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JIQ 2012 – Le gouvernement ouvert en Colombie-Britannique : les faits saillants avec David Hume

4 décembre 2012 5 commentaires

Les données auxquelles un gouvernement donne accès (données ouvertes) sont non seulement utiles et bénéfiques aux citoyens, mais aussi aux fonctionnaires qui soutiennent le travail de ce gouvernement. C’est ce qu’a confirmé David Hume, directeur exécutif, mobilisation des citoyens, pour le gouvernement de la Colombie-Britannique, lors de la JIQ 2012 à Québec le 19 novembre dernier.

Décrivant l’impressionnant plan numérique de son administration, M. Hume a mis en lumière le nécessaire et incontournable soutien politique à cette démarche de transparence. Un souci d’amélioration continue et une remise en question constante doivent selon lui accompagner toute démarche de ce genre. S’ouvrir n’est en somme que le début d’un processus extrêmement emballant, dont voici les principaux faits saillants et résultats.

Une orientation donnée en haut lieu

La première ministre actuelle de Colombie-Britannique, Kristy Clark, accède à son poste le 14 mars 2011 dans un contexte marqué par la déception des citoyens à l’égard de leurs dirigeants. Mme Clark prend alors position en faveur d’un échange accru du gouvernement avec les citoyens et de l’implication de ces derniers dans la résolution de problèmes et l’élaboration de politiques. Faire avec eux, plutôt que faire pour eux, en exploitant le potentiel de la technologie, telle est l’orientation donnée en haut lieu.

La fonction publique doit réagir à cette volonté politique. Bonne nouvelle, les employés de l’État appuient cette aspiration d’un gouvernement plus interactif et d’une démocratie véritablement incarnée.

Évidemment, le plan numérique pensé par les sous-ministres et dirigeants d’agences sous la houlette d’un haut fonctionnaire s’adresse d’abord aux citoyens. Ce plan s’appuie sur 2 principes fondamentaux, soit :

  • l’ouverture : rendre l’information gouvernementale accessible pour favoriser la transparence et susciter la création d’outils ou d’applications utiles au bien commun;
  • l’interaction : mettre à profit les données ouvertes ou des plateformes de consultation 2.0 pour écouter et faire participer les citoyens à la réflexion entourant les politiques publiques.

Or, la stratégie gouvernementale privilégie aussi :

  • l’autonomie : comment concevoir des services en ligne qui répondent aux besoins des citoyens et grâce auxquels ils pourront transiger avec l’État simplement, sans l’aide des fonctionnaires qui pourront se consacrer à d’autres tâches ou mieux accompagner les clientèles plus vulnérables;
  • l’innovation : comment donner la possibilité aux employés de l’État d’expérimenter de nouveaux outils, notamment de travailler avec leur propre appareil mobile.
M. David Hume

JIQ 2012 – M. David Hume, directeur exécutif de la mobilisation des citoyens au gouvernement de la Colombie-Britannique. (Photo : Patrick Parent)

Des données qui comblent les lacunes de la fonction publique

C’est ainsi que les premières données ouvertes mises en ligne contiennent des informations utiles, certes, aux citoyens dans leur vie quotidienne, mais aussi aux fonctionnaires, dont on souhaite stimuler l’initiative et la créativité afin de résoudre des problèmes. Le gouvernement veut enrichir ses échanges avec sa fonction publique, la mettre davantage à profit. L’ouverture permettra de combler des lacunes dans la collaboration entre ministères.

« On voulait que les gens se passionnent pour nos données! », se rappelle David Hume. « Get excited and make things! », que ce soit participer au développement économique ou à des projets de recherche en santé.

L’ouverture ne s’est pas fait sans résistance à l’interne. De l’avis de certains fonctionnaires, les citoyens pourraient ne pas comprendre les données ou mal les utiliser.

N’empêche qu’à l’heure actuelle, le tiers des utilisateurs du site DataBC sont des employés de l’État. DataBC favorise donc l’échange de connaissances entre les membres de la fonction publique.

Transparence accrue dans la démarche d’accès à l’information

Le gouvernement britanno-colombien accompagne la mise en ligne de données publiques d’une révision en profondeur de sa procédure d’accès à l’information. Le site Open Information fait désormais écho à toutes les demandes d’accès transmises à l’administration.

On répond à une demande 72 heures après sa formulation. Des données aussi sensibles que les frais de déplacement de la première ministre et des ministres sont publiées dans ce site extrêmement populaire.

On relève en effet une augmentation considérable dans le nombre de demandes d’accès à l’information depuis sa mise en ligne. Open Information a suscité un réel intérêt envers l’information gouvernementale.

Les citoyens ne se contentent pas toujours des réponses obtenues à la suite d’une première demande: ils requestionnent leur gouvernement et approfondissent les sujets qui les animent. Au point que le volume important de demandes est parfois difficile à gérer!

Une consultation en continu qui permet de recueillir de nouveaux points de vue

À la publication d’information susceptible d’aider les citoyens à participer à la vie de l’État s’ajoute la mise en place d’une plateforme de consultation de ces acteurs cruciaux de la vie démocratique. GovTogetherBC  rassemble aujourd’hui toutes les conversations qu’entretient le gouvernement avec ceux qu’il administre, que ce soit en matière d’environnement, d’éducation ou de santé.

On a par exemple consulté le public sur la date à adopter pour un nouveau congé familial destiné à tous les citoyens de la province. Actuellement, la Colombie-Britannique prépare un plan en matière d’emploi, qui répond à une des priorités gouvernementales. Elle le conçoit en collaboration avec le grand public, bénéficiant ainsi des points de vue de gens « qu’on n’aurait jamais pu avoir autrement, celui des femmes de travailleurs de métiers, par exemple », affirme David Hume.

Rendre les citoyens autonomes grâce aux services en ligne

Alors que l’administration britano-colombienne songe à faire preuve d’ouverture et de transparence, elle constate que les services en ligne qu’elle dispense ne sont pas très efficaces. Les sites Web gouvernementaux mettent de l’avant des contenus plus ou moins populaires auprès des citoyens, dont les messages de ministres…

On décide de situer le libre-service au cœur des contenus en ligne gouvernementaux, de centrer ces contenus autour des besoins des utilisateurs, plutôt que de la structure gouvernementale, complexe à décoder par les citoyens. S’enclenche alors une vaste consultation auprès de ces derniers.

Les fonctionnaires leur demandent quels services ils souhaitent obtenir. Des employés de l’État se rendent observer les échanges aux comptoirs de l’équivalent de Services Québec en Colombie-Britannique. D’autres se rendent directement chez les gens. On veut les écouter, pour concevoir des services en ligne sur la base de faits, et non de perceptions.

Autre principe qui guide l’administration publique dans sa réflexion sur ses services en ligne : l’accessibilité sans compromis. Penser à tous les types d’internautes, y compris les moins habiles avec le Web, faciliter le repérage d’information en présentant d’abord les nouveautés, en améliorant la navigation et en privilégiant l’image et la vidéo, adopter une approche équilibrée entre les services et la messagerie.

Cette réflexion conduit au lancement du site gov.bc.ca. Dans peu de temps, les sites Web des ministères seront intégrés à ce site fédérateur dans lequel, selon M. Hume, citoyens et entreprises trouvent aisément les renseignements qu’ils cherchent.


JIQ 2012 – Le gouvernement ouvert en Colombie-Britannique par E-Gouv Québec sur la chaîne Vimeo.

Tester, bonifier, écouter

La réflexion de la Colombie-Britannique en matière numérique ne prend pas fin avec le lancement des sites Web mentionnés.

L’ouverture n’est que le début d’une démarche d’interaction entre un gouvernement, une administration publique et les citoyens, constate David Hume. Une fois les données mises en ligne, il faut créer une communauté autour d’elles, les promouvoir par des conférences, mettre en place une culture qui « favorise l’ouverture et l’innovation ».

« On pense parfois que le public est un risque à gérer plutôt qu’une ressource à exploiter », soutient M. Hume, convaincu du contraire. Il a d’ailleurs profité de son passage à la JIQ pour inviter le gouvernement du Québec à ouvrir ses données, pour être plus efficace.

Le site gov.bc.ca fait quant à lui l’objet d’améliorations continues en matière d’ergonomie. Les responsables du site le testent continuellement auprès de citoyens, notamment ceux qui se servent de systèmes d’assistance pour naviguer. Les canaux d’échange demeurent ouverts avec le public pour améliorer le produit offert.

« Où allons-nous maintenant? »

C’est la question que se pose le comité de décideurs responsable des choix du gouvernement en matière numérique.  Les gens qui ont mis en place les premiers outils de la stratégie numérique sont-ils les mieux placés pour continuer à coordonner leur développement? Centralisées jusqu’à ce jour en haut lieu, les activités de conception de services en ligne et d’ouverture de données se déplacent vers les ministères qui commencent à prendre la relève.

Qu’avons-nous appris de tout ce processus? Quelle est la meilleure structure d’équipe à établir? Quelle est la gouvernance de données à mettre en place pour favoriser le partage de données? Ce sont des éléments essentiels pour livrer la marchandise promise par notre première ministre, croit David Hume.

« C’est parfois bizarre de vivre dans l’incertitude, l’ambiguïté, mais c’est une condition nécessaire pour réfléchir aux services en ligne les plus adéquats », déclare ce jeune haut fonctionnaire, qui voit dans l’écoute des citoyens, la cohésion et la cohérence les conditions essentielles à la poursuite du plan numérique de son gouvernement.

« L’avenir m’emballe! » lance-t-il avec enthousiasme. Nous poursuivrons notre travail de concertation auprès d’autres organisations publiques pour mieux régler les problèmes de nos citoyens. Il y a beaucoup d’occasions à saisir dans ce domaine pour créer les changements durables dans nos organismes. »

Les britano-colombiens éliront un nouveau gouvernement le 14 mai 2013. Quel sera l’avenir du plan numérique? Le nouveau gouvernement poursuivra-t-il les efforts entrepris? C’est aussi ça vivre dans l’ambiguïté…

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

À voir aussi :

Faire des sites Web pour mobiles – Deuxième partie: Quelles sont les options techniques?

10 septembre 2012 4 commentaires

Cet article est le second d’une trilogie pour aider les spécialistes du Web du gouvernement du Québec à prendre des décisions concernant la création de sites pour mobiles.

Le premier article avait pour objet l’intérêt de faire des sites pour mobiles, alors que le présent billet devrait guider le lecteur vers l’une des diverses méthodes qui peuvent être utilisées pour répondre à la nouvelle clientèle.

Comme il a été vu dans le précédent article, la technologie mobile est en pleine explosion et il n’existe pas de standards bien définis quant à la réalisation des sites. Ainsi, plusieurs méthodes s’offrent à nous et il importe de connaître les avantages et inconvénients de chacune.

Quelles sont les options pour faire un site adapté pour mobile?

La création de sites pour mobiles implique que l’on doive faire un choix quant au type de technique à employer pour optimiser le site sur les appareils. Il existe diverses méthodes ou approches que l’on peut mettre en place, mais aucune n’est parfaite, toutes ont leurs petits désagréments.

Le prochain schéma présente les différentes méthodes que l’on peut mettre en place actuellement, car il y a fort à parier que de nouvelles approches soient développées au cours des prochaines années.

On retrouve sur le blog de Google un article qui expose les différences entre les deux principales techniques.


Figure 1: Présentation de diverses approches de conception de sites adaptés pour mobiles. Dans tous les cas, il s’agit de présenter l’information stockée sur une base de données et de s’assurer d’un affichage optimal pour l’utilisateur.

Le site dédié

L’approche du site dédié pour mobile est celle qui est la plus traditionnelle. Dans les faits, le site dédié est une duplication, un autre site, qui lui est optimisé pour les petits appareils.

Cette approche est la plus sécuritaire et la plus simple, du moins, en apparence. Le tout repose sur une des diverses techniques de détection de l’appareil et on dirige l’utilisateur vers un site créé spécifiquement pour les appareils mobiles.

Les risques

Un site dédié pour appareils mobiles implique que l’on détecte que c’est un appareil mobile. Donc, on doit déterminer quels sont ces appareils, ce qui devient assez complexe.

Avant de poursuivre, je me permets une petite parenthèse…

Vous souvenez-vous ces quelques sites qui ont été créés au début des années 2000 qui, aujourd’hui encore, lorsque consultés avec Chrome, Safari ou Firefox, dernières versions, nous indiquent que notre fureteur est trop vieux et que nous devrions utiliser Internet Explorer 6 ou Netscape 4?


Figure 2: Encore aujourd’hui, des services ont été conçus pour des fureteurs précis et ne tolèrent pas d’autres logiciels (Chrome 20 ici). Des situations semblables vont se produire pour les appareils mobiles. Par exemple, une tablette non reconnue pourrait être vue comme un mobile et forcer l’affichage réservé aux petits écrans sur un écran de haute résolution, ce qui n’est pas souhaitable.

Fin de la parenthèse.

Il arrive aussi que des développeurs bien intentionnés crée de véritables cauchemars pour les utilisateurs mobiles. XKCD en a fait une superbe démonstration:

Figure 2: Capacité d’attention d’un serveur Web, il est bien connu qu’il oublie vite qui nous sommes, ce qui peut nous causer bien des problèmes.

Ce qu’illustre XKCD est un problème commun. Plutôt que de permettre à l’utilisateur d’accéder au contenu désiré, le serveur dirige toujours vers la page d’accueil. Il devient donc virtuellement impossible de consulter la page, à moins de s’envoyer le lien par courriel et d’utiliser un appareil «standard».

Parallèlement, la technique du site dédié permet aussi de trier les contenus qui seront diffusés pour mobiles et, par le fait même, optimiser la navigation des utilisateurs. Or, il y a un risque de «balkanisation», un peu à la manière de ce qui se passait à la fin es années ‘90 avec les fureteurs. J’ai par ailleurs fait un billet sur le sujet sur mon blogue personnel, si ça vous intéresse d’en savoir plus sur le sujet.

En sélectionnant des contenus qui ne sont pas accessibles pour mobiles, nous décidons pour l’utilisateur quel est son réel besoin sans prendre en considération qu’il pourrait décider de consulter un contenu que nous jugeons inutile pour lui.

Finalement, le fait d’avoir un site pour mobile et un site pour appareils «réguliers» implique que chaque page a son propre URL, donc des contenus identiques sont dédoublés. Ce n’est pas un problème majeur, mais il y a des irritants, comme dans les moteurs de recherche ou bien lorsqu’un lien mobile est transféré à un utilisateur d’appareil standard et qui sera forcé de consulter le contenu en version mobile.

Avantages

Il n’y a pas que des inconvénients aux sites mobiles. Un des avantages de cette méthode est l’optimisation. Effectivement, puisque l’on crée un site spécifiquement pour appareils mobiles, il devient possible d’optimiser le code de façon à limiter l’usage souvent restreint de bande passante des appareils.

Les pages sont alors plus rapides à charger et la navigation peut être plus agréable. Parlant de navigation, il est aussi possible de revoir complètement l’approche de navigation à l’intérieur du site pour mettre à profit des fonctions de l’appareil ou bien les particularités de l’écran tactile.

Contrairement à l’approche du design adaptatif, celle-ci repose sur le SGC et des méthodes de détection du fureteur (user agent) qui comportera des gabarits qui seront conçus pour les appareils mobiles. Ainsi, on retrouvera un code HTML, des JS et autres CSS et images qui seront conçus pour les mobiles, d’où la mention d’optimisation.

On peut aussi, dans un site mobile, intégrer la notion de «contenu différencié», donc que l’on décide quel contenu sera visualisé sur mobile en opposition à celui présenté sur le site régulier. Mais attention à la balkanisation!

  • Le site peut être optimisé pour mobile et comporter des gabarits plus légers et des images de plus petite taille, limitant la charge et facilitant le téléchargement sur les réseaux mobiles;
  • Le site étant indépendant du site régulier, on peut sélectionner certains contenus qui ne seront disponibles que dans une version ou l’autre;
  • La gestion de projet peut être simplifiée et il est possible de créer un site mobile une fois le site régulier conçu car l’impact en l’un et l’autre peut être minimal;
  • On peut créer un site mobile qui comporte une application (type HTML5) permettant de faire du transactionnel.

Inconvénients

  • Des erreurs de conception peuvent créer de forts désagréments pour l’utilisateur, par exemple, de forcer l’utilisation de la version mobile;
  • Un utilisateur de tablette avec une résolution élevée ne désirera pas nécessairement utiliser la version mobile qui lui sera imposée par défaut;
  • Tout le contenu du site devrait être accessible en version mobile et régulière, ce qui n’est pas toujours le cas;
  • Il faut souvent dédoubler la gestion du site (version mobile et standard);
  • Certaines technologies ne supportent pas bien la création de sites mobiles (cas vécu…);
  • Il y a un risque de balkanisation du Web.

Responsive design ou design adaptatif

Présentée en 2010, mais popularisée principalement en 2011 par Ethan Marcotte#, la technique du design adaptatif, mieux connue sous le vocable anglais de «Responsive Web design» est une approche permettant d’adapter le contenu à la largeur de l’écran de l’utilisateur, sans tenir compte de l’appareil utilisé.

Figure 2: Le responsive Web design est une technique permettant d’afficher une même page Web de façon différente selon la largeur de l’écran de l’utilisateur.

La technique

Techiquement, c’est relativement simple (en théorie). Le principe se base sur l’adoption récente des dernières technologies Web, comme le HTML5 et le CSS3 par les fabricants de fureteurs.

Tel que présenté dans la figure 1, la technique repose sur l’utilisation d’une différenciation par CSS de la largeur de l’écran (en utilisant les media queries). Ainsi, on pourra appliquer des feuilles de styles selon la largeur de l’écran et afficher ou cacher, disposer différemment ou modifier l’apparence des éléments de contenu de la page.

C’est le paradis, alors!

L’un des avantages indéniables de cette approche, c’est qu’un seul et même site s’adapte au besoin, selon l’écran. Aucune détection particulière du navigateur ou de l’appareil, un seul URL par page. Bref, ça pourrait être le paradis!

Ce n’est pas toujours le cas…

Mettre une approche de design adaptatif dans un site n’est pas toujours de tout repos. L’expertise est encore jeune, de nouvelles approches sont annoncées chaque semaine (ça nous rappelle un peu la période début 2000 où on abandonnait les tableaux pour faire le positionnement en CSS pures). Bref, c’est une méthode récente qui évolue sans cesse et rapidement.

De plus, un gros inconvénient, c’est le code. Si un seul et même site sert les appareils lourds et les appareils légers (mobiles), on a le même rendu HTML et tout ce qui suit (JavaScript et images). Bon, il existe des techniques complexes pour éviter le téléchargement inutile d’images, mais c’est encore assez complexe.

On se retrouve donc avec un site ajusté pour mobiles, mais qui n’est pas optimisé.

Avantages

  • Permet de transposer l’ensemble du contenu d’un site en format adapté pour mobile simplement par l’utilisation de CSS;
  • Il n’est pas nécessaire de modifier le système de gestion de contenu (SGC), ce sont les gabarits qui feront l’ensemble du travail;
  • Il n’y a pas de gestion en double du contenu;
  • Permet d’optimiser l’affichage pour des largeurs d’écrans et non des appareils, ainsi on évite des écueils des différentes plateformes technologiques;
  • On ne retrouve pas le contenu sous deux URL différentes car c’est la même page qui s’affiche dans tous les cas;
  • Les coûts récurrents de maintenance sont réduits par rapport à la création de sites mobiles distincts.

Inconvénients

  • Il ne s’agit pas d’une «optimisation du site pour mobile», car le HTML et les codes JS demeurent les même que pour un site non-mobile, impliquant une surcharge de poids et une lenteur possible du chargement de la page;
  • Il faut que le design adaptatif soit pris en considération dès le début du projet par l’équipe de conception pour créer l’ergonomie, le design et le code en conséquence, en plus d’adapter la gestion de projet;
  • Il peut s’avérer très lourd de faire la gestion de plusieurs CSS en même temps et les impacts du redimensionnement peuvent être parfois difficiles à prévoir et demander plus de temps de corrections;
  • C’est une approche qui peut engendrer des coûts supplémentaires lors du développement, principalement si l’équipe de travail est peu familière avec le design adaptatif, ce qui tend à diminuer une fois l’équipe bien formée;
  • Il n’est pas possible d’afficher le site en «format régulier» car l’affichage s’adapte selon la largeur de l’écran automatiquement.

Design adaptatif «optimisé»?

Depuis peu, on parle de solutions hybrides, où on inclurait des approches de sites dédiés au design adaptatif. Cette méthode hybride est nommée «Responsive Web design with Server Side components», mieux connue sous le vocable RESS.

Le développement d’application pour mobile

On parle d’application pour mobiles, du type de celles que l’on retrouve dans les AppStores, les magasins d’applications en ligne. Celles-ci sont conçues pour des technologies spécifiques (iOS, Android, WindowsPhone7 ou BlackBerry). Luke Wroblewski parle de «Device experience», une approche plus large qui englobe plus que seulement le mobile.

Dans le cas qui nous intéresse, les applications peuvent s’avérer fort intéressantes dans certaines situations principalement lorsque l’on doit transiger avec la clientèle (transactionnel) ou bien pour mettre à profit certaines fonctionnalités de l’appareil (contacts, GPS, stockage, méthodes de saisies des données, gyroscope…).

Malgré tout, il faut se demander quel est l’intérêt pour une organisation gouvernementale de développer elle-même une application. Les coûts de conception et d’entretien peuvent facilement monter en flèche et il peut s’avérer difficile de faire la maintenance vu la variété d’appareils ou de versions de systèmes d’exploitation sur le marché. De plus, le développement d’applications par les organismes gouvernementaux va plutôt à l’encontre de l’orientation d’ouverture des données publiques qui permet aux citoyens et aux entreprises de créer des applications à partir de ces données.

Avantages

  • Permet d’optimiser au maximum l’utilisation des fonctions de l’appareil mobile et l’interface utilisateur;
  • Les applications sont spécifiques et peuvent s’avérer fort utiles pour certaines clientèles spécifiques.

Inconvénients

  • Il faut développer pour une technologie spécifique ou dédoubler le travail pour toutes celles que l’on désire supporter;
  • Une application pour téléphone sera mal affichée sur une tablette et nécessitera un nouveau développement;
  • Il faut maintenir l’application à jour;
  • Il s’agit d’un développement complet, avec tout ce que ça implique.

Avant d’aller plus loin, je vois poindre les commentaires au sujet des applications HTML5, comme quoi c’est une option viable. Effectivement, il faudrait penser à regarder de ce côté.

Dans les faits, si je ne m’abuse, c’est ni plus ni moins un site dédié dans lequel on retrouve une application (en HTML5), non?

Données ouvertes et API

L’ouverture des données publiques n’est pas, à proprement parler, une approche pour mobile. Effectivement, on parle ici de rendre disponible diverses données spécifiques, via un site dédié ou bien par l’utilisation d’API («Application programming interface») à des développeurs externes du gouvernement qui pourront alors les utiliser dans leurs développements informatiques.

Ainsi, contrairement à toutes les autres approches présentées, au lieu de faire le travail de mobilité, on propose ici d’offrir les données de façon à ce qu’une autre entité puisse développer une application, un site ou autre en utilisant des données que l’organisation rend disponibles.

Il est impossible de déterminer quels seront les produits développés à partir des données ouvertes, ni même quelle en sera leur utilisation, c’est pourquoi on devrait considérer cette approche comme étant complémentaire à toutes les autres.

Oh, et une partie du boulot a été déjà faite, par le biais du portail de données ouvertes du gouvernement du Québec (ne manque que la variété des données qui viendra avec le temps).

Finalement, peu importe la solution de mobilité choisie, certaines données devront être offertes pour que la communauté puisse bâtir des solutions avec ces dernières.

Le choix d’une solution

Choisir une approche mobile, voici maintenant le nœud de l’histoire. Comment fait-on pour déterminer ce qui est le meilleur choix pour notre organisation et notre clientèle? Plein d’éléments doivent être pris en ligne de compte. Premièrement, a-t-on réellement besoin d’une approche de mobilité?

Le premier article de la série est assez évocateur. Oui. Bon, maintenant, on fait quoi?

Je tiens à rappeler que cette série d’articles s’adresse principalement aux responsables de sites du gouvernement, donc d’organismes publics, qui ont comme principal objectif de diffuser de l’information et ce, à moindre coûts et avec un maximum de facilité pour l’utilisateur.

Luke Wroblewski, qui nous a gratifié d’un passage au Web à Québec en février dernier, résume très bien les questions que l’on doit se poser lorsqu’on veut faire un choix.

Il propose trois options:

  1. Responsive Web design (design adaptatif);
  2. Optimisation pour l’appareil (Device experience);
  3. Design adaptatif avec composants serveurs (RESS).

Pour les besoins de la cause, je vais regrouper les options 1 et 3 sous un même nom, soit design adaptatif. C’est ni plus ni moins des solutions de design adaptatif, mais la 3e comporte un volet de détection de l’appareil et des modifications au niveau du serveur. C’est un «design adaptatif aux stéroïdes», si vous préférez.

Là où on a un élément de précision, c’est au point 2, quand LukeW parle de «Device Experiences». Il traite ici une d’approche à la Netflix, où on fait une application selon le type d’appareil utilisé (ex. mobile Android, iOs, ordinateur, console de jeux…). Bref, du développement d’application très poussée.

Compte tenu du contexte gouvernemental du présent article, je me permet de mettre de côté l’approche de développement d’application, onéreuse et complexe.

À moins d’une raison vraiment exceptionnelle, il y a peu de chances que les coûts engendrés par cette approche puissent être justifiables. Il nous reste donc deux candidats: les sites dédiés (non mentionnés par LukeW) et le design adaptatif.

Lequel choisir? Personnellement, je crois que la majorité des sites gouvernementaux seraient nettement plus viables en offrant une interface réactive à la largeur de l’écran de l’utilisateur plutôt que de rediriger vers un site mobile. La raison est simple: les coûts.

Pourquoi favoriser le design adaptatif?

Lors du design d’un site, on doit créer un visuel et les CSS qui y seront appliqués, de toute façon. Prévoir un montant légèrement plus élevé pour intégrer la notion de design adaptatif n’est pas si sorcier et permet de rejoindre facilement nos utilisateurs peu importe leur outil de visualisation.

La création d’un site mobile dédié nécessite une intervention au niveau de la techno, soit sur le serveur. On parle de redirection, de détection de l’agent utilisateur (user agent), de création d’URL et parfois de gestion particulière au niveau du CMS. Bref, des interventions qu’une équipe de communications devra reléguer à celle du développement et que ces équipes devront reléguer souvent, à leur tour, à l’équipe de gestion des serveurs. Vous voyez le tableau.

Un design adaptatif qui ne comporte qu’une détection de la largeur de l’écran en CSS3 est, en théorie, plus facile à implanter. Une fois le tout en place, ça se maintient relativement bien. Par contre, il faut éviter des pièges.

N’oubliez pas qu’un site adaptatif utilise le même code HTML, les mêmes CSS (ou presque) et le même JavaScript. Il n’est pas rare de voir des sites ne passant tout simplement pas sur mobile, comme celui d’un parti lors de la dernière élection provinciale, qui avait un poids moyen de ses pages de 3,6 Mo sur mobile, en design adaptatif.

Plutôt que de voir le site, on avait un message nous avisant que le fureteur était incapable d’afficher le site.

La mort du site dédié?

Non, le site dédié a encore son utilité. Dans certains contextes, il sera préférable de choisir cette approche. Ne serait-ce que pour des sites ou portions de sites impliquant une saisie par l’utilisateur, des applications Web ou de l’affichage de données important.

On pourrait aussi penser à de gros systèmes gouvernementaux complexes qui pourraient nécessiter un volet mobile multiplateformes et optimisé le plus possible.

Certains sites informationnels seraient peut-être aussi susceptibles de bénéficier d’un volet dédié, si on décide de favoriser une portion du contenu plutôt que de rendre disponible l’ensemble de l’information du site, pour des raisons éditoriales ou autres.

Bref, on doit peser le pour et le contre des deux méthodes avant de se lancer dans l’aventure.

Et la suite?

Le prochain article traitera plus précisément du design adaptatif et de son implication, sa mise en place et de cas vécus dans le cadre de projets gouvernementaux. D’ici là, vous êtes invités à laisser des commentaires sur le blogue de E-Gouv Québec!

Thierry Goulet, E-Gouv Québec

Une stratégie inspirante pour le prochain gouvernement du Québec : le gouvernement ouvert de la Colombie-Britannique

3 septembre 2012 2 commentaires

En mars 2011, Christy Clark, première ministre de la Colombie-Britannique, s’est engagée à faire de son gouvernement un gouvernement ouvert. Elle n’a pas hésité à placer cet engagement au cœur de sa campagne électorale et a concrétisé cette promesse une fois élue en février 2011. Quelques mois plus tard, cette volonté de transparence et de participation citoyenne devenait réalité.

En juillet 2011, la Colombie-Britannique est devenue le premier gouvernement provincial à lancer un portail de données ouvertes.

À l’aube de l’élection d’un nouveau gouvernement au Québec, nous nous demandons si le prochain chef du gouvernement prendra un engagement aussi clair que la première ministre de la Colombie-Britannique envers le gouvernement ouvert. Pour l’inspirer et lui permettre de voir à quoi pourrait ressembler un gouvernement ouvert au Québec une fois en place, nous proposons un survol de la stratégie de gouvernement ouvert de la Colombie-Britannique.

La stratégie globale

La première ministre invite le gouvernement de la Colombie-Britannique à changer son approche de gouvernance en plaçant le citoyen au coeur des services Web et en faisant preuve davantage de transparence en rendant disponible l’information gouvernementale d’intérêt public.

L’initiative du gouvernement vise principalement l’engagement des citoyens, mais aussi l’amélioration de la prise de décision et l’obligation de rendre des comptes, grâce notamment à un accès amélioré aux données publiques, au partage de l’information gouvernementale et à l’utilisation des médias sociaux.

Travailler plus étroitement avec les citoyens pour planifier les services gouvernementaux, développer des politiques, participer à l’élaboration du budget et améliorer la prestation des services, voici les résultats attendus de la stratégie de gouvernement ouvert de la Colombie-Britannique. Le gouvernement s’engage à parler ouvertement de ses problèmes et de l’établissement de ses priorités en établissant en travaillant de concert avec les citoyens pour trouver des solutions et expliquer les décisions. Il s’agit d’une manière nouvelle d’entrer en contact et de communiquer avec les citoyens favorisant l’innovation et la création de valeur.

Quelques facteurs de succès

Pour faciliter l’implantation du gouvernement ouvert et assurer son succès, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’est doté d’une vision gouvernementale centrale grâce à un engagement ferme émanant de la première ministre. Sa stratégie mise sur l’engagement des employés et des citoyens et non sur la technologie en stimulant l’innovation et en incitant un changement de culture organisationnel.

Un ministère a été attitré officiellement à la mise en œuvre du gouvernement ouvert : Ministry of Labour, Citizens’ Services and Open Government. Ce dernier s’est vu confier la responsabilité de diriger les changements et veille actuellement à ce que chaque ministère produise un plan annuel (transformation and technologie plan) décrivant l’avancement de ses travaux notamment en ce qui concerne l’ouverture des données et les efforts réalisés pour effectuer le virage culturel.

«The success of this strategy will ultimately be determined not by tools and technology itself, but by how effectively the employees of the Bc Public service and the citizens of the province adapt and apply those tools together to improve the interaction of the people and their government. » (Source : Citizens @ The Centre: BC Government 2.0  A Transformation and Technology Strategy for the BC Public Service)

Une inspiration pour le Québec

Le Québec a tout à gagner en s’inspirant de la Colombie-Britannique. Bien que le gouvernement du Québec s’est engagé sur la voie du gouvernement ouvert et que des travaux ont été entamés notamment avec la mise en ligne du portail de données ouvertes au mois de juin dernier, beaucoup de travail reste à faire.

L’enjeu principal réside dans le changement de culture organisationnelle et dans la volonté de doter le Québec d’une stratégie centrale d’où pourra émaner progressivement un véritable changement sur les plans numérique et culturel. Ayant toujours fonctionné sous une notion de contrôle dans un mode hiérarchique et rigide, le gouvernement a beaucoup à apprendre pour développer de nouvelles façons de travailler avec le public en passant à un mode beaucoup plus organique et flexible. Cette nouvelle approche amène le gouvernement à prendre des risques (smart risk) et lui demande d’être à l’écoute, de discuter et surtout de collaborer.

Vous voulez en savoir plus sur le sujet? Ne manquez pas la conférence de David Hume, directeur exécutif de la mobilisation des citoyens pour le gouvernement de la Colombie-Britannique à la JIQ le 19 novembre prochain : Comment les citoyens et le gouvernement peuvent travailler ensemble pour réaliser de grandes choses.

Joëlle Bernard, E-Gouv Québec

Sources

Au tour d’Option nationale de répondre à nos questions

Le 23 août dernier, en collaboration avec l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte, nous avons publié l’article Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale. Ce billet contenait 6 questions qui s’adressaient aux principales formations politiques en campagne électorale.

En plus de diffuser l’article sur nos réseaux, nous avons fait parvenir les questions par courriel à la Coalition Avenir Québec, à Option Nationale, au Parti Libéral du Québec, au Parti Québécois, à Québec solidaire et au Parti vert du Québec.

Québec Solidaire a répondu à nos questions le 24 août. Nous avons reçu le 29 août cette réponse de Denis Monière et Pierre Cloutier d’Option nationale.

Selon les statuts de notre parti, l’instance souveraine d’Option nationale est le congrès qui se réunit au moins une fois à tous les 3 ans. Le Congrès adopte le programme du parti et ses grands textes d’orientation.

Lors de son congrès de fondation, les membres d’Option nationale, réunis en congrès ont adopté 66 propositions divisées en 6 grands thèmes que sont l’indépendance, l’économie, l’éducation, la santé, l’identité, la langue, la culture et la démocratie. Vous trouverez ici ce programme que l’on appelle aussi « plate-forme »

Lors de ce congrès, vous comprendrez aisément que nous n’avons pas pu, comme nous l’aurions souhaité, traiter en profondeur tous les sujets qui peuvent se présenter dans une société aussi complexe que la nôtre. Les membres doivent faire des choix et surtout doivent adopter des propositions qui leur semblent prioritaires et qui permettent à la population de comprendre facilement les grandes orientations du parti.

Ainsi, les 6 questions que vous nous posez n’ont pas été traitées de façon spécifique par nos membres lors de son congrès, de sorte qu’il est impossible d’y répondre de façon unilatérale et engageante pour le parti sans tomber dans ce qu’on reproche le plus aux partis traditionnels, à savoir la langue de bois et les fausses promesses électorales.

Cependant il est raisonnable de croire que les préoccupations que vous soulevez dans vos questions pourraient recevoir chez nos membres un accueil favorable puisqu’ils ont adopté, lors de congrès, 2 propositions qui sont pertinentes à ces préoccupations.

La 1re proposition adoptée dans ce domaine par nos membres traite de l’Internet haute-vitesse. Elle se lit comme suit :

2.3 Un gouvernement d’Option nationale fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés reconnaissant le fait que cette technologie est aujourd’hui un outil de communication, d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique.

La 2e proposition pertinente à vos préoccupations se lit comme suit :

6.6 Un gouvernement d’Option nationale mettra sur pied une Commission nationale de la démocratie participative dont le rôle sera d’étudier, de proposer, de développer, d’encourager et d’encadrer, tant aux échelles nationale, régionale que locale, divers mécanismes et initiatives (citoyennes) dans le domaine économique, (social) et politique.

Donc, vous avez ici, à travers ces 2 propositions, une vue générale de l’orientation ou  de la « philosophe » générale de notre parti dans ce domaine d’activités : développement de l’Internet haute-vitesse et sa reconnaissance comme outil non seulement de communication, mais également d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique d’une part et, d’autre part, mise en place d’un instrument public de développement de la démocratie participative.

Ces 2 éléments de l’orientation générale de notre parti nous permettent raisonnablement de croire que les 6 questions que vous posez pourront recevoir non seulement une réponse favorable de nos membres, mais également des autres instances du parti, comme le conseil national, le bureau national ou la Chefferie.

Fort de cette conviction, nous vous invitons en conséquence à garder le contact avec nous afin de mieux nous aider à vous aider dans vos démarches.

Merci à l’équipe d’Option nationale et bonne fin de campagne!

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

L’équipe de Québec solidaire répond à nos questions

Le 23 août dernier, en collaboration avec l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte, nous avons publié l’article Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale. Ce billet contenait 6 questions qui s’adressaient aux principales formations politiques en campagne électorale.

En plus de diffuser l’article sur nos réseaux, nous avons fait parvenir les questions par courriel à la Coalition Avenir Québec, à Option Nationale, au Parti Libéral du Québec, au Parti Québécois, à Québec solidaire et au Parti vert du Québec.

Les premières réponses sont arrivées le 24 août de la part de l’équipe de Québec solidaire (QS). Tel que convenu, nous publions leurs réponses de façon intégrale.

  1. Croyez-vous que la diffusion pro-active de l’information publique (données sur les contrats, suivi des grands projets, information budgétaire, statistiques, rapports d’inspection, etc.) pourrait aider à lutter contre la corruption en favorisant entre autres la participation citoyenne?
    • Réponse QS : Fondamentalement, la diffusion pro-active de l’information publique est une bonne chose et donc souhaitable. Néanmoins, sans moyen pour que les citoyens participent directement aux prises de décisions des différents paliers gouvernementaux, cette information ne contribue pas à elle seule à assurer une meilleure gestion publique. Québec solidaire entend aller plus loin. Dans notre programme, nous proposons d’intégrer des mécanismes de démocratie participative permettant aux utilisatrices et utilisateurs, aux travailleuses et travailleurs des services publics, aux communautés locales et régionales et aux organismes communautaires de déterminer les priorités locales et régionales ainsi que les ressources qui y sont consacrées.
  2. Croyez-vous que les employés de l’État devraient avoir accès aux réseaux sociaux dans le cadre de leur travail afin d’améliorer la productivité et stimuler l’innovation ?
    • Réponse QS : Bien que Québec solidaire n’ait pas de position formelle sur le sujet, nous reconnaissons que certaines communautés scientifiques sont bien présentes sur les réseaux sociaux, qui deviennent ainsi des outils de communication incontournables pour être au fait des derniers débats, publications et innovations dans une foule de domaines. Il serait donc effectivement utile que les fonctionnaires participent à la discussion.
  3. Êtes-vous prêts à permettre la participation active des citoyens aux décisions publiques à travers les nouveaux outils numériques disponibles?
    • Réponses QS : Oui, notamment en suivant l’exemple de l’Islande qui en a fait abondamment usage lors de sa propre démarche d’Assemblée constituante.
  4. Êtes-vous prêts à baser la réorganisation de l’administration publique sur les trois principes du gouvernement ouvert qui sont la transparence, la participation et  la collaboration?
    • Réponse QS : Oui, voyez nos propositions en matière de gestion démocratique des services publics expliquées précédemment.
  5. Êtes-vous prêts à prendre les mesures nécessaires pour permettre au gouvernement de bénéficier de l’intelligence collective pour appuyer la résolution des grands enjeux de l’État? Si oui, êtes-vous disposés à rendre accessible les données publiques requises?
    • Réponse QS : Nous appuyons entièrement l’ouverture des données publiques dans une perspective de démocratisation de la gestion des services publics.
  6. Puisque vous aurez à établir une stratégie numérique pour le Québec, êtes-vous favorables à la mise en place d’un ministère du numérique dédié entièrement à sa mise en œuvre ?
    • Réponse QS : Ce serait à étudier, mais nous y sommes ouverts.

Merci à l’équipe de Québec solidaire et bonne fin de campagne!

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

Le plan numérique et le gouvernement ouvert s’invitent dans la campagne électorale

Dans le cadre de la présente campagne électorale au Québec, l’équipe québécoise de Démocratie Ouverte et le groupe de veille E-Gouv Québec ont mis en commun leurs idées afin de soumettre aux partis en présence une série de questions sur le enjeux numériques et le gouvernement ouvert.

Dans un esprit non partisan, ces questions seront envoyées aux principaux partis politiques (Coalition Avenir Québec, Option NationaleParti Libéral du Québec, Parti Québécois, Québec solidaire et Parti vert du Québec) afin de leur permettre de nous répondre ou même de prendre des engagements. Par la suite, nous nous engageons à diffuser l’intégralité des réponses reçues à travers nos réseaux avant le 4 septembre prochain.

N’hésitez pas à commenter ces questions ou les partager, ce serait bien que ces enjeux deviennent viraux!

Bonne lecture!

Questions à nos prochains gouvernants

  1. Croyez-vous que la diffusion pro-active de l’information publique (données sur les contrats, suivi des grands projets, information budgétaire, statistiques, rapports d’inspection, etc.) pourrait aider à lutter contre la corruption en favorisant entre autres la participation citoyenne?
  2. Croyez-vous que les employés de l’État devraient avoir accès aux réseaux sociaux dans le cadre de leur travail afin d’améliorer la productivité et stimuler l’innovation ?
  3. Êtes-vous prêts à permettre la participation active des citoyens aux décisions publiques à travers les nouveaux outils numériques disponibles?
  4. Êtes-vous prêts à baser la réorganisation de l’administration publique sur les trois principes du gouvernement ouvert qui sont la transparence, la participation et  la collaboration?
  5. Êtes-vous prêts à prendre les mesures nécessaires pour permettre au gouvernement de bénéficier de l’intelligence collective pour appuyer la résolution des grands enjeux de l’État? Si oui, êtes-vous disposés à rendre accessible les données publiques requises?
  6. Puisque vous aurez à établir une stratégie numérique pour le Québec, êtes-vous favorables à la mise en place d’un ministère du numérique dédié entièrement à sa mise en œuvre ?

Mise à jour :

par E-Gouv Québec et Démocratie Ouverte

Élections provinciales : quelle place accorderont les partis politiques au gouvernement ouvert et 2.0?

Dans quelques heures, les principaux partis politiques aspirant à former le prochain gouvernement du Québec dévoileront leur programme électoral.  E-Gouv Québec a voulu savoir quelle place accordent ces partis aux enjeux découlant des communications numériques. Nous avons exploré leurs programmes et plateformes actuels, en attente du contenu de leur programme électoral « officiel ».

Le rapport Gouverner ensemble de l’équipe du député de Verdun, Henri-François Gautrin, a-t-il des chances de « survivre » au rendez-vous électoral, voire d’inspirer un futur plan numérique ou une stratégie de communication 2.0? Les formations politiques québécoises sont peu éloquentes et explicites quant à d’éventuelles mesures à prendre pour susciter de véritables échanges sur le Web entre gouvernement et citoyens et pour encourager la participation de ces derniers aux décisions gouvernementales d’importance. Pas un mot non plus sur l’utilisation des technologies pour augmenter la « performance » de l’administration publique québécoise ou pour en accroître l’attraction.

À ce jour, le rapport Gautrin constitue la proposition la plus concrète pour les spécialistes du Web au gouvernement du Québec.

Le Parti libéral du Québec: ouverture des données gouvernementales et encadrement de la participation citoyenne

Dans sa réflexion thématique sur la création de la richesse dévoilée lors de son 31e Congrès des membres les 21, 22 et 23 octobre 2011 (Canaliser les énergies du Québec), le parti gouvernemental propose « d’utiliser les possibilités du Web 2.0 pour améliorer les services offerts à la population et les échanges avec les citoyens » (proposition 22). Cette amélioration verrait le jour à l’aide de 2 mesures, ainsi énoncées :

  • « de rendre publique les données gouvernementales » en « [mandatant] un organisme central comme la Bibliothèque nationale ou l’Institut de la statistique pour mettre ces données à la disposition du public dans un format uniforme de façon à simplifier la recherche de l’information . Tous les ministères et organismes doivent être mis à contribution. Le changement devrait pouvoir être terminé dans un délai d’une année; »

  • d’encadrer la participation citoyenne afin que la population puisse directement contribuer à l’élaboration de politiques publiques. Une directive qui encadrera la participation citoyenne devra être produite d’ici un an, incluant des mesures pour assurer la sécurité des transactions ».

Ces recommandations sont incluses dans le récent « rapport Gautrin », qui a conduit le 2 mai 2012, à la mise en oeuvre des premières bases du « Gouvernement ouvert » tels que la mise en ligne du portail de données ouvertes du gouvernement du Québec le 28 juin dernier.

Le Parti québécois: combler la fracture numérique et s’ouvrir aux logiciels libres

Dans son programme Agir en toute liberté, adopté lors du 16e congrès national du parti les 15,16 et 17 avril 2011, le Parti québécois évoque une première fois la question de l’Internet alors qu’il annonce ses intentions en matière de « rayonnement culturel ». La formation de Pauline Marois annonce ainsi qu’elle « reprendra l’ensemble des pouvoirs et des budgets en matière de culture et de communications actuellement contrôlés par le gouvernement fédéral », notamment en

  • « assurant l’accès à la téléphonie sans fil et à Internet haute vitesse sur l’ensemble du territoire québécois;

  • créant, dans Internet, un nom de domaine québécois ».

Aspirant par ailleurs à la création d’un État performant et responsable, le Parti québécois s’engage à élargir « les appels d’offres informatiques aux logiciels libres » et à instaurer « dès son arrivée un groupe conseil, libre d’intérêts particuliers, pour le guider sur le virage à prendre ». S’il évoque la transparence dans une volonté de rendre public la rémunération des hauts fonctionnaires et des « directions de société d’état » et d’en débattre, le parti souverainiste ne mentionne pas les données ouvertes dans son programme.

Coalition avenir Québec: engagement en faveur d’un gouvernement ouvert

Les 21 et 22 avril 2012, les membres de la Coalition avenir Québec réunis en congrès de fondation ont adopté 54 propositions sous le thème « Relançons le Québec ensemble et maintenant ». Aspirant à « tenir les Québécois informés de l’état des finances publiques de manière complète et transparente » (proposition 28), les caquistes miseront entre autres, pour atteindre cet objectif, sur « l’adoption d’une politique de gouvernement ouvert à travers la création d’une plate-forme de publication de données ouvertes, libre et accessible ». Nous nous permettons donc de supposer qu’ils appuieront eux aussi le récent portail de données ouvertes du gouvernement du Québec.

Option nationale: Internet sur tout le territoire québécois

Combler la fracture numérique constitue aussi un objectif pour Option nationale. Dans sa plateforme de fondation adoptée le 25 février 2012, la formation politique de Jean-René Aussant énonce qu’elle « fera en sorte que l’Internet haute-vitesse soit systématiquement implanté sur tout le territoire du Québec par le biais d’appels d’offres intégrés, reconnaissant le fait que cette technologie est aujourd’hui un outil de communication, d’éducation, de formation et de développement économique, social et politique ».

On milite aussi en faveur de la mise sur pied d’une « Commission nationale de la démocratie participative dont le rôle sera d’étudier, de proposer, de développer, d’encourager et d’encadrer, tant aux échelles nationale, régionale que locale, divers mécanismes et initiatives dans les domaines économique et politique ». Le parti ne précise toutefois pas si cette commission recourra aux médias sociaux ou à d’autres moyens de communication numérique pour parvenir à ses fins.

Québec solidaire et Parti vert du Québec : silence sur les enjeux 2.0

Les documents constituant le programme de Québec solidaire ne contiennent aucune référence aux enjeux découlant du gouvernement ouvert et 2.0. Silence aussi sur ces enjeux dans la Plateforme électorale 2012 du Parti vert du Québec.

E-Gouv Québec en veille électorale

Nous l’avons déjà remarqué depuis quelques semaines, les politiciens utiliseront les réseaux sociaux durant la campagne électorale. Mais est-ce que les différents partis traiteront et se positionneront sur les enjeux tels que le gouvernement ouvert, le plan «nerd» (déploiement d’une stratégie numérique nationale), les logiciels libres et les autres sujets reliés à la démocratie ouverte, aux communications numériques et aux technologies de l’information?

L’équipe de E-Gouv Québec veillera et sera attentive aux discussions et échanges sur ces questions pendant cette campagne électorale parce qu’entre autres, nous ne sommes pas convaincus que les grands médias s’attarderont à ce sujet qui touche pourtant toutes les sphères de notre société et aussi, parce que ces questions nous passionnent.

Et vous, vous en pensez quoi? Faites-nous part de vos commentaires, vos observations, vos questions et si vous militez pour un parti politique, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées tout en vous identifiant clairement. 🙂

Bonne campagne électorale à tous et toutes!

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

Entrevue avec Jean-François Gauthier du collectif Démocratie Ouverte

Tout comme Montréal Ouvert, Capitale Ouverte, Gatineau Ouverte et plus récemment Québec Ouvert, Démocratie Ouverte est un collectif de citoyens qui fait la promotion des principes du gouvernement ouvert et transparent.

Mais en quoi ce groupe est-il différent des autres et quels sont ses objectifs? Le 5 juin dernier, notre équipe de reportage a rencontré Jean-François Gauthier, un des membres fondateurs de Démocratie Ouverte, afin qu’il nous présente ce regroupement de citoyens. Voici cette entrevue vidéo.

Pour en savoir plus sur Démocratie Ouverte :

Autre lien (mentionné par Jean-François durant l’entrevue) :

Merci à Patrick Byrne qui était à la caméra (iPad) lors de l’enregistrement.

Patrick Parent, E-Gouv Québec

Le rapport Gautrin: une vision de l’intérieur.

« Le Web 2.0, au gouvernement, n’est pas un projet technologique, mais un ensemble de changements de pratiques, rendus possibles, voire nécessaires, grâce au développement de nouvelles applications. » – Monsieur Henri-François Gautrin

L
L’aventure Gautrin du mandat d’analyse jusqu’au dévoilement du rapport « Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliora-t-il les services aux citoyens? ». Une aventure qui ouvre la porte maintenant à des actions concrètes annoncées lors de la conférence de presse du 2 mai dernier.

Joëlle Bernard, l’une des ressources clés qui a travaillé avec M. Gautrin, nous présente les grandes lignes des travaux de l’équipe, les principales recommandations du rapport et les annonces gouvernementales en matière de gouvernement ouvert.

Les événements en bref

Vous vous rappelez du mandat? M. Henri-François Gautrin, député de Verdun et leader parlementaire adjoint du gouvernement, a été mandaté pour mener des travaux sur l’utilisation du Web 2.0 au gouvernement et proposer des stratégies d’action afin que le Québec puisse en tirer tous les avantages possibles.

En février 2012, le rapport a été déposé officiellement à l’Assemblée nationale et une démarche a été entamée par l’appareil gouvernemental afin de répondre aux recommandations. Le 2 mai dernier, le rapport a été rendu public, et cela, avec une position gouvernementale qui annonce des actions à venir très concrètes.

Plusieurs craignaient que ce rapport soit tabletté, détrompez-vous! «Le gouvernement s’engage à mettre en oeuvre toutes les recommandations du rapport Gautrin», a affirmé Mme Courchesne lors de la conférence de presse. Bonne nouvelle!

Le rapport

« Gouverner ensemble : Comment le Web 2.0 améliorera-t-il les services aux citoyens ? »

Couverture du rapport Gouverner ensemble.

Couverture du rapport Gouverner ensemble.

Le rapport présente 32 recommandations sur les questions de transparence gouvernementale, de participation citoyenne et de collaboration entre les employés de l’État. Il est le fruit d’une vaste consultation, d’abord sous forme traditionnelle auprès des dirigeants de la fonction publique québécoise, puis sous forme de débat sur Internet auprès des employés de l’État et du grand public.

Il se divise en trois parties :

1. « Qu’est-ce que c’est ? » : Le Web 2.0 dans les autres pays et au Québec

La première partie explicite les concepts, expose les expériences d’autres gouvernements et relate les essais tentés au gouvernement du Québec

2. « Pourquoi » : Un gouvernement 2.0

La seconde partie établit les attentes quant à l’utilisation du Web 2.0, soient :

  • une plus grande transparence dans l’action gouvernementale;
  • une participation accrue des citoyens à la gestion de l’État ;
  • une meilleure collaboration entre les acteurs de la fonction publique.

3. «Comment ? » : La mise en oeuvre du gouvernement 2.0

La troisième partie aborde les moyens de mise en œuvre de cette vaste transformation, les questions de gouvernance, les problèmes de sécurité et enfin, la problématique de la fracture numérique.

Les stratégies d’action qui sont proposées offrent des possibilités bénéfiques pour dynamiser les rapports que le gouvernement entretient avec la population, innover dans la prestation de services, dans les processus et dans les services au personnel.

Constituant un premier pas vers l’atteinte d’un gouvernement ouvert, le rapport repose sur trois grands principes :

TRANSPARENCE GOUVERNEMENTALE

  • Donner un plus grand accès aux données gouvernementales de façon progressive
  • Divulguer de façon proactive les données d’intérêt publiques sur un site unique (exclusion des données à caractère personnel)
  • Accès aux données dans un format utilisable, libre et compatible avec des logiciels de traitement de données

Exemple de la Colombie-Britannique:

La Colombie-Britannique a créé DATABC un site qui contient les ensembles de données divulguées par les ministères et organismes et une plateforme interactive destinée aux citoyens.

PARTICIPATION CITOYENNE

  • Stimuler et favoriser la participation citoyenne
  • Changer le rapport entre le gouvernement et le citoyen
  • Obtenir une rétroaction et démontrer comment on tient compte des opinions émises
  • Faire appel à lʼintelligence collective pour associer les citoyens à lʼélaboration, au suivi et à l’évaluation des projets gouvernementaux et des services publics.

Exemple des États-Unis:

Site web Challenge.gov

Site Web Challenge.gov du gouvernement fédéral Américain.

Challenge.gov est une plateforme de défi en ligne visant à encourager l’innovation à coût modeste, le partage de connaissances et de solutions pour répondre aux défis de l’État.

COLLABORATION INTERNE

  • Décloisonnement de la fonction publique
  • Participation accrue des employés au sein de leur organisation
  • Accélération de lʼinnovation provenant du personnel
  • Partage dʼinformation et des bonnes pratiques
  • Création de projets de collaboration et de communication (plateformes interactives)

Exemple du Canada:

GCPedia est un Wiki interne des employés du gouvernement fédéral du Canada.

GCPedia est un Wiki interne des employés du gouvernement fédéral du Canada.

GCPedia est un wiki interne du gouvernement canadien qui vise à favoriser la collaboration et le partage de connaissances internes entre les employés de lʼadministration publique.

En plus du rapport, trois annexes supplémentaires sont également disponibles en ligne :

Les actions annoncées

Depuis le dépôt du rapport à l’Assemblée nationale le mandat s’est terminé et l’équipe Gautrin s’est peu à peu dissoute. Un comité de gouvernance a maintenant été mis en place présidé par M. Gautrin et composé du Dirigeant principal de l’information et du Secrétaire à la communication gouvernementale afin de veiller au déploiement du gouvernement ouvert. Un portail de données ouvertes (www.donnees.gouv.qc.ca) est d’ailleurs prévu pour la fin du mois de juin. D’autres actions annoncées: la publication d’un tableau de bord sur l’état de santé des projets informatiques, une plateforme participative (www.defis.gouv.qc.ca) pour renforcer la participation du public à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des services publics. Consulter la liste des actions annoncée le 2 mai au sein du communiqué Le gouvernement du Québec s’engage sur la voie du gouvernement ouvert.

Je vous invite également à suivre les travaux de mise en oeuvre sur Twitter @GouvOuvertQc et surveiller le site Web http://ouvert.gouv.qc.ca.

Vous pouvez également visionner la vidéo « Gouvernement ouvert » créée et animée par l’agence Web Chalifour pour expliquer les grandes lignes du rapport Gautrin sur un gouvernement ouvert au Québec.

P

Participation au groupe Gautrin Web 2.0

C’est au mois de mai 2011 que j’ai intégré l’équipe Gautrin, et ce, dans le cadre de ma maîtrise en analyse et développement des organisations. Je me suis jointe à un petit think tank majoritairement composé de jeunes.

À ce moment, une première consultation avait été réalisée de façon plus tradionnelle et on se préparait à se lancer dans une aventure numérique. Inspiré de la consultation américaine, en un mois seulement, une plateforme a été mise sur pied, prêt pour le lancement de la consultation privée (juin 2011) et peu de temps après pour le lancement de la consultation publique (juillet 2011).

C’est en sollicitant la participation des employés de l’État, du grand public et en collaborant de façon constante avec l’appareil gouvernemental et avec plusieurs collaborateurs que ce projet est devenu une réalité et que le rapport à vu le jour. Et ce, en plus d’une tonne de lectures, de quelques analyses et de rencontres avec des gouvernements étrangers (NY et BC). Je ne dis pas que le chemin de cette aventure est parfait, mais je suis contente du travail accompli compte tenu du peu ressource à notre disposition.

Logo de la consultation Gautrin

Logo Gautrin Web 2.0

Les réseaux Twitter et Facebook ont été mis à contribution pour stimuler la participation, mais aussi favoriser le partage d’information. Au total, environ 900 abonnés au compte Twitter @GautrinWeb2 et 220 au compte Facebook Consultation publique – Gautrin Web 2.0. Pour moi, les réseaux ont été une source de motivation. Ils m’ont permis de me recentrer, de me questionner, de me corriger et surtout d’accéder rapidement aux actualités sur le sujet d’analyse.

Cette aventure, qui par moment m’a coupé le souffle, m’a passionné du début jusqu’à la fin. J’ai constaté, au fur et à mesure qu’on avançait, à quel point ces stratégies une fois déployées pouvaient avoir de l’impact sur la société d’aujourd’hui.

L’équipe a eu la chance d’avoir à sa tête un vétéran aux idées visionnaires, avec une bonne connaissance de l’appareil public qui a accordé à son équipe une très grande confiance. Ce fut un privilège et un plaisir de travailler avec M. Gautrin qui n’a pas eu peur de foncer, de prendre des risques et de travailler de façon collaborative, très proche de son équipe!

Site de la consultation publique

Page d’accueil de la plateforme de consultation publique.

P
Un souhait pour la suite des choses

Mon souhait est de voir l’administration publique se doter d’une vision innovante, commune, ouverte et mobilisatrice où pourra réellement se déployer un gouvernement ouvert. Une vision forte portée par nos hauts dirigeants, mais aussi par l’ensemble des employés. Une administration publique pour le public et avec le public. Un milieu de travail stimulant pour les employés de l’État où la collaboration et l’innovation diminuent lourdeur et peur.

Représentant l’espoir d’un gouvernement plus transparent et responsable, capable de fournir à ses citoyens une forme de gouvernance directe et personnalisée, un gouvernement 2.0 offre de nombreuses possibilités qu’il faut saisir maintenant, à un moment où le déficit démocratique et le cynisme politique semblent réguler la scène.

Le défi maintenant c’est de travailler différemment et ensemble. Le changement ne vient pas sans résistance et sans crainte, et là, appel à tous les leader public, votre persévérance et votre positivisme aideront la cause.

Merci à E-Gouv Québec pour cet espace de parole et merci pour votre collaboration et votre soutien constant au cours de cette aventure.

Salutations à tous les membres de «Gautrin sur le Web 2.0» et bravo à tous ceux qui ont contribué à nos travaux!

En route vers un gouvernement ouvert, ensemble!

Joëlle Bernard, conseillère en développement des compétences, Gouvernement du Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Joëlle Bernard : Dans le cadre de sa maîtrise en analyse et développement des organisations, Joëlle a participé activement aux travaux du groupe Gautrin sur l’utilisation du Web 2.0 par le gouvernement du Québec. Elle est actuellement conseillère en développement des compétences au gouvernement, notamment dans le domaine des TI et de la gestion de projet.


Faire des sites pour mobiles – première partie: Pourquoi faire des sites pour mobiles?

4 juin 2012 4 commentaires

De plus en plus, dans les projets Web, nous nous faisons demander s’il faut tenir compte du mobile, et surtout, comment s’y prendre. Puisque c’est une tendance lourde actuellement, E-Gouv Québec a décidé de vous présenter une série d’articles qui pourront démystifier ce qu’est le mobile et comment nous devrions aborder le sujet.

Cette série se découpe en trois volets:

Il est à noter que ces articles sont principalement destinés au personnel de la fonction publique du gouvernement du Québec, mais il est certain que bien des informations pourront être utiles pour bien d’autres personnes.

De plus, si vous désirez avoir un cours technique sur les méthodes du design adaptatif, vous n’êtes pas au bon endroit. Elles seront abordées en survol, sans plus. Je vous invite à faire quelques recherches plus poussées et peut-être même de regarder des «frameworks» si le coeur vous en dit!

Première partie: Pourquoi faire des sites pour mobiles?

C’est indéniable, on ne peut plus se cacher la tête dans le sable, le mobile est là pour rester. Effectivement, depuis la sortie du premier iPhone de Apple, il y a eu une révolution dans le monde de la consommation d’Internet sur petits appareils.

Alors, pourquoi doit-on faire de sites pour ces appareils? parce que nos utilisateurs sont de plus en plus sur ces plateformes. Selon les calculs, les pays, la langue ou tout autres facteurs, d’ici quelques années, le nombres de bidules électroniques branchés nous permettant d’accéder au Web dépasseront les ordinateurs de bureau. Ainsi, on passera plus de temps et consultera plus de sites sur nos tablettes, téléphones, consoles de jeux portables ou toute autre future variante.

Donc, ça va de soi, nous devons nous assurer que nos sites soient le plus possibles utilisables et adaptés à cette clientèle grandissante. Et détrompez-vous, ce ne sont pas tous des jeunes! Pour preuve, le président Obama a tout récemment déposé une directive obligeant les organisations publiques majeures à offrir des sites pour mobiles d’ici un an! La clientèle justifie le moyen.

Alors, comment s’y prendre? Que doit-on y retrouver? Ces questions, les prochains articles tenteront d’y répondre. Le premier se veut surtout une démystification de ce qu’est le mobile et comment s’y retrouver.

Ok, alors, le mobile, c’est quoi?

La mobilité est une manière relativement récente d’accéder au Web. Traditionnellement, on considérait que l’internaute accéderait au Web par le biais d’un ordinateur de table, avec un écran d’une résolution standard et utiliserait un clavier et une souris.

Une définition simple, voire simpliste, de la mobilité serait la suivante:

Capacité d’accéder au Web sur un appareil tout en permettant à l’internaute de demeurer en mouvement.

Cette définition a plusieurs implications :

  • l’appareil doit être de taille réduite;
  • la méthode d’accès au Web n’est pas définie ou connue;
  • le type d’accès peut être variable;
  • le type d’affichage est variable.

Partant de ce constat, le marché actuel (premier trimestre 2012) est en complète explosion. On retrouve divers appareils pouvant correspondre à cette définition :

  • Feature phone, ou téléphone cellulaire avec fonctions améliorées.
  • Ordiphones ou téléphones intelligents (tailles variables).
  • Tablettes (généralement 10, 9, 7 pouces).
  • Hybrides : Phablets, téléphones intelligents de grande taille ou Padphones, des téléphones qui peuvent être couplés à une tablette.

Figure 1: Un téléphone intelligent, une phablet et une tablette Samsung pour présenter les variantes de tailles. Source Zomgnetwork.com.

Figure 2: Le Padfone®, un padphone de Asus prévu au courant de l’année 2012. Source Asus.com

On pourrait ajouter que de nouvelles technologies pourraient avoir des implications sur ce qu’est la mobilité ou ce que sera la mobilité. On a qu’à penser à la technologie Glass de Google qui pourrait, au même titre que le iPhone en 2007, bouleverser l’univers de la mobilité… ou pas du tout.

Tel que le mentionne Ethan Marcotte, dans son livre « Responsive Web design » :

«… nous concevons pour plus d’appareil, plus de modes de saisie [de données], plus de résolutions [d’écrans] que jamais auparavant. Le Web a évolué au-delà de l’ordinateur de bureau, et on a franchi le point de non-retour. »

Des initiatives, telles que Future Friendly, tente de promouvoir l’ouverture vers l’avenir en concevant des sites qui seront susceptibles de s’adapter aux technologies et aux approches d’accès au Web que l’on ne peut même pas prévoir :

« La rupture ne peut que s’accélérer. La quantité et la diversité d’appareils connectés – dont plusieurs n’ont même pas encore été imaginés – va exploser, tout comme la quantité et la diversité des utilisateurs de ces appareils dans le monde. Nos standards, processus et infrastructures actuels ne pourront tenir le coup. »

Finalement, même le World Wide Web Consortium, via son initiative de mobilité, reconnaît que l’on doit s’assurer d’une portabilité maximale de l’information de façon indépendante de l’appareil utilisé :

«La mission du W3C inclus la nécessité de s’assurer que le Web soit disponible sur le plus d’appareils possible. Avec l’apparition grandissante d’appareils mobiles puissants dernièrement, le rôle du Web comme plateforme de contenu, d’applications et de services prend encore plus d’importance.»

Des fonctions augmentées

L’un des gros avantages de la mobilité, c’est la capacité qu’ont les appareils avec l’ensemble des trucs déjà embarqués. Ainsi, contrairement à un ordinateur de bureau, qui nécessite souvent des ajouts manuels ou bien qui ne possèdent pas tous les mêmes périphériques, on peut considérer que pratiquement tous les appareils mobiles permettent un acccès à ces fonctions:

  • la géolocalisation (GPS);
  • l’appareil photo;
  • le carnet de contacts;
  • le téléphone;
  • les SMS;
  • la reconnaissance vocale;
  • les écrans tactiles…

L’un des avantages indéniables de la mobilité est donc de mettre à profit ces technologies pour aider l’utilisateur à remplir sa tâche. La manière d’utiliser ces fonctions, le moment et les avantages ne feront pas l’objet du présent document car il est difficile de répondre de façon précise à des problèmes encore inconnus et aux méthodes en constante évolution. Voici malgré tout quelques exemples :

  • Alertes par SMS lors que dans une file d’attente (à l’urgence) ou bien lorsqu’un paiement est arrivé (une joie!).
  • Transmettre un document photographié par courriel (plutôt que le numériser).
  • Utiliser le lieu géographique pour trouver le bureau le plus proche (facile, celle-là).

On devrait toujours s’assurer de simplifier la vie de l’internaute. Il est donc souhaitable que soient prises en considération ces technologies lorsqu’un appareil mobile est utilisé pour transiger avec le gouvernement.

Au-delà de la technologie, il y a des gens…

La notion de mobilité va au-delà de la technologie. On parle ici d’une manière totalement nouvelle d’interagir avec l’information, qui peut varier selon des éléments liés :

  • au contexte (le lieu, le temps, l’environnement…);
  • à la technologie;
  • à la tâche à effectuer;
  • à bien d’autres choses…

L’utilisateur qui utilise son mobile le fera généralement pour répondre à un besoin immédiat. Il aura besoin d’une information, de faire une tâche ou bien d’entrer en contact avec quelqu’un immédiatement.

Il est donc important de mettre l’utilisateur au centre et de toujours se rappeler du besoin initial du site. On doit s’assurer que ce qui sera fait remplira le besoin.

L’utilisateur d’un service gouvernemental sur le Web, qu’il soit sur mobile ou non, a un besoin précis. Le site doit y répondre.

Quelle est la situation actuelle du mobile?

Le principal constat que l’on peut faire à la vue de l’écosystème et du marché de la mobilité, c’est qu’il n’y a pas de standard, ni de chemin bien défini. Ce manque de maturité a comme effet que le développement pour mobile est un champ d’expertise en pleine évolution où la majorité des acteurs agissent par essais et erreurs.

L’utilisation des appareils mobiles est exponentiel. Comme le démontre des sondages de la firme Ipsos, la pénétration des appareils intelligents a crû de 10% soit à 34% en janvier 2012, pour une période de seulement six mois.

Effectivement, le marché des téléphones mobiles se convertis rapidement des téléphones traditionnels (feature phones) aux téléphones intelligents (13% d’augmentation) et aux tablettes (66% d’augmentation).

De plus en plus d’utilisateurs d’ordinateurs de bureau faisant face au besoin de changer leur appareil se tourne vers des tablettes, ce qui change la donne. Le prochain graphique démontre l’évolution des marchés au cours des dernières années, on y remarque notamment que, pour la première fois, le marché des PC est en déclin et se partage approximativement 50/50 avec le marché mobile, qui, lui est en explosion.

Figure 3: Évolution du marché traditionnel versus les marchés mobiles au cours des dernières années. Source gigaom.com


Que doit-on en conclure?

Voilà, que faut-il conclure de tout ce charabia? En fait, le mobile est là pour rester, et il est éclaté, voire complètement anarchique. Ainsi :

  • le marché est en constante évolution et en changement, au profit des appareils mobiles;
  • il n’y a pas de standards de conception, de systèmes d’exploitation, de tailles d’écrans ou bien de fonctionnalités;
  • le Web mobile est là pour rester et les utilisateurs seront de plus en plus nombreux à accéder au Web par mobiles;
  • les appareils mobiles disposent d’avantages indéniables et de limitations parfois fâcheuses…

Ainsi, il n’y a pas de standards sur la conception de sites pour mobiles, mais on se doit de satisfaire cette clientèle grandissante. Le prochain article vous présentera les choix qui s’offrent à vous pour concevoir vos sites pour mobiles, car, même Barack Obama le dit: les grandes organisations doivent faire des sites qui seront utilisables pour téléphones intelligents!

Ne manquez pas le prochain article sur le même sujet :  Quelle sont les options techniques?

Thierry Goulet, stratège Web, Gouvernement du Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Thierry Goulet : Thierry est stratège Web au gouvernement du Québec. Il est un passionné du Web, des technos et, surtout, il tente de faire avancer le gouvernement dans son utilisation des technologies pour rendre des services aux citoyens. Vous pouvez aussi le lire  sur son blogue.

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