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Archive for the ‘Gouvernement en ligne’ Category

Au tour d’Option nationale de répondre à nos questions

Le 23 août dernier, en collaboration avec l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte, nous avons publié l’article Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale. Ce billet contenait 6 questions qui s’adressaient aux principales formations politiques en campagne électorale.

En plus de diffuser l’article sur nos réseaux, nous avons fait parvenir les questions par courriel à la Coalition Avenir Québec, à Option Nationale, au Parti Libéral du Québec, au Parti Québécois, à Québec solidaire et au Parti vert du Québec.

Québec Solidaire a répondu à nos questions le 24 août. Nous avons reçu le 29 août cette réponse de Denis Monière et Pierre Cloutier d’Option nationale.

Selon les statuts de notre parti, l’instance souveraine d’Option nationale est le congrès qui se réunit au moins une fois à tous les 3 ans. Le Congrès adopte le programme du parti et ses grands textes d’orientation.

Lors de son congrès de fondation, les membres d’Option nationale, réunis en congrès ont adopté 66 propositions divisées en 6 grands thèmes que sont l’indépendance, l’économie, l’éducation, la santé, l’identité, la langue, la culture et la démocratie. Vous trouverez ici ce programme que l’on appelle aussi « plate-forme »

Lors de ce congrès, vous comprendrez aisément que nous n’avons pas pu, comme nous l’aurions souhaité, traiter en profondeur tous les sujets qui peuvent se présenter dans une société aussi complexe que la nôtre. Les membres doivent faire des choix et surtout doivent adopter des propositions qui leur semblent prioritaires et qui permettent à la population de comprendre facilement les grandes orientations du parti.

Ainsi, les 6 questions que vous nous posez n’ont pas été traitées de façon spécifique par nos membres lors de son congrès, de sorte qu’il est impossible d’y répondre de façon unilatérale et engageante pour le parti sans tomber dans ce qu’on reproche le plus aux partis traditionnels, à savoir la langue de bois et les fausses promesses électorales.

Cependant il est raisonnable de croire que les préoccupations que vous soulevez dans vos questions pourraient recevoir chez nos membres un accueil favorable puisqu’ils ont adopté, lors de congrès, 2 propositions qui sont pertinentes à ces préoccupations.

La 1re proposition adoptée dans ce domaine par nos membres traite de l’Internet haute-vitesse. Elle se lit comme suit :

2.3 Un gouvernement d’Option nationale fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés reconnaissant le fait que cette technologie est aujourd’hui un outil de communication, d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique.

La 2e proposition pertinente à vos préoccupations se lit comme suit :

6.6 Un gouvernement d’Option nationale mettra sur pied une Commission nationale de la démocratie participative dont le rôle sera d’étudier, de proposer, de développer, d’encourager et d’encadrer, tant aux échelles nationale, régionale que locale, divers mécanismes et initiatives (citoyennes) dans le domaine économique, (social) et politique.

Donc, vous avez ici, à travers ces 2 propositions, une vue générale de l’orientation ou  de la « philosophe » générale de notre parti dans ce domaine d’activités : développement de l’Internet haute-vitesse et sa reconnaissance comme outil non seulement de communication, mais également d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique d’une part et, d’autre part, mise en place d’un instrument public de développement de la démocratie participative.

Ces 2 éléments de l’orientation générale de notre parti nous permettent raisonnablement de croire que les 6 questions que vous posez pourront recevoir non seulement une réponse favorable de nos membres, mais également des autres instances du parti, comme le conseil national, le bureau national ou la Chefferie.

Fort de cette conviction, nous vous invitons en conséquence à garder le contact avec nous afin de mieux nous aider à vous aider dans vos démarches.

Merci à l’équipe d’Option nationale et bonne fin de campagne!

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

L’équipe de Québec solidaire répond à nos questions

Le 23 août dernier, en collaboration avec l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte, nous avons publié l’article Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale. Ce billet contenait 6 questions qui s’adressaient aux principales formations politiques en campagne électorale.

En plus de diffuser l’article sur nos réseaux, nous avons fait parvenir les questions par courriel à la Coalition Avenir Québec, à Option Nationale, au Parti Libéral du Québec, au Parti Québécois, à Québec solidaire et au Parti vert du Québec.

Les premières réponses sont arrivées le 24 août de la part de l’équipe de Québec solidaire (QS). Tel que convenu, nous publions leurs réponses de façon intégrale.

  1. Croyez-vous que la diffusion pro-active de l’information publique (données sur les contrats, suivi des grands projets, information budgétaire, statistiques, rapports d’inspection, etc.) pourrait aider à lutter contre la corruption en favorisant entre autres la participation citoyenne?
    • Réponse QS : Fondamentalement, la diffusion pro-active de l’information publique est une bonne chose et donc souhaitable. Néanmoins, sans moyen pour que les citoyens participent directement aux prises de décisions des différents paliers gouvernementaux, cette information ne contribue pas à elle seule à assurer une meilleure gestion publique. Québec solidaire entend aller plus loin. Dans notre programme, nous proposons d’intégrer des mécanismes de démocratie participative permettant aux utilisatrices et utilisateurs, aux travailleuses et travailleurs des services publics, aux communautés locales et régionales et aux organismes communautaires de déterminer les priorités locales et régionales ainsi que les ressources qui y sont consacrées.
  2. Croyez-vous que les employés de l’État devraient avoir accès aux réseaux sociaux dans le cadre de leur travail afin d’améliorer la productivité et stimuler l’innovation ?
    • Réponse QS : Bien que Québec solidaire n’ait pas de position formelle sur le sujet, nous reconnaissons que certaines communautés scientifiques sont bien présentes sur les réseaux sociaux, qui deviennent ainsi des outils de communication incontournables pour être au fait des derniers débats, publications et innovations dans une foule de domaines. Il serait donc effectivement utile que les fonctionnaires participent à la discussion.
  3. Êtes-vous prêts à permettre la participation active des citoyens aux décisions publiques à travers les nouveaux outils numériques disponibles?
    • Réponses QS : Oui, notamment en suivant l’exemple de l’Islande qui en a fait abondamment usage lors de sa propre démarche d’Assemblée constituante.
  4. Êtes-vous prêts à baser la réorganisation de l’administration publique sur les trois principes du gouvernement ouvert qui sont la transparence, la participation et  la collaboration?
    • Réponse QS : Oui, voyez nos propositions en matière de gestion démocratique des services publics expliquées précédemment.
  5. Êtes-vous prêts à prendre les mesures nécessaires pour permettre au gouvernement de bénéficier de l’intelligence collective pour appuyer la résolution des grands enjeux de l’État? Si oui, êtes-vous disposés à rendre accessible les données publiques requises?
    • Réponse QS : Nous appuyons entièrement l’ouverture des données publiques dans une perspective de démocratisation de la gestion des services publics.
  6. Puisque vous aurez à établir une stratégie numérique pour le Québec, êtes-vous favorables à la mise en place d’un ministère du numérique dédié entièrement à sa mise en œuvre ?
    • Réponse QS : Ce serait à étudier, mais nous y sommes ouverts.

Merci à l’équipe de Québec solidaire et bonne fin de campagne!

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale

Dans le cadre de la présente campagne électorale au Québec, l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte et le groupe de veille E-Gouv Québec ont mis en commun leurs idées afin de soumettre aux partis en présence une série de questions sur le enjeux numériques et le gouvernement ouvert.

Dans un esprit non partisan, ces questions seront envoyées aux principaux partis politiques (Coalition Avenir Québec, Option NationaleParti Libéral du Québec, Parti Québécois, Québec solidaire et Parti vert du Québec) afin de leur permettre de nous répondre ou même de prendre des engagements. Par la suite, nous nous engageons à diffuser l’intégralité des réponses reçues à travers nos réseaux avant le 4 septembre prochain.

N’hésitez pas à commenter ces questions ou les partager, ce serait bien que ces enjeux deviennent viraux!

Bonne lecture!

Questions à nos prochains gouvernants

  1. Croyez-vous que la diffusion pro-active de l’information publique (données sur les contrats, suivi des grands projets, information budgétaire, statistiques, rapports d’inspection, etc.) pourrait aider à lutter contre la corruption en favorisant entre autres la participation citoyenne?
  2. Croyez-vous que les employés de l’État devraient avoir accès aux réseaux sociaux dans le cadre de leur travail afin d’améliorer la productivité et stimuler l’innovation ?
  3. Êtes-vous prêts à permettre la participation active des citoyens aux décisions publiques à travers les nouveaux outils numériques disponibles?
  4. Êtes-vous prêts à baser la réorganisation de l’administration publique sur les trois principes du gouvernement ouvert qui sont la transparence, la participation et  la collaboration?
  5. Êtes-vous prêts à prendre les mesures nécessaires pour permettre au gouvernement de bénéficier de l’intelligence collective pour appuyer la résolution des grands enjeux de l’État? Si oui, êtes-vous disposés à rendre accessible les données publiques requises?
  6. Puisque vous aurez à établir une stratégie numérique pour le Québec, êtes-vous favorables à la mise en place d’un ministère du numérique dédié entièrement à sa mise en œuvre ?

Mise à jour :

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

Élections provinciales : quelle place accorderont les partis politiques au gouvernement ouvert et 2.0?

Dans quelques heures, les principaux partis politiques aspirant à former le prochain gouvernement du Québec dévoileront leur programme électoral.  E-Gouv Québec a voulu savoir quelle place accordent ces partis aux enjeux découlant des communications numériques. Nous avons exploré leurs programmes et plateformes actuels, en attente du contenu de leur programme électoral « officiel ».

Le rapport Gouverner ensemble de l’équipe du député de Verdun, Henri-François Gautrin, a-t-il des chances de « survivre » au rendez-vous électoral, voire d’inspirer un futur plan numérique ou une stratégie de communication 2.0? Les formations politiques québécoises sont peu éloquentes et explicites quant à d’éventuelles mesures à prendre pour susciter de véritables échanges sur le Web entre gouvernement et citoyens et pour encourager la participation de ces derniers aux décisions gouvernementales d’importance. Pas un mot non plus sur l’utilisation des technologies pour augmenter la « performance » de l’administration publique québécoise ou pour en accroître l’attraction.

À ce jour, le rapport Gautrin constitue la proposition la plus concrète pour les spécialistes du Web au gouvernement du Québec.

Le Parti libéral du Québec: ouverture des données gouvernementales et encadrement de la participation citoyenne

Dans sa réflexion thématique sur la création de la richesse dévoilée lors de son 31e Congrès des membres les 21, 22 et 23 octobre 2011 (Canaliser les énergies du Québec), le parti gouvernemental propose « d’utiliser les possibilités du Web 2.0 pour améliorer les services offerts à la population et les échanges avec les citoyens » (proposition 22). Cette amélioration verrait le jour à l’aide de 2 mesures, ainsi énoncées :

  • « de rendre publique les données gouvernementales » en « [mandatant] un organisme central comme la Bibliothèque nationale ou l’Institut de la statistique pour mettre ces données à la disposition du public dans un format uniforme de façon à simplifier la recherche de l’information . Tous les ministères et organismes doivent être mis à contribution. Le changement devrait pouvoir être terminé dans un délai d’une année; »

  • d’encadrer la participation citoyenne afin que la population puisse directement contribuer à l’élaboration de politiques publiques. Une directive qui encadrera la participation citoyenne devra être produite d’ici un an, incluant des mesures pour assurer la sécurité des transactions ».

Ces recommandations sont incluses dans le récent « rapport Gautrin », qui a conduit le 2 mai 2012, à la mise en oeuvre des premières bases du « Gouvernement ouvert » tels que la mise en ligne du portail de données ouvertes du gouvernement du Québec le 28 juin dernier.

Le Parti québécois: combler la fracture numérique et s’ouvrir aux logiciels libres

Dans son programme Agir en toute liberté, adopté lors du 16e congrès national du parti les 15,16 et 17 avril 2011, le Parti québécois évoque une première fois la question de l’Internet alors qu’il annonce ses intentions en matière de « rayonnement culturel ». La formation de Pauline Marois annonce ainsi qu’elle « reprendra l’ensemble des pouvoirs et des budgets en matière de culture et de communications actuellement contrôlés par le gouvernement fédéral », notamment en

  • « assurant l’accès à la téléphonie sans fil et à Internet haute vitesse sur l’ensemble du territoire québécois;

  • créant, dans Internet, un nom de domaine québécois ».

Aspirant par ailleurs à la création d’un État performant et responsable, le Parti québécois s’engage à élargir « les appels d’offres informatiques aux logiciels libres » et à instaurer « dès son arrivée un groupe conseil, libre d’intérêts particuliers, pour le guider sur le virage à prendre ». S’il évoque la transparence dans une volonté de rendre public la rémunération des hauts fonctionnaires et des « directions de société d’état » et d’en débattre, le parti souverainiste ne mentionne pas les données ouvertes dans son programme.

Coalition avenir Québec: engagement en faveur d’un gouvernement ouvert

Les 21 et 22 avril 2012, les membres de la Coalition avenir Québec réunis en congrès de fondation ont adopté 54 propositions sous le thème « Relançons le Québec ensemble et maintenant ». Aspirant à « tenir les Québécois informés de l’état des finances publiques de manière complète et transparente » (proposition 28), les caquistes miseront entre autres, pour atteindre cet objectif, sur « l’adoption d’une politique de gouvernement ouvert à travers la création d’une plate-forme de publication de données ouvertes, libre et accessible ». Nous nous permettons donc de supposer qu’ils appuieront eux aussi le récent portail de données ouvertes du gouvernement du Québec.

Option nationale: Internet sur tout le territoire québécois

Combler la fracture numérique constitue aussi un objectif pour Option nationale. Dans sa plateforme de fondation adoptée le 25 février 2012, la formation politique de Jean-René Aussant énonce qu’elle « fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés, reconnaissant le fait que cette technologie est aujourd’hui un outil de communication, d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique ».

On milite aussi en faveur de la mise sur pied d’une « Commission nationale de la démocratie participative dont le rôle sera d’étudier, de proposer, de développer, d’encourager et d’encadrer, tant aux échelles nationale, régionale que locale, divers mécanismes et initiatives dans les domaines économique et politique ». Le parti ne précise toutefois pas si cette commission recourra aux médias sociaux ou à d’autres moyens de communication numérique pour parvenir à ses fins.

Québec solidaire et Parti vert du Québec : silence sur les enjeux 2.0

Les documents constituant le programme de Québec solidaire ne contiennent aucune référence aux enjeux découlant du gouvernement ouvert et 2.0. Silence aussi sur ces enjeux dans la Plateforme électorale 2012 du Parti vert du Québec.

E-Gouv Québec en veille électorale

Nous l’avons déjà remarqué depuis quelques semaines, les politiciens utiliseront les réseaux sociaux durant la campagne électorale. Mais est-ce que les différents partis traiteront et se positionneront sur les enjeux tels que le gouvernement ouvert, le plan «nerd» (déploiement d’une stratégie numérique nationale), les logiciels libres et les autres sujets reliés à la démocratie ouverte, aux communications numériques et aux technologies de l’information?

L’équipe de E-Gouv Québec veillera et sera attentive aux discussions et échanges sur ces questions pendant cette campagne électorale parce qu’entre autres, nous ne sommes pas convaincus que les grands médias s’attarderont à ce sujet qui touche pourtant toutes les sphères de notre société et aussi, parce que ces questions nous passionnent.

Et vous, vous en pensez quoi? Faites-nous part de vos commentaires, vos observations, vos questions et si vous militez pour un parti politique, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées tout en vous identifiant clairement. 🙂

Bonne campagne électorale à tous et toutes!

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

Entrevue avec Jean-François Gauthier du collectif Démocratie Ouverte

Tout comme Montréal Ouvert, Capitale Ouverte, Gatineau Ouverte et plus récemment Québec Ouvert, Démocratie Ouverte est un collectif de citoyens qui fait la promotion des principes du gouvernement ouvert et transparent.

Mais en quoi ce groupe est-il différent des autres et quels sont ses objectifs? Le 5 juin dernier, notre équipe de reportage a rencontré Jean-François Gauthier, un des membres fondateurs de Démocratie Ouverte, afin qu’il nous présente ce regroupement de citoyens. Voici cette entrevue vidéo.

Pour en savoir plus sur Démocratie Ouverte :

Autre lien (mentionné par Jean-François durant l’entrevue) :

Merci à Patrick Byrne qui était à la caméra (iPad) lors de l’enregistrement.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

Le rapport Gautrin: une vision de l’intérieur.

« Le Web 2.0, au gouvernement, n’est pas un projet technologique, mais un ensemble de changements de pratiques, rendus possibles, voire nécessaires, grâce au développement de nouvelles applications. » – Monsieur Henri-François Gautrin

L
L’aventure Gautrin du mandat d’analyse jusqu’au dévoilement du rapport « Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliora-t-il les services aux citoyens? ». Une aventure qui ouvre la porte maintenant à des actions concrètes annoncées lors de la conférence de presse du 2 mai dernier.

Joëlle Bernard, l’une des ressources clés qui a travaillé avec M. Gautrin, nous présente les grandes lignes des travaux de l’équipe, les principales recommandations du rapport et les annonces gouvernementales en matière de gouvernement ouvert.

Les événements en bref

Vous vous rappelez du mandat? M. Henri-François Gautrin, député de Verdun et leader parlementaire adjoint du gouvernement, a été mandaté pour mener des travaux sur l’utilisation du Web 2.0 au gouvernement et proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.

En février 2012, le rapport a été déposé officiellement à l’Assemblée nationale et une démarche a été entamée par l’appareil gouvernemental afin de répondre aux recommandations. Le 2 mai dernier, le rapport a été rendu public, et cela, avec une position gouvernementale qui annonce des actions à venir très concrètes.

Plusieurs craignaient que ce rapport soit tabletté, détrompez-vous! «Le gouvernement s’engage à mettre en oeuvre toutes les recommandations du rapport Gautrin», a affirmé Mme Courchesne lors de la conférence de presse. Bonne nouvelle!

Le rapport

« Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliorera-t-il les services aux citoyens ? »

Couverture du rapport Gouverner ensemble.

Couverture du rapport Gouverner ensemble.

Le rapport présente 32 recommandations sur les questions de transparence gouvernementale, de participation citoyenne et de collaboration entre les employés de l’État. Il est le fruit d’une vaste consultation, d’abord sous forme traditionnelle auprès des dirigeants de la fonction publique québécoise, puis sous forme de débat sur Internet auprès des employés de l’État et du grand public.

Il se divise en trois parties :

1. « Qu’est-ce que c’est ? » : Le Web 2.0 dans les autres pays et au Québec

La première partie explicite les concepts, expose les expériences d’autres gouvernements et relate les essais tentés au gouvernement du Québec

2. « Pourquoi » : Un gouvernement 2.0

La seconde partie établit les attentes quant à l’utilisation du Web 2.0, soient :

  • une plus grande transparence dans l’action gouvernementale;
  • une participation accrue des citoyens à la gestion de l’État ;
  • une meilleure collaboration entre les acteurs de la fonction publique.

3. «Comment ? » : La mise en oeuvre du gouvernement 2.0

La troisième partie aborde les moyens de mise en œuvre de cette vaste transformation, les questions de gouvernance, les problèmes de sécurité et enfin, la problématique de la fracture numérique.

Les stratégies d’action qui sont proposées offrent des possibilités bénéfiques pour dynamiser les rapports que le gouvernement entretient avec la population, innover dans la prestation de services, dans les processus et dans les services au personnel.

Constituant un premier pas vers l’atteinte d’un gouvernement ouvert, le rapport repose sur trois grands principes :

TRANSPARENCE GOUVERNEMENTALE

  • Donner un plus grand accès aux données gouvernementales de façon progressive
  • Divulguer de façon proactive les données d’intérêt publiques sur un site unique (exclusion des données à caractère personnel)
  • Accès aux données dans un format utilisable, libre et compatible avec des logiciels de traitement de données

Exemple de la Colombie-Britannique:

La Colombie-Britannique a créé DATABC un site qui contient les ensembles de données divulguées par les ministères et organismes et une plateforme interactive destinée aux citoyens.

PARTICIPATION CITOYENNE

  • Stimuler et favoriser la participation citoyenne
  • Changer le rapport entre le gouvernement et le citoyen
  • Obtenir une rétroaction et démontrer comment on tient compte des opinions émises
  • Faire appel à lʼintelligence collective pour associer les citoyens à lʼélaboration, au suivi et à l’évaluation des projets gouvernementaux et des services publics.

Exemple des États-Unis:

Site web Challenge.gov

Site Web Challenge.gov du gouvernement fédéral Américain.

Challenge.gov est une plateforme de défi en ligne visant à encourager l’innovation à coût modeste, le partage de connaissances et de solutions pour répondre aux défis de l’État.

COLLABORATION INTERNE

  • Décloisonnement de la fonction publique
  • Participation accrue des employés au sein de leur organisation
  • Accélération de lʼinnovation provenant du personnel
  • Partage dʼinformation et des bonnes pratiques
  • Création de projets de collaboration et de communication (plateformes interactives)

Exemple du Canada:

GCPedia est un Wiki interne des employés du gouvernement fédéral du Canada.

GCPedia est un Wiki interne des employés du gouvernement fédéral du Canada.

GCPedia est un wiki interne du gouvernement canadien qui vise à favoriser la collaboration et le partage de connaissances internes entre les employés de lʼadministration publique.

En plus du rapport, trois annexes supplémentaires sont également disponibles en ligne :

Les actions annoncées

Depuis le dépôt du rapport à l’Assemblée nationale le mandat s’est terminé et l’équipe Gautrin s’est peu à peu dissoute. Un comité de gouvernance a maintenant été mis en place présidé par M. Gautrin et composé du Dirigeant principal de l’information et du Secrétaire à la communication gouvernementale afin de veiller au déploiement du gouvernement ouvert. Un portail de données ouvertes (www.donnees.gouv.qc.ca) est d’ailleurs prévu pour la fin du mois de juin. D’autres actions annoncées: la publication d’un tableau de bord sur l’état de santé des projets informatiques, une plateforme participative (www.defis.gouv.qc.ca) pour renforcer la participation du public à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des services publics. Consulter la liste des actions annoncée le 2 mai au sein du communiqué Le gouvernement du Québec s’engage sur la voie du gouvernement ouvert.

Je vous invite également à suivre les travaux de mise en oeuvre sur Twitter @GouvOuvertQc et surveiller le site Web http://ouvert.gouv.qc.ca.

Vous pouvez également visionner la vidéo « Gouvernement ouvert » créée et animée par l’agence Web Chalifour pour expliquer les grandes lignes du rapport Gautrin sur un gouvernement ouvert au Québec.

P

Participation au groupe Gautrin Web 2.0

C’est au mois de mai 2011 que j’ai intégré l’équipe Gautrin, et ce, dans le cadre de ma maîtrise en analyse et développement des organisations. Je me suis jointe à un petit think tank majoritairement composé de jeunes.

À ce moment, une première consultation avait été réalisée de façon plus tradionnelle et on se préparait à se lancer dans une aventure numérique. Inspiré de la consultation américaine, en un mois seulement, une plateforme a été mise sur pied, prêt pour le lancement de la consultation privée (juin 2011) et peu de temps après pour le lancement de la consultation publique (juillet 2011).

C’est en sollicitant la participation des employés de l’État, du grand public et en collaborant de façon constante avec l’appareil gouvernemental et avec plusieurs collaborateurs que ce projet est devenu une réalité et que le rapport à vu le jour. Et ce, en plus d’une tonne de lectures, de quelques analyses et de rencontres avec des gouvernements étrangers (NY et BC). Je ne dis pas que le chemin de cette aventure est parfait, mais je suis contente du travail accompli compte tenu du peu ressource à notre disposition.

Logo de la consultation Gautrin

Logo Gautrin Web 2.0

Les réseaux Twitter et Facebook ont été mis à contribution pour stimuler la participation, mais aussi favoriser le partage d’information. Au total, environ 900 abonnés au compte Twitter @GautrinWeb2 et 220 au compte Facebook Consultation publique – Gautrin Web 2.0. Pour moi, les réseaux ont été une source de motivation. Ils m’ont permis de me recentrer, de me questionner, de me corriger et surtout d’accéder rapidement aux actualités sur le sujet d’analyse.

Cette aventure, qui par moment m’a coupé le souffle, m’a passionné du début jusqu’à la fin. J’ai constaté, au fur et à mesure qu’on avançait, à quel point ces stratégies une fois déployées pouvaient avoir de l’impact sur la société d’aujourd’hui.

L’équipe a eu la chance d’avoir à sa tête un vétéran aux idées visionnaires, avec une bonne connaissance de l’appareil public qui a accordé à son équipe une très grande confiance. Ce fut un privilège et un plaisir de travailler avec M. Gautrin qui n’a pas eu peur de foncer, de prendre des risques et de travailler de façon collaborative, très proche de son équipe!

Site de la consultation publique

Page d’accueil de la plateforme de consultation publique.

P
Un souhait pour la suite des choses

Mon souhait est de voir l’administration publique se doter d’une vision innovante, commune, ouverte et mobilisatrice où pourra réellement se déployer un gouvernement ouvert. Une vision forte portée par nos hauts dirigeants, mais aussi par l’ensemble des employés. Une administration publique pour le public et avec le public. Un milieu de travail stimulant pour les employés de l’État où la collaboration et l’innovation diminuent lourdeur et peur.

Représentant l’espoir d’un gouvernement plus transparent et responsable, capable de fournir à ses citoyens une forme de gouvernance directe et personnalisée, un gouvernement 2.0 offre de nombreuses possibilités qu’il faut saisir maintenant, à un moment où le déficit démocratique et le cynisme politique semblent réguler la scène.

Le défi maintenant c’est de travailler différemment et ensemble. Le changement ne vient pas sans résistance et sans crainte, et là, appel à tous les leader public, votre persévérance et votre positivisme aideront la cause.

Merci à E-Gouv Québec pour cet espace de parole et merci pour votre collaboration et votre soutien constant au cours de cette aventure.

Salutations à tous les membres de «Gautrin sur le Web 2.0» et bravo à tous ceux qui ont contribué à nos travaux!

En route vers un gouvernement ouvert, ensemble!

Joëlle Bernard, conseillère en développement des compétences, Gouvernement du Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Joëlle Bernard : Dans le cadre de sa maîtrise en analyse et développement des organisations, Joëlle a participé activement aux travaux du groupe Gautrin sur l’utilisation du Web 2.0 par le gouvernement du Québec. Elle est actuellement conseillère en développement des compétences au gouvernement, notamment dans le domaine des TI et de la gestion de projet.


Faire des sites pour mobiles – première partie: Pourquoi faire des sites pour mobiles?

4 juin 2012 4 commentaires

De plus en plus, dans les projets Web, nous nous faisons demander s’il faut tenir compte du mobile, et surtout, comment s’y prendre. Puisque c’est une tendance lourde actuellement, E-Gouv Québec a décidé de vous présenter une série d’articles qui pourront démystifier ce qu’est le mobile et comment nous devrions aborder le sujet.

Cette série se découpe en trois volets:

Il est à noter que ces articles sont principalement destinés au personnel de la fonction publique du gouvernement du Québec, mais il est certain que bien des informations pourront être utiles pour bien d’autres personnes.

De plus, si vous désirez avoir un cours technique sur les méthodes du design adaptatif, vous n’êtes pas au bon endroit. Elles seront abordées en survol, sans plus. Je vous invite à faire quelques recherches plus poussées et peut-être même de regarder des «frameworks» si le coeur vous en dit!

Première partie: Pourquoi faire des sites pour mobiles?

C’est indéniable, on ne peut plus se cacher la tête dans le sable, le mobile est là pour rester. Effectivement, depuis la sortie du premier iPhone de Apple, il y a eu une révolution dans le monde de la consommation d’Internet sur petits appareils.

Alors, pourquoi doit-on faire de sites pour ces appareils? parce que nos utilisateurs sont de plus en plus sur ces plateformes. Selon les calculs, les pays, la langue ou tout autres facteurs, d’ici quelques années, le nombres de bidules électroniques branchés nous permettant d’accéder au Web dépasseront les ordinateurs de bureau. Ainsi, on passera plus de temps et consultera plus de sites sur nos tablettes, téléphones, consoles de jeux portables ou toute autre future variante.

Donc, ça va de soi, nous devons nous assurer que nos sites soient le plus possibles utilisables et adaptés à cette clientèle grandissante. Et détrompez-vous, ce ne sont pas tous des jeunes! Pour preuve, le président Obama a tout récemment déposé une directive obligeant les organisations publiques majeures à offrir des sites pour mobiles d’ici un an! La clientèle justifie le moyen.

Alors, comment s’y prendre? Que doit-on y retrouver? Ces questions, les prochains articles tenteront d’y répondre. Le premier se veut surtout une démystification de ce qu’est le mobile et comment s’y retrouver.

Ok, alors, le mobile, c’est quoi?

La mobilité est une manière relativement récente d’accéder au Web. Traditionnellement, on considérait que l’internaute accéderait au Web par le biais d’un ordinateur de table, avec un écran d’une résolution standard et utiliserait un clavier et une souris.

Une définition simple, voire simpliste, de la mobilité serait la suivante:

Capacité d’accéder au Web sur un appareil tout en permettant à l’internaute de demeurer en mouvement.

Cette définition a plusieurs implications :

  • l’appareil doit être de taille réduite;
  • la méthode d’accès au Web n’est pas définie ou connue;
  • le type d’accès peut être variable;
  • le type d’affichage est variable.

Partant de ce constat, le marché actuel (premier trimestre 2012) est en complète explosion. On retrouve divers appareils pouvant correspondre à cette définition :

  • Feature phone, ou téléphone cellulaire avec fonctions améliorées.
  • Ordiphones ou téléphones intelligents (tailles variables).
  • Tablettes (généralement 10, 9, 7 pouces).
  • Hybrides : Phablets, téléphones intelligents de grande taille ou Padphones, des téléphones qui peuvent être couplés à une tablette.

Figure 1: Un téléphone intelligent, une phablet et une tablette Samsung pour présenter les variantes de tailles. Source Zomgnetwork.com.

Figure 2: Le Padfone®, un padphone de Asus prévu au courant de l’année 2012. Source Asus.com

On pourrait ajouter que de nouvelles technologies pourraient avoir des implications sur ce qu’est la mobilité ou ce que sera la mobilité. On a qu’à penser à la technologie Glass de Google qui pourrait, au même titre que le iPhone en 2007, bouleverser l’univers de la mobilité… ou pas du tout.

Tel que le mentionne Ethan Marcotte, dans son livre « Responsive Web design » :

«… nous concevons pour plus d’appareil, plus de modes de saisie [de données], plus de résolutions [d’écrans] que jamais auparavant. Le Web a évolué au-delà de l’ordinateur de bureau, et on a franchi le point de non-retour. »

Des initiatives, telles que Future Friendly, tente de promouvoir l’ouverture vers l’avenir en concevant des sites qui seront susceptibles de s’adapter aux technologies et aux approches d’accès au Web que l’on ne peut même pas prévoir :

« La rupture ne peut que s’accélérer. La quantité et la diversité d’appareils connectés – dont plusieurs n’ont même pas encore été imaginés – va exploser, tout comme la quantité et la diversité des utilisateurs de ces appareils dans le monde. Nos standards, processus et infrastructures actuels ne pourront tenir le coup. »

Finalement, même le World Wide Web Consortium, via son initiative de mobilité, reconnaît que l’on doit s’assurer d’une portabilité maximale de l’information de façon indépendante de l’appareil utilisé :

«La mission du W3C inclus la nécessité de s’assurer que le Web soit disponible sur le plus d’appareils possible. Avec l’apparition grandissante d’appareils mobiles puissants dernièrement, le rôle du Web comme plateforme de contenu, d’applications et de services prend encore plus d’importance.»

Des fonctions augmentées

L’un des gros avantages de la mobilité, c’est la capacité qu’ont les appareils avec l’ensemble des trucs déjà embarqués. Ainsi, contrairement à un ordinateur de bureau, qui nécessite souvent des ajouts manuels ou bien qui ne possèdent pas tous les mêmes périphériques, on peut considérer que pratiquement tous les appareils mobiles permettent un acccès à ces fonctions:

  • la géolocalisation (GPS);
  • l’appareil photo;
  • le carnet de contacts;
  • le téléphone;
  • les SMS;
  • la reconnaissance vocale;
  • les écrans tactiles…

L’un des avantages indéniables de la mobilité est donc de mettre à profit ces technologies pour aider l’utilisateur à remplir sa tâche. La manière d’utiliser ces fonctions, le moment et les avantages ne feront pas l’objet du présent document car il est difficile de répondre de façon précise à des problèmes encore inconnus et aux méthodes en constante évolution. Voici malgré tout quelques exemples :

  • Alertes par SMS lors que dans une file d’attente (à l’urgence) ou bien lorsqu’un paiement est arrivé (une joie!).
  • Transmettre un document photographié par courriel (plutôt que le numériser).
  • Utiliser le lieu géographique pour trouver le bureau le plus proche (facile, celle-là).

On devrait toujours s’assurer de simplifier la vie de l’internaute. Il est donc souhaitable que soient prises en considération ces technologies lorsqu’un appareil mobile est utilisé pour transiger avec le gouvernement.

Au-delà de la technologie, il y a des gens…

La notion de mobilité va au-delà de la technologie. On parle ici d’une manière totalement nouvelle d’interagir avec l’information, qui peut varier selon des éléments liés :

  • au contexte (le lieu, le temps, l’environnement…);
  • à la technologie;
  • à la tâche à effectuer;
  • à bien d’autres choses…

L’utilisateur qui utilise son mobile le fera généralement pour répondre à un besoin immédiat. Il aura besoin d’une information, de faire une tâche ou bien d’entrer en contact avec quelqu’un immédiatement.

Il est donc important de mettre l’utilisateur au centre et de toujours se rappeler du besoin initial du site. On doit s’assurer que ce qui sera fait remplira le besoin.

L’utilisateur d’un service gouvernemental sur le Web, qu’il soit sur mobile ou non, a un besoin précis. Le site doit y répondre.

Quelle est la situation actuelle du mobile?

Le principal constat que l’on peut faire à la vue de l’écosystème et du marché de la mobilité, c’est qu’il n’y a pas de standard, ni de chemin bien défini. Ce manque de maturité a comme effet que le développement pour mobile est un champ d’expertise en pleine évolution où la majorité des acteurs agissent par essais et erreurs.

L’utilisation des appareils mobiles est exponentiel. Comme le démontre des sondages de la firme Ipsos, la pénétration des appareils intelligents a crû de 10% soit à 34% en janvier 2012, pour une période de seulement six mois.

Effectivement, le marché des téléphones mobiles se convertis rapidement des téléphones traditionnels (feature phones) aux téléphones intelligents (13% d’augmentation) et aux tablettes (66% d’augmentation).

De plus en plus d’utilisateurs d’ordinateurs de bureau faisant face au besoin de changer leur appareil se tourne vers des tablettes, ce qui change la donne. Le prochain graphique démontre l’évolution des marchés au cours des dernières années, on y remarque notamment que, pour la première fois, le marché des PC est en déclin et se partage approximativement 50/50 avec le marché mobile, qui, lui est en explosion.

Figure 3: Évolution du marché traditionnel versus les marchés mobiles au cours des dernières années. Source gigaom.com


Que doit-on en conclure?

Voilà, que faut-il conclure de tout ce charabia? En fait, le mobile est là pour rester, et il est éclaté, voire complètement anarchique. Ainsi :

  • le marché est en constante évolution et en changement, au profit des appareils mobiles;
  • il n’y a pas de standards de conception, de systèmes d’exploitation, de tailles d’écrans ou bien de fonctionnalités;
  • le Web mobile est là pour rester et les utilisateurs seront de plus en plus nombreux à accéder au Web par mobiles;
  • les appareils mobiles disposent d’avantages indéniables et de limitations parfois fâcheuses…

Ainsi, il n’y a pas de standards sur la conception de sites pour mobiles, mais on se doit de satisfaire cette clientèle grandissante. Le prochain article vous présentera les choix qui s’offrent à vous pour concevoir vos sites pour mobiles, car, même Barack Obama le dit: les grandes organisations doivent faire des sites qui seront utilisables pour téléphones intelligents!

Ne manquez pas le prochain article sur le même sujet :  Quelle sont les options techniques?

Thierry Goulet, stratège Web, Gouvernement du Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Thierry Goulet : Thierry est stratège Web au gouvernement du Québec. Il est un passionné du Web, des technos et, surtout, il tente de faire avancer le gouvernement dans son utilisation des technologies pour rendre des services aux citoyens. Vous pouvez aussi le lire  sur son blogue.

Portails de services gouvernementaux aux citoyens : quels usages du Web 2.0 dans le monde ?

Suite à la publication du billet « Portail de services intégrés centré utilisateur : Singapour et l’Angleterre meneurs internationaux », voici trois exemples d’utilisation innovante des fonctionnalités 2.0 au cœur d’un portail Web de services aux citoyens, et leurs conséquences pour un gouvernement qui souhaiterait s’en inspirer.

Singapour, toujours en avance

Singapour propose sur sa page d’accueil un « Rate Our Website », qui devrait se transformer en bouton « Feedback » dans son nouveau site centralisé, mais qui garde la même idée : « Dites-nous ce que vous pensez du site et des informations présentées ».

Cette volonté de dialogue est d’ailleurs reprise et amplifiée par la création du microsite « REACH/Your Say », une plateforme destinée à stimuler la participation des citoyens.

Site Internet REACH/Your Say

Capture d’écran de la page d’accueil du site « REACH/Your Say »

Your Say propose d’avoir accès au compte Twitter, aux pages Facebook et Flickr, à la chaine YouTube REACHSingapore, aux fils RSS, aux contacts courriel et SMS, à des Vodcast, Podcast et Gallery, ainsi qu’à un bouton et un formulaire (identiques) pour réagir (feedback).

Outre le formulaire de feedback, le site propose deux moyens de collecte libre des opinions : un blogue (Blog Us. Par exemple, un article d’un citoyen anonyme « Guest » sur les mensonges des compagnies d’assurance) et un forum (Discussion Forum. Par exemple, une discussion sur la pertinence d’un article réglementaire pointu).

Plus intéressant encore est le fameux TALK ABUZZ, qui fournit un instantané des sujets discutés les plus chauds (Snapshots of Hot Issues. Par exemple, un article faisant état de la préoccupation des Singapouriens suite à des attaques de gangs de rue) mais aussi et surtout le top 5 des réponses de l’administration (Replies to Feedback. Par exemple, un article expliquant les réglementations touchant les habitations).

Le secret ? Les « Public Consultations » avec lesquelles REACH a réellement décollé en 2009, stimulant une véritable discussion constructive du gouvernement vers le citoyen (G2C) mais aussi de citoyens à citoyens (C2C), et qui ont graduellement ferré l’intérêt des citoyens en fournissant des réponses et des actions à leurs préoccupations. Depuis sa création, la participation citoyenne sur REACH a augmenté de 300 %.

Bien que localisés principalement sur le site de discussion du gouvernement singapourien, les médias sociaux font bien partie de la stratégie de développement, comme le présente son Government Social Media Directory. Actuellement en béta, et géré par le Ministry of Information, Communications and the Arts, le site se veut principalement un lieu regroupant les initiatives du type Web 2.0 des différents ministères et organismes (Pages Facebook, Chaînes YouTube, comptes Twitter et Flickr, etc.) avec leur panoplie d’outils de partage sur les médias sociaux. La recherche d’initiatives peut se faire de trois manières : menus déroulants, moteur de recherche et nuage de mots-clefs.

Government Social Media Directory

Capture d’écran du site Internet Government Social Media Directory.

À noter enfin, dans la stratégie du eGovernment, le service OneMap : une plateforme qui fournit des informations géolocalisées. Pas moins de 18 ministères et organismes se sont regroupés pour créer cette base commune de services permettant aux utilisateurs de repérer sur une carte les sujets d’intérêt dans leur environnement immédiat : musées, centres de loisir, garderies, parcs ou terrains de sports… et de trouver la route pour y arriver.

États-Unis : blogue et convivialité

Lieu de rassemblement pour tous les citoyens, entreprises et gouvernements, USA.gov est un portail d’information pas encore totalement intégré, mais bien unique dans le sens où chacun peut y trouver de l’information à partir de cet unique point de départ.

On observe en bas de page une panoplie de médias sociaux destinés à marquer et partager les pages :

Bas de page du blogue

Plusieurs façons de suivre et de partager la page du blogue sur les médias sociaux sont offerts en page de page.

Même si la présentation diffère légèrement d’une page à l’autre, il suffit d’ouvrir « plus d’options » pour se rendre compte que usa.gov propose pas moins de 316 applications du type Web 2.0, mais qui restent des outils de partage et de nouvelles, pas de transactions.

Pour usa.gov, l’interaction s’effectue par le biais de son blogue, sur lequel le gouvernement propose aux citoyens de poser leur question, de manière centralisée :

Formulaire pour soumettre une question

Formulaire pour soumettre une question.

Il choisit ensuite des sujets ou billets déposés et offre une réponse construite.

Le compte Twitter reprend les annonces du gouvernement, la chaine YouTube aborde par thèmes les sujets touchant les citoyens et les entreprises, le compte LinkedIn offre des informations professionnelles et Flickr présente des photos à propos du ministère.

De plus, le président Obama lui-même assure une présence sur les médias sociaux, qu’il utilisait début 2012 pour dialoguer avec les citoyens, sur la plateforme Google+ (President Obama Hangs Out With America).

Hong-Kong : des tutoriels rafraichissants

Hong Kong a mis de gros efforts sur le visuel, offrant aux futurs utilisateurs du dossier intégré MyGovHK un tutoriel vidéo très bien fait, présenté étapes par étapes : View the demo for MyGovHK.

Il a également créé des vidéos YouTube amusantes pour stimuler l’adoption des trucs et astuces de MyGovHK, qui se retrouvent aussi sur la chaine YouTube du gouvernement.

Vidéos amusantes

Les capsules vidéos utilisent le ton humoristique.

D’une manière générale, les médias sociaux sont bien présents, sur chaque page détaillant une procédure ou un programme. S’y trouvent alors des liens de partage par les médias sociaux (dont Xanga, un blogue communautaire), et la possibilité d’envoyer un courriel pour faire part au gouvernement de ses commentaires.

Outils de commentaires

Outils de commentaires.

Quelles pourraient être les meilleurs pratiques à retenir pour les gouvernements ?

Améliorer le dialogue :
Intensifier ses médias sociaux signifie intensifier la rétroaction auprès des citoyens : revenir vers eux avec des réponses, des échéances, de manière cohérente avec toutes les autre sources d’information. Singapour est actuellement l’expert avec son site « Your Say », mais le président américain le fait aussi très bien, et en direct, sur Google+.

Améliorer l’accompagnement :
Des vidéos tutoriels permettent d’accompagner les citoyens, étapes par étapes. L’Angleterre est en train d’expérimenter le concept avec son nouveau guichet unique, et Hong-Kong le fait de manière ludique.

Co-produire des services et faire appel à l’intelligence collective :
Le Web 2.0 permet de faire appel aux citoyens et de co-produire avec eux des nouveaux services. La créativité, les solutions innovantes pour et par le public sont naturellement stimulées par le Web 2.0, comme dans le cas de la Suède qui « laisse ses clefs » aux citoyens.

S’améliorer en écoutant :
Singapour, mais aussi le Queensland en Australie ou l’Ontario offrent une fonction de rétroaction (Feedback) permettant aux citoyens de juger de la pertinence des pages ou des documents présentés : un excellent outil pour l’organisation souhaitant trier l’information, la prioriser et l’organiser en fonction des « points » attribués par les utilisateurs du service.

Ou tout simplement pour connaitre les besoins de sa clientèle…

Raphael Danjou, directeur de la veille stratégique, CEFRIO

Collaboration spéciale

Merci à Services Québec, qui a commandité cette recherche.

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Biographie de Raphaël Danjou : Bachelier en sciences économiques de l’université de Lille en France et détenteur d’une maîtrise en veille stratégique complétée au Japon, Raphaël est spécialisé en veille stratégique depuis plus de 10 ans. Avant d’entrer en fonction au CEFRIO  à titre de responsable de la veille en novembre 2009, Raphaël a œuvré au sein de grandes entreprises et de firmes conseils au Japon et en France.

Gordon Bell, le gouvernement ouvert et les PDF…

Il y a parfois de petits pas qu’on peut faire pour atteindre nos objectifs en apparence si anodins qu’en regardant le plan global on les oublie. Par exemple, que diriez-vous d’une réflexion sur l’utilisation du PDF? Le croiriez-vous mais c’est ce dont Gordon Bell, chercheur principal à Microsoft et, disons-le, une légende en ce qui a trait à la réflexion sur la technologie dans nos vies, m’a parlé entre deux conférences.

Tandis que lui résumais ce panel fort intéressant sur les impacts du web 2.0 sur les changements politiques dans le monde arabe, j’en ai profité pour discuter de «gouv 2.0», du rapport Gautrin et de toutes ces idées qui se brassent au Québec. Il sourit en hochant de la tête et me demande ce que le citoyen cherche vraiment en demandant des données ouvertes? Je réponds spontanément plus de transparence. Il me répond tout sourire, « peut-être à changer ou corriger quelque chose?», peut-être bien, me suis dit. Selon lui, nous n’utilisons pas encore des outils aussi simple que le PDF à leur plein potentiel. Je n’ai pu qu’acquiescer. Qui n’a jamais été attiré sur un site par la perspective de trouver tous les formulaires en ligne, pour trouver des PDF qu’il fallait imprimer, remplir et numériser pour les retourner par courriel… Pourtant, comme il me fait remarquer, cela fait quelques années que la technologie soutient la création de PDF que l’on peut remplir à l’écran, signer électroniquement pour les envoyer en un clic. Cela dit, nous tendons souvent à utiliser la technologie pour faire les choses comme nous les avons toujours faites…

En quoi cela s’apparente-t-il à une réflexion sur le gouvernement 2.0? Bell me parle de l’Australie, qui est déjà beaucoup plus avancée que les États-Unis en ce qui a trait aux services aux citoyens en ligne et qui offre depuis plus de cinq ans la possibilité de remplir des formulaires et d’effectuer bon  nombre de demandes en ligne. Pour en arriver là, il faut des directives simples et au besoin, de la formation auprès des citoyens moins familiers avec le web.

Eh, oui c’est souvent ce qui ressort des échanges avec les internautes : au-delà des grands principes, ils veulent surtout qu’on leur facilite la vie…

Nadia Seraiocco, conseillère et conférencière
Collaboration spéciale

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Biographie de Nadia Seraiocco : Nadia est conseillère en relations publiques 2.0, auteure et conférencière. Depuis 2002, elle anime son propre carnet et depuis avril elle blogue sur Triplex (Radio-Canada).

Portail de services intégrés centré utilisateur : Singapour et l’Angleterre meneurs internationaux.

Les gouvernements de Singapour et de l’Angleterre sont en train de construire un portail unique, centralisant de manière simple, intuitive et parfaitement intégrée toute l’information gouvernementale nécessaire à leurs citoyens, laissant à l’utilisateur le soin de trouver le service qui le concerne sans tenir compte de l’organisme ministériel qui le fournit.

La vision de Singapour en matière d’amélioration de prestation en ligne est d’intégrer l’ensemble des services dans une perspective « clients ». Ainsi, pour Singapour, la coopération entre les institutions gouvernementales, le dossier citoyen et l’identifiant unique font tous partie de la même expérience : les services centrés sur l’utilisateur.

C’est pourquoi Singapour, afin d’aller plus loin dans cette vision centralisatrice, est en train de créer le site eCitizen (Note : le site http://alpha.ecitizen.sg/, dont nous vous proposons une copie d’écran, a depuis notre visite été verrouillé à l’accès public) : en cours de développement et de test par le public, ce portail unique offre une barre de recherche centrale « à la Google », permettant aux utilisateurs de cibler leurs services en tapant leur requête. Au-dessous sont présentés les sujets et les services les plus populaires afin de permettre aux citoyens de gagner du temps et de les orienter.

Portail citoyen de Singapour

Le site eCitizen est en cours de développement et de test par le public.

Un bouton « Feedback » permet de donner son avis sur la pertinence du portail et des informations présentées, ce qui montre la volonté du gouvernement de dialoguer et de recevoir un retour d’opinion, et pas seulement sur le site en construction, car ce même type de bouton contact était déjà présent sur l’ancien site sous forme d’un « Rate Our Website ».

En effet, le site en construction alpha.eCitizen possède une version officielle développée en 1999 et qui, bien que n’ayant pas été mise à jour depuis fin 2011, reste opérationnelle.

De même en Angleterre, le portail unique a été lancé en début d’année 2012 pour centraliser l’ensemble des services, de manière totalement transparente pour les citoyens. On y retrouve la même idée d’une barre de recherche principale, suivie de quelques sujets populaires, mais aussi d’un nuage de mots-clefs (tags) pour orienter la recherche par catégories.

Portail Web GOV.UK

Ce portail unique a été lancé au début de 2012 pour centraliser l’ensemble des services aux citoyens.

Encore en période de tests et d’améliorations, ce portail propose pour l’instant quelques vidéos tutoriels YouTube, disposés en premier sur certaines pages du site : des courtes animations qui présentent les principales étapes à suivre, par exemple en cas de décès.

Tutoriel vidéo services en ligne.

Vidéo décrivant les principales étapes à suivre et formulaires à compléter lors du décès d'un proche.

Ce portail BETA sera probablement encore amélioré au fil du temps, le site de services officiel restant encore DirectGov.

La force de ces deux portails réside dans le fait que l’Angleterre et Singapour ont réussi à oublier leur organisation gouvernementale interne pour se focaliser sur le besoin du citoyen : oubliés, les fonctionnements en silos et les guerres de pouvoir ministérielles ; les services sont désormais offerts de manière transparente, en un lieu unique, en 24/7. Et si les citoyens y gagnent certainement, ce type d’initiative est aussi un moyen pour le gouvernement d’orienter le public en plus grand nombre vers les services électroniques, sources d’économies et de flexibilité accrues.

Raphael Danjou, directeur de la veille stratégique, CEFRIO
Collaboration spéciale

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Biographie de Raphaël Danjou : Bacchelier en sciences économiques de l’université de Lille en France et détenteur d’une maîtrise en veille stratégique complétée au Japon, Raphaël est spécialisé en veille stratégique depuis plus de 10 ans. Avant d’entrer en fonction au CEFRIO  à titre de responsable de la veille en novembre 2009, Raphaël a oeuvré au sein de grandes entreprises et de firmes conseils au Japon et en France.

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