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Une collaboration internationale pour la promotion du Gouvernement ouvert

18 novembre 2013 2 commentaires

Vous le savez, le Web et les réseaux sociaux nous permettent maintenant d’échanger avec n’importe qui d’où qu’il soit sur la planète (à condition d’être connecté, évidemment). Parfois, les simples échanges peuvent aussi se transformer en collaboration bien concrète. C’est ce qui nous est arrivé dernièrement avec un groupe, comparable à E-Gouv Québec, de la Catalogne en Espagne ! Je vous raconte cette belle histoire. Lire la suite…

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JIQ 2012 – Le gouvernement ouvert en Colombie-Britannique : les faits saillants avec David Hume

4 décembre 2012 5 commentaires

Les données auxquelles un gouvernement donne accès (données ouvertes) sont non seulement utiles et bénéfiques aux citoyens, mais aussi aux fonctionnaires qui soutiennent le travail de ce gouvernement. C’est ce qu’a confirmé David Hume, directeur exécutif, mobilisation des citoyens, pour le gouvernement de la Colombie-Britannique, lors de la JIQ 2012 à Québec le 19 novembre dernier.

Décrivant l’impressionnant plan numérique de son administration, M. Hume a mis en lumière le nécessaire et incontournable soutien politique à cette démarche de transparence. Un souci d’amélioration continue et une remise en question constante doivent selon lui accompagner toute démarche de ce genre. S’ouvrir n’est en somme que le début d’un processus extrêmement emballant, dont voici les principaux faits saillants et résultats.

Une orientation donnée en haut lieu

La première ministre actuelle de Colombie-Britannique, Kristy Clark, accède à son poste le 14 mars 2011 dans un contexte marqué par la déception des citoyens à l’égard de leurs dirigeants. Mme Clark prend alors position en faveur d’un échange accru du gouvernement avec les citoyens et de l’implication de ces derniers dans la résolution de problèmes et l’élaboration de politiques. Faire avec eux, plutôt que faire pour eux, en exploitant le potentiel de la technologie, telle est l’orientation donnée en haut lieu.

La fonction publique doit réagir à cette volonté politique. Bonne nouvelle, les employés de l’État appuient cette aspiration d’un gouvernement plus interactif et d’une démocratie véritablement incarnée.

Évidemment, le plan numérique pensé par les sous-ministres et dirigeants d’agences sous la houlette d’un haut fonctionnaire s’adresse d’abord aux citoyens. Ce plan s’appuie sur 2 principes fondamentaux, soit :

  • l’ouverture : rendre l’information gouvernementale accessible pour favoriser la transparence et susciter la création d’outils ou d’applications utiles au bien commun;
  • l’interaction : mettre à profit les données ouvertes ou des plateformes de consultation 2.0 pour écouter et faire participer les citoyens à la réflexion entourant les politiques publiques.

Or, la stratégie gouvernementale privilégie aussi :

  • l’autonomie : comment concevoir des services en ligne qui répondent aux besoins des citoyens et grâce auxquels ils pourront transiger avec l’État simplement, sans l’aide des fonctionnaires qui pourront se consacrer à d’autres tâches ou mieux accompagner les clientèles plus vulnérables;
  • l’innovation : comment donner la possibilité aux employés de l’État d’expérimenter de nouveaux outils, notamment de travailler avec leur propre appareil mobile.
M. David Hume

JIQ 2012 – M. David Hume, directeur exécutif de la mobilisation des citoyens au gouvernement de la Colombie-Britannique. (Photo : Patrick Parent)

Des données qui comblent les lacunes de la fonction publique

C’est ainsi que les premières données ouvertes mises en ligne contiennent des informations utiles, certes, aux citoyens dans leur vie quotidienne, mais aussi aux fonctionnaires, dont on souhaite stimuler l’initiative et la créativité afin de résoudre des problèmes. Le gouvernement veut enrichir ses échanges avec sa fonction publique, la mettre davantage à profit. L’ouverture permettra de combler des lacunes dans la collaboration entre ministères.

« On voulait que les gens se passionnent pour nos données! », se rappelle David Hume. « Get excited and make things! », que ce soit participer au développement économique ou à des projets de recherche en santé.

L’ouverture ne s’est pas fait sans résistance à l’interne. De l’avis de certains fonctionnaires, les citoyens pourraient ne pas comprendre les données ou mal les utiliser.

N’empêche qu’à l’heure actuelle, le tiers des utilisateurs du site DataBC sont des employés de l’État. DataBC favorise donc l’échange de connaissances entre les membres de la fonction publique.

Transparence accrue dans la démarche d’accès à l’information

Le gouvernement britanno-colombien accompagne la mise en ligne de données publiques d’une révision en profondeur de sa procédure d’accès à l’information. Le site Open Information fait désormais écho à toutes les demandes d’accès transmises à l’administration.

On répond à une demande 72 heures après sa formulation. Des données aussi sensibles que les frais de déplacement de la première ministre et des ministres sont publiées dans ce site extrêmement populaire.

On relève en effet une augmentation considérable dans le nombre de demandes d’accès à l’information depuis sa mise en ligne. Open Information a suscité un réel intérêt envers l’information gouvernementale.

Les citoyens ne se contentent pas toujours des réponses obtenues à la suite d’une première demande: ils requestionnent leur gouvernement et approfondissent les sujets qui les animent. Au point que le volume important de demandes est parfois difficile à gérer!

Une consultation en continu qui permet de recueillir de nouveaux points de vue

À la publication d’information susceptible d’aider les citoyens à participer à la vie de l’État s’ajoute la mise en place d’une plateforme de consultation de ces acteurs cruciaux de la vie démocratique. GovTogetherBC  rassemble aujourd’hui toutes les conversations qu’entretient le gouvernement avec ceux qu’il administre, que ce soit en matière d’environnement, d’éducation ou de santé.

On a par exemple consulté le public sur la date à adopter pour un nouveau congé familial destiné à tous les citoyens de la province. Actuellement, la Colombie-Britannique prépare un plan en matière d’emploi, qui répond à une des priorités gouvernementales. Elle le conçoit en collaboration avec le grand public, bénéficiant ainsi des points de vue de gens « qu’on n’aurait jamais pu avoir autrement, celui des femmes de travailleurs de métiers, par exemple », affirme David Hume.

Rendre les citoyens autonomes grâce aux services en ligne

Alors que l’administration britano-colombienne songe à faire preuve d’ouverture et de transparence, elle constate que les services en ligne qu’elle dispense ne sont pas très efficaces. Les sites Web gouvernementaux mettent de l’avant des contenus plus ou moins populaires auprès des citoyens, dont les messages de ministres…

On décide de situer le libre-service au cœur des contenus en ligne gouvernementaux, de centrer ces contenus autour des besoins des utilisateurs, plutôt que de la structure gouvernementale, complexe à décoder par les citoyens. S’enclenche alors une vaste consultation auprès de ces derniers.

Les fonctionnaires leur demandent quels services ils souhaitent obtenir. Des employés de l’État se rendent observer les échanges aux comptoirs de l’équivalent de Services Québec en Colombie-Britannique. D’autres se rendent directement chez les gens. On veut les écouter, pour concevoir des services en ligne sur la base de faits, et non de perceptions.

Autre principe qui guide l’administration publique dans sa réflexion sur ses services en ligne : l’accessibilité sans compromis. Penser à tous les types d’internautes, y compris les moins habiles avec le Web, faciliter le repérage d’information en présentant d’abord les nouveautés, en améliorant la navigation et en privilégiant l’image et la vidéo, adopter une approche équilibrée entre les services et la messagerie.

Cette réflexion conduit au lancement du site gov.bc.ca. Dans peu de temps, les sites Web des ministères seront intégrés à ce site fédérateur dans lequel, selon M. Hume, citoyens et entreprises trouvent aisément les renseignements qu’ils cherchent.


JIQ 2012 – Le gouvernement ouvert en Colombie-Britannique par E-Gouv Québec sur la chaîne Vimeo.

Tester, bonifier, écouter

La réflexion de la Colombie-Britannique en matière numérique ne prend pas fin avec le lancement des sites Web mentionnés.

L’ouverture n’est que le début d’une démarche d’interaction entre un gouvernement, une administration publique et les citoyens, constate David Hume. Une fois les données mises en ligne, il faut créer une communauté autour d’elles, les promouvoir par des conférences, mettre en place une culture qui « favorise l’ouverture et l’innovation ».

« On pense parfois que le public est un risque à gérer plutôt qu’une ressource à exploiter », soutient M. Hume, convaincu du contraire. Il a d’ailleurs profité de son passage à la JIQ pour inviter le gouvernement du Québec à ouvrir ses données, pour être plus efficace.

Le site gov.bc.ca fait quant à lui l’objet d’améliorations continues en matière d’ergonomie. Les responsables du site le testent continuellement auprès de citoyens, notamment ceux qui se servent de systèmes d’assistance pour naviguer. Les canaux d’échange demeurent ouverts avec le public pour améliorer le produit offert.

« Où allons-nous maintenant? »

C’est la question que se pose le comité de décideurs responsable des choix du gouvernement en matière numérique.  Les gens qui ont mis en place les premiers outils de la stratégie numérique sont-ils les mieux placés pour continuer à coordonner leur développement? Centralisées jusqu’à ce jour en haut lieu, les activités de conception de services en ligne et d’ouverture de données se déplacent vers les ministères qui commencent à prendre la relève.

Qu’avons-nous appris de tout ce processus? Quelle est la meilleure structure d’équipe à établir? Quelle est la gouvernance de données à mettre en place pour favoriser le partage de données? Ce sont des éléments essentiels pour livrer la marchandise promise par notre première ministre, croit David Hume.

« C’est parfois bizarre de vivre dans l’incertitude, l’ambiguïté, mais c’est une condition nécessaire pour réfléchir aux services en ligne les plus adéquats », déclare ce jeune haut fonctionnaire, qui voit dans l’écoute des citoyens, la cohésion et la cohérence les conditions essentielles à la poursuite du plan numérique de son gouvernement.

« L’avenir m’emballe! » lance-t-il avec enthousiasme. Nous poursuivrons notre travail de concertation auprès d’autres organisations publiques pour mieux régler les problèmes de nos citoyens. Il y a beaucoup d’occasions à saisir dans ce domaine pour créer les changements durables dans nos organismes. »

Les britano-colombiens éliront un nouveau gouvernement le 14 mai 2013. Quel sera l’avenir du plan numérique? Le nouveau gouvernement poursuivra-t-il les efforts entrepris? C’est aussi ça vivre dans l’ambiguïté…

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

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Retour sur le colloque «Villes intelligentes, villes durables»

Le 25 avril dernier se déroulait à Québec le colloque «Villes intelligentes, villes durables» organisé par l‘Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) de l’Université Laval. De nombreux conférenciers y ont présenté différentes facettes de ces «Smart cities», de l’intelligence des villes et de leurs communautés numériques.

Les lectures que font ces chercheurs et artisans relataient les mutations à l’oeuvre, à Québec ou ailleurs, sur lesquelles Marie-Andrée Doran, directrice de l’ITIS, souhaitait que se penchent les 120 participants à ce colloque. D’entrée de jeu, Sehl Mellouli, Theresa Pardo et J. Ramon Gil-Garcia y ont dévoilé les premiers résultats de leur étude traitant des innovations dans plusieurs villes et communautés intelligentes dans le monde (dont Québec, New York, Philadelphie, Mexico, Macao, Shangaï). Ces résultats allaient donner le ton à l’événement. Des 37 projets évalués et des 87 interviews réalisés auprès d’acteurs impliqués par ces projets, les chercheurs sont parvenu à identifier ce qui est au coeur de ces communautés intelligentes: des projets impliquant l’adoption de nouvelles structures, une utilisation accrue des médias sociaux, des appareils mobiles, des structures collaboratives au centre desquelles la communication et l’interaction entre les institutions et le citoyen permettent de bâtir une culture organisationnelle propice à l’émergence de projets innovants aptes à faire face aux problèmes contemporains de nos communautés.

Les participants ont ensuite pu constater comment s’intégrait ce concept de ville intelligente à Québec alors que Gilles Noël, directeur général adjoint des services de soutien de la Ville de Québec, Jean-Marie Tirbois, directeur des programmes d’affaires chez Almérys et moi-même, coordonnateur chez ZAP Québec, avons présenté des initiatives décrivant comment le numérique peut permettre une participation accrue du citoyen dans sa communauté. Plusieurs des initiatives présentées lors de ce colloque sur les Villes intelligentes se retrouvaient d’ailleurs au dossier de candidature de Québec au titre de Communauté intelligente de 2012 auprès de l’Intelligent Community Forum. Carl Viel, PDG de Québec International, a d’ailleurs souligné que c’était à son sens cette collaboration étroite entre différents acteurs qui faisait déjà de Québec la communauté gagnante alors que tous présentaient ce même souci que leur projet puisse améliorer la vie de nos communautés, de leurs citoyens.

L’après-midi était consacré à l’étude des pistes d’avenir pour les communautés intelligentes, de ces trames porteuses de solutions au niveau économique, de la planification urbaine et des transports notamment. Les présentation «S’inspirer du Web pour penser la ville intelligente», notamment en matière d’infrastructures décentralisées de transport des ressources (Benoît Montreuil, Chaire de recherche en ingénierie d’entreprises, Université Laval) et « Ville intelligente et planification urbaine » (Carole Després, Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD)) furent l’occasion de mieux comprendre la proximité et les impacts sociaux de ces importants projets de recherche en termes d’innovations enrichissant notre façon de concevoir les villes intelligentes.

Et il n’était pas question que d’avenir lors de ce colloque, ainsi que l’ont démontré les participants à la table ronde animée par Matthieu Dugal qui réunissait Nicolas Roberge, président d’Evollia et cofondateur de Capitale Ouverte, Claude Racine de la Voix des entrepreneurs en TI de Québec (VETIQ), Jules Bois d’IBM et Nathalie Quirion du Parc technologique de Québec. Le quotidien de ces acteurs, les exemples concrets tirés de leurs expériences en matière d’applications, de collaboration et d’innovation vont bien au-delà de l’imaginaire de l’intelligence, pour reprendre les mots de Milad Doueihi, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques de l’Université Laval qui a conclu cette journée. L’univers numérique modifie notre regard sur le quotidien, mais aussi nos modes de sociabilité. La mobilité, convergence entre les réseaux cellulaires et le réseau Internet, permet de son côté à tous les acteurs d’être en accès permanent au virtuel et transforme la manière dont nous vivons notre quotidien, notre rapport aux autres et notre productivité.

Cette journée aura permis des rapprochements multiples, une réflexion déclinée en plusieurs aspects de réalités et d’innovations numériques en cours ayant un impact sur la ville comme lieu de sociabilité et sur le bien-être de nos communautés. Nous saurons le 8 juin prochain si Québec est nommée «Communauté intelligente de 2012» par l’Intelligent Community Forum. Mais ce colloque nous aura permis de constater que les projets qui y sont actuellement menés, que les innovations et applications actuellement déployées par ses institutions publiques ou de recherche, ses citoyens corporatifs et communautaires en font déjà une Smart City!

Dave G. Pelletier, coordonnateur ZAP Québec
Collaboration spéciale

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Biographie de Dave G. Pelletier : Dave est coordonnateur pour ZAP Québec et co-fondateur de Capitale Ouverte, il s’intéresse à la communication politique, aux usages sociaux et culturels des technologies et à leur démocratisation. Il a contribué à divers projets touchant les arts technologiques, les réseaux technologiques communautaires, l’Open Source, le e-Learning, la sémiotique des technologies, la communication politique et les relations publiques numériques, les médias et la démocratisation de la communication.

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