour preuve, le président Obama a tout récemment déposé une directive obligeant les organisations publiques majeures à offrir des sites pour mobiles d’ici un an! La clientèle justifie le moyen.

Alors, comment s’y prendre? Que doit-on y retrouver? Ces questions, les prochains articles tenteront d’y répondre. Le premier se veut surtout une démystification de ce qu’est le mobile et comment s’y retrouver.

Ok, alors, le mobile, c’est quoi?

La mobilité est une manière relativement récente d’accéder au Web. Traditionnellement, on considérait que l’internaute accéderait au Web par le biais d’un ordinateur de table, avec un écran d’une résolution standard et utiliserait un clavier et une souris.

Une définition simple, voire simpliste, de la mobilité serait la suivante:

Capacité d’accéder au Web sur un appareil tout en permettant à l’internaute de demeurer en mouvement.

Cette définition a plusieurs implications :

  • l’appareil doit être de taille réduite;
  • la méthode d’accès au Web n’est pas définie ou connue;
  • le type d’accès peut être variable;
  • le type d’affichage est variable.

Partant de ce constat, le marché actuel (premier trimestre 2012) est en complète explosion. On retrouve divers appareils pouvant correspondre à cette définition :

  • Feature phone, ou téléphone cellulaire avec fonctions améliorées.
  • Ordiphones ou téléphones intelligents (tailles variables).
  • Tablettes (généralement 10, 9, 7 pouces).
  • Hybrides : Phablets, téléphones intelligents de grande taille ou Padphones, des téléphones qui peuvent être couplés à une tablette.

Figure 1: Un téléphone intelligent, une phablet et une tablette Samsung pour présenter les variantes de tailles. Source Zomgnetwork.com.

Figure 2: Le Padfone®, un padphone de Asus prévu au courant de l’année 2012. Source Asus.com

On pourrait ajouter que de nouvelles technologies pourraient avoir des implications sur ce qu’est la mobilité ou ce que sera la mobilité. On a qu’à penser à la technologie Glass de Google qui pourrait, au même titre que le iPhone en 2007, bouleverser l’univers de la mobilité… ou pas du tout.

Tel que le mentionne Ethan Marcotte, dans son livre « Responsive Web design » :

«… nous concevons pour plus d’appareil, plus de modes de saisie [de données], plus de résolutions [d’écrans] que jamais auparavant. Le Web a évolué au-delà de l’ordinateur de bureau, et on a franchi le point de non-retour. »

Des initiatives, telles que Future Friendly, tente de promouvoir l’ouverture vers l’avenir en concevant des sites qui seront susceptibles de s’adapter aux technologies et aux approches d’accès au Web que l’on ne peut même pas prévoir :

« La rupture ne peut que s’accélérer. La quantité et la diversité d’appareils connectés – dont plusieurs n’ont même pas encore été imaginés – va exploser, tout comme la quantité et la diversité des utilisateurs de ces appareils dans le monde. Nos standards, processus et infrastructures actuels ne pourront tenir le coup. »

Finalement, même le World Wide Web Consortium, via son initiative de mobilité, reconnaît que l’on doit s’assurer d’une portabilité maximale de l’information de façon indépendante de l’appareil utilisé :

«La mission du W3C inclus la nécessité de s’assurer que le Web soit disponible sur le plus d’appareils possible. Avec l’apparition grandissante d’appareils mobiles puissants dernièrement, le rôle du Web comme plateforme de contenu, d’applications et de services prend encore plus d’importance.»

Des fonctions augmentées

L’un des gros avantages de la mobilité, c’est la capacité qu’ont les appareils avec l’ensemble des trucs déjà embarqués. Ainsi, contrairement à un ordinateur de bureau, qui nécessite souvent des ajouts manuels ou bien qui ne possèdent pas tous les mêmes périphériques, on peut considérer que pratiquement tous les appareils mobiles permettent un acccès à ces fonctions:

  • la géolocalisation (GPS);
  • l’appareil photo;
  • le carnet de contacts;
  • le téléphone;
  • les SMS;
  • la reconnaissance vocale;
  • les écrans tactiles…

L’un des avantages indéniables de la mobilité est donc de mettre à profit ces technologies pour aider l’utilisateur à remplir sa tâche. La manière d’utiliser ces fonctions, le moment et les avantages ne feront pas l’objet du présent document car il est difficile de répondre de façon précise à des problèmes encore inconnus et aux méthodes en constante évolution. Voici malgré tout quelques exemples :

  • Alertes par SMS lors que dans une file d’attente (à l’urgence) ou bien lorsqu’un paiement est arrivé (une joie!).
  • Transmettre un document photographié par courriel (plutôt que le numériser).
  • Utiliser le lieu géographique pour trouver le bureau le plus proche (facile, celle-là).

On devrait toujours s’assurer de simplifier la vie de l’internaute. Il est donc souhaitable que soient prises en considération ces technologies lorsqu’un appareil mobile est utilisé pour transiger avec le gouvernement.

Au-delà de la technologie, il y a des gens…

La notion de mobilité va au-delà de la technologie. On parle ici d’une manière totalement nouvelle d’interagir avec l’information, qui peut varier selon des éléments liés :

  • au contexte (le lieu, le temps, l’environnement…);
  • à la technologie;
  • à la tâche à effectuer;
  • à bien d’autres choses…

L’utilisateur qui utilise son mobile le fera généralement pour répondre à un besoin immédiat. Il aura besoin d’une information, de faire une tâche ou bien d’entrer en contact avec quelqu’un immédiatement.

Il est donc important de mettre l’utilisateur au centre et de toujours se rappeler du besoin initial du site. On doit s’assurer que ce qui sera fait remplira le besoin.

L’utilisateur d’un service gouvernemental sur le Web, qu’il soit sur mobile ou non, a un besoin précis. Le site doit y répondre.

Quelle est la situation actuelle du mobile?

Le principal constat que l’on peut faire à la vue de l’écosystème et du marché de la mobilité, c’est qu’il n’y a pas de standard, ni de chemin bien défini. Ce manque de maturité a comme effet que le développement pour mobile est un champ d’expertise en pleine évolution où la majorité des acteurs agissent par essais et erreurs.

L’utilisation des appareils mobiles est exponentiel. Comme le démontre des sondages de la firme Ipsos, la pénétration des appareils intelligents a crû de 10% soit à 34% en janvier 2012, pour une période de seulement six mois.

Effectivement, le marché des téléphones mobiles se convertis rapidement des téléphones traditionnels (feature phones) aux téléphones intelligents (13% d’augmentation) et aux tablettes (66% d’augmentation).

De plus en plus d’utilisateurs d’ordinateurs de bureau faisant face au besoin de changer leur appareil se tourne vers des tablettes, ce qui change la donne. Le prochain graphique démontre l’évolution des marchés au cours des dernières années, on y remarque notamment que, pour la première fois, le marché des PC est en déclin et se partage approximativement 50/50 avec le marché mobile, qui, lui est en explosion.

Figure 3: Évolution du marché traditionnel versus les marchés mobiles au cours des dernières années. Source gigaom.com


Que doit-on en conclure?

Voilà, que faut-il conclure de tout ce charabia? En fait, le mobile est là pour rester, et il est éclaté, voire complètement anarchique. Ainsi :

  • le marché est en constante évolution et en changement, au profit des appareils mobiles;
  • il n’y a pas de standards de conception, de systèmes d’exploitation, de tailles d’écrans ou bien de fonctionnalités;
  • le Web mobile est là pour rester et les utilisateurs seront de plus en plus nombreux à accéder au Web par mobiles;
  • les appareils mobiles disposent d’avantages indéniables et de limitations parfois fâcheuses…

Ainsi, il n’y a pas de standards sur la conception de sites pour mobiles, mais on se doit de satisfaire cette clientèle grandissante. Le prochain article vous présentera les choix qui s’offrent à vous pour concevoir vos sites pour mobiles, car, même Barack Obama le dit: les grandes organisations doivent faire des sites qui seront utilisables pour téléphones intelligents!

Ne manquez pas le prochain article sur le même sujet :  Quelle sont les options techniques?

Thierry Goulet, stratège Web, Gouvernement du Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Thierry Goulet : Thierry est stratège Web au gouvernement du Québec. Il est un passionné du Web, des technos et, surtout, il tente de faire avancer le gouvernement dans son utilisation des technologies pour rendre des services aux citoyens. Vous pouvez aussi le lire  sur son blogue.

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