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Posts Tagged ‘Raphaël Thériault’

Sur les médias sociaux comme dans les communications traditionnelles, pensez d’abord « clientèles »

Il faut que je publie quelque chose sur un compte Twitter. Que je lance ma page Facebook. Que je commence à épingler des photos sur mon babillard Pinterest. Que je me fasse enfin connaître sur Googe+. Pourquoi? Euh… parce que tout le monde y est?

Plusieurs conférenciers au colloque Printemps des réseaux sociaux des 3 et 4 avril 2012 à Québec n’ont pas manqué de rappeler l’engouement que soulèvent chez nous et ailleurs sur la planète les Facebook, Twitter et autres plateformes communautaires. Pressant les organisations de se faire voir sur ces plateformes – l’internaute d’aujourd’hui est Social Local Mobile, n’est-ce pas?-, les « cracks » des RS n’en conditionnent pas moins la « construction » de cette présence à une réflexion de base en communication:

À quelles clientèles mon organisation souhaite-t-elle « parler »? Mauvaise réponse: à tous les citoyens du Québec.

Dans vos communications, ne vous adressez plus à un auditoire « large et passif », n’essayez plus de « toucher tout le monde » recommande le stratège Web Christian Amauger. Sa recette? Déterminer quels sont les intérêts, passe-temps, passions, valeurs de ses clientèles – la pêche, l’alimentation, l’éducation des enfants d’âge préscolaire, la santé mentale chez les aînés?- pour mieux cibler les communautés dans lesquelles elles en discutent ou dans lesquelles elles viennent puiser du contenu sur le Web, en autant qu’elles exploitent ce médium.

Le cas échéant, 2 démarches s’offrent aux communicateurs :

  1. rejoindre ses clientèles sur les plateformes qu’elles fréquentent
  2. leur construire un lieu d’échange personnalisé sous la forme d’un ou plusieurs comptes sociaux animés par l’organisation.

L’une n’empêchant pas l’autre évidemment.

S’intégrer à des communautés actives

Les communautés que vous souhaitez joindre n’évoluent pas nécessairement sur les réseaux sociaux grand public que sont Twitter, Facebook et Google+, prévient Christian Amauger. Elles échangent peut-être en marge de ces nouveaux parvis d’église,  flânant sur des sentiers plus discrets que sont les médias sociaux de niche comme Dzone, Grumper, Netvouz ou TechNet.

Vous ne connaissez pas ces réseaux? Moi non plus! Quoiqu’il en soit, la diapositive 32 de la présentation faite par Amauger au Printemps des réseaux sociaux illustre avec éloquence combien ces médias sociaux aux intérêts ciblés sont nombreux.

« Il y a plusieurs réseaux sociaux nichés qui cohabitent aux côtés des majeurs et qui sont « négligés », observe Amauger, qui invite à découvrir ces réseaux méconnus par l’intermédiaire de Wikipédia.

Créer sa propre communauté

Il existe 2 types de communautés, affirme Kim Auclair, présidente et animatrice de communauté Web chez niviti: celles qu’héberge un site Web -comme My Starbucks Idea de Starbucks, citée par Christian Amauger- et les plus connus, celles qui s’animent sur les réseaux sociaux. Une fois choisie la plateforme qui accueillera sa propre communauté, comment la mettre en place?

En misant sur sa communauté de base, conseille Auclair, celle composée de ses clients actuels et potentiels, des utilisateurs de ses programmes ou services, de ses proches (famille, amis), partenaires et collègues. On commence par la diriger vers la plateforme d’accueil retenue, puis on la stimule pour mieux l’élargir.

Bien se connaître et se doter d’objectifs clairs

Qu’on joigne ou qu’on crée une communauté, il importe d’avoir quelque chose à dire. D’où la nécessité de se doter d’une stratégie de création et de publication de contenu.

Trois étapes devraient précéder l’élaboration de cette stratégie.

1) Bien connaître son organisation, croit Yhoanis Obando, conseillère en médias sociaux.

  • La culture de son ministère ou de son organisme est-elle favorable à l’ouverture et au dialogue avec les citoyens ou se révèle-t-elle plutôt conservatrice?
  • Quelle est la marge de manœuvre accordée aux communicateurs ?
  • Qui sont les spécialistes de contenu qui pourraient soutenir une présence sur les médias sociaux et avec quelle expertise?
  • Y a-t-il des enjeux d’actualité susceptibles d’affecter sa présence sur les médias sociaux? de la compromettre ou de l’encourager?

Les réponses à ces questions façonneront le type de présence d’une organisation sur les médias sociaux. Certaines réponses remettront aussi en question cette présence!

2) Déterminer ses objectifs de communication. Veut-on informer, convaincre, recueillir des commentaires, suggestions, opinions, modifier des comportements?

3) Formuler les messages qui permettront d’atteindre ses objectifs. Ces messages pourront ensuite être déclinés à l’intérieur des contenus produits pour sa communauté.

Élaborer une stratégie de contenus

Les objectifs généraux d’une stratégie de contenu devraient être les suivants, selon Christian Amauger:

  • Créer une expérience utile, accessible, partageable et inspirante pour les membres de cette communauté

  • Susciter un engagement de la part de ses membres

  • Être compris d’eux.

Où puiser son contenu? Dans son expertise sur un ou des sujets donnés. On aura par exemple intérêt à réunir à l’intérieur d’un « livre blanc » ou d’une étude ses connaissances sur un de ces sujets et de les partager en format PDF aux internautes, pense Amauger. De mon côté, plusieurs sources potentielles de contenu à partager me viennent à l’esprit: chroniques de consommation ou matériel prêt à publier conçus à l’intention des journalistes, études ou rapports, revue de presse, communiqués et nouvelles, quiz, contenus du site Web en lien avec l’actualité.

Les sources de contenu peuvent donc provenir de l’organisation, ou prendre la forme de références vers des articles, des blogues, des outils susceptibles de combler les attentes de ses communautés ou de contenus générés par ses visiteurs.

Quelles formes employer pour être inspirant, mobilisateur, compris? Christian Amauger en suggère quelques-unes.

Racontez des histoires

Ces histoires, sous forme de témoignages d’utilisateurs de ses programmes ou services, répondront à un besoin, fourniront les solutions à un problème, expliqueront, éduqueront, convaincront, feront réagir.

Illustrer et simplifier ses contenus

Tout contenu aura intérêt à prendre une forme conviviale: études de cas, images, graphiques, ou à être livré par l’intermédiaire d’une plateforme spécialisée comme le microsite s’il vise un objectif particulier.

Simplifier au maximum ses formulaires

  • Éviter les libellés flous ou imprécis pour établir des liens plus directs entre les boutons d’appel à la tâche et l’action demandée. À l’intérieur d’un formulaire d’abonnement à une infolettre, privilégier par exemple le libellé « S’inscrire » ou « S’abonner » plutôt que le vague « Soumettre » sur le bouton d’envoi du formulaire.

  • Ajouter des « incitatifs » au formulaire. Préciser par exemple que si l’internaute inscrit son courriel, il ne sera pas « spammé ».

  • Guider adéquatement l’internaute, en précisant le nombre de caractères dont doit se composer son mot de passe, en le rassurant lors de chacune des actions qu’il pose.

Déployer ses contenus sur 3 plateformes

Toute stratégie de contenu doit s’articuler autour d’un site Web, croit Christian Amauger, pour qui le site reste le coeur de la présence d’une organisation sur Internet. Ce site doit être « bien fait », « bien construit », servir de « référence » pour les utilisateurs de la marque. « C’est là où passe le message. »

Il favorisera également le partage de contenu sur les médias sociaux, conseille Yhoanis Obando. La moindre des choses consiste à intégrer dans les pages de son site Web un module de partage de contenu sur les principales plateformes.

À son site Web, Amauger suggère d’ajouter « 2 couches » de contenu pour incarner ses objectifs de communication et diffuser ses messages aux communautés ciblées: un blogue et des comptes sur les réseaux sociaux.

Le blogue est le « lieu d’enrichissement du message ». On y « valorise son expertise, présente ses produits, des trucs et astuces pour mieux les exploiter ». Le blogue « permet d’inverser la pyramide du contenu en favorisant le contenu généré par les internautes ». Des organisations comme le Festival d’été de Québec invitent d’ailleurs des internautes à bloguer sur leur plateforme.

Quant aux médias sociaux, « on ne doit pas les utiliser comme simples véhicules des messages du site Web ». Ces médiums constituent des « caisses de résonance » sur lesquels il est essentiel d’être à l’écoute, pour vérifier si son message a été entendu. Car pour Amauger, il importe de « laisser les internautes s’approprier notre message avant de pousser du contenu supplémentaire ».

Trouver sa communauté

« Sur les médias sociaux, l’idée n’est pas de faire le plus de bruit, mais d’établir une relation avec une communauté ciblée et d’instaurer un lien avec elle. Il faut voir le contenu et la relation à créer comme des projets », conclut Christian Amauger.

Ainsi, une stratégie de contenu sur les RS ne consiste pas seulement à «être présent »: il importe d’établir ses objectifs de communication, de « cibler » et « nicher » son message et ses contenus, de le préciser et de le peaufiner à l’intention de petites communautés aux intérêts clairement affichés et constituée d’utilisateurs engagés.

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

Coordonnées des conférenciers cités

 

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GouvCamp 2012: rêver le gouvernement mobile, ouvert, social et collaboratif

Demande de services sur les réseaux sociaux et sur les plateformes mobiles qu’adoptent massivement les Québécois, revendication en faveur de données gouvernementales ouvertes par souci de transparence et pour favoriser la collaboration avec les citoyens, résistance des services informatiques et des décideurs. Autant de défis-colossaux?- auxquels sont confrontés les professionnels du Web du gouvernement du Québec.

C’est sur ces thèmes que plusieurs d’entre eux (environ 60% des participants) ont choisi de discuter avec des représentants du secteur privé et des citoyens militant pour l’ouverture des données publiques lors d’un premier GouvCamp tenu à Québec le 22 février dernier. Animé de brillante façon par l’animateur Sylvain Carle, co-fondateur de Needium, ce camp se voulait une réflexion sur l’utilisation des technologies de l’information et des communications pour créer un mouvement « positif » autour de la gouvernance en général et du gouvernement en particulier.

Le journaliste Fabien Deglise, du Devoir, a fort bien résumé dans son compte rendu, quelques-uns des enjeux abordés lors de ce rendez-vous intimiste. Quelques jours plus tard, que retenir d’autres de cette première initiative de mise en commun entre environ 70 passionnés du Web?

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Mobilité: l’approche par livraisons

Invités à choisir les thèmes de la discussion en votant parmi les sujets proposés par chaque participant, les « campeurs » ont opté en grand nombre pour la mobilité. Une question s’est posée : comment réutiliser les contenus des sites Web gouvernementaux sur les plateformes mobiles?

Un constat s’impose: il est plus facile d’élaborer un petit projet de communication spécialement conçu pour le mobile que de « faire entrer » la totalité des contenus de nos sites Web dans un environnement mobile. Ils ne sont pas conçus pour ça.

Le Directeur général des élections du Québec privilégie désormais le mobile dans tout nouveau projet de communication Web. Lancé à l’automne 2011, le site mobile du DGEQ a nécessité 3 mois d’efforts. Il n’est pas complet, mais il constitue une assise sur laquelle construire.

La clé du succès pour le DGEQ? Une approche par livraisons. Cibler les « morceaux » du site « traditionnel » qu’il faut rapidement offrir en version « légère » en s’appuyant notamment sur les demandes des clients, les partis politiques entre autres. Pour Patrick Leduc, du DGEQ, il faut se donner une échéance pour la conception d’un site mobile et la respecter, en diffusant à la date de lancement prévue le contenu prêt à publier.

S’ouvrir par défaut

Est-ce en raison de la présence de militants des mouvements Québec Ouvert et Capitale Ouverte? Le thème des données ouvertes a retenu davantage l’attention des participants du GouvCamp que les autres sujets. Rappelons que cette ouverture passe par la conversion des données recueillies par les ministères et organismes dans le cadre de leurs activités dans un format exploitable par des développeurs et par la mise en ligne de ces données sur Internet.

Là encore, la discussion fait place autant au questionnement qu’à l’affirmation.

Un participant évoque le but ultime de la mise en ligne des données publiques: un gouvernement ouvert par défaut plutôt qu’un gouvernement fermé qui se dévoile uniquement par l’intermédiaire des demandes d’accès à l’information. Le gouvernement devrait justifier la fermeture des donnés plutôt que leur ouverture.

Comment accélérer cette ouverture justement? En misant sur des partenaires financiers, les clients potentiels des données gouvernementales, avance Benoît Girard, jeune retraité du gouvernement du Québec et ex-animateur fort apprécié de la communauté des webmestres de l’État québécois. Ces clients potentiels pourraient servir d’alliés aux professionnels du Web dans leur volonté de faire pression sur les décideurs pour rendre publiques et exploitables les données non-nominatives de l’organisation.

Mais attention… une mise en ligne de données exploitables, ça se prépare! Avant d’ouvrir, il faut être sûr de pouvoir répondre à la demande, tant sur le plan des ressources que sur celui du cadre juridique.

Disposons-nous justement des assises légales nécessaires à la « libération de données »? Un cadre légal reste-t-il à écrire pour appuyer les projets d’ouverture? Doit-on encadrer l’utilisation de données recueillies dans le cadre du travail gouvernemental? Pour Félix Bégin, du mouvement Capitale Ouverte, dont les efforts ont conduit ce 22 février à l’annonce par la Ville de Québec de rendre accessible ses données publiques, une demande formelle doit être transmise au Dirigeant principal de l’information du gouvernement du Québec pour qu’il prépare un cadre de gouvernance sur l’ouverture des données.

Les participants s’entendent sur l’avantage de cette ouverture: en plus de stimuler l’engagement citoyen et de favoriser à faible coût la conception d’applications mobiles, l’ouverture est aussi une manière de découvrir et de recruter des programmeurs compétents, comme l’observe un participant. « Si on s’ouvre, c’est plus facile de solliciter de l’aide, ajoute un autre. « Le gouvernement prend parfois des citoyens pour des épais: on craint le piratage, on s’inquiète de sécurité, plutôt que de se soucier de « faire ensemble ». », conclut le blogueur Mario Asselin.

Québec Ouvert : la notion de service public doit s’étendre aux données

Les militants de Québec ouvert ont profité du GouvCamp pour faire connaître leur jeune mouvement, en faveur de la création d’un portail Web pour rendre accessible des données gouvernementales non-nominatives.

Leur objectif? Permettre aux Québécois de s’approprier ces données pour suivre avec davantage d’attention les activités de leurs élus tout en transformant l’information « libérée » en applications mobiles susceptibles de leur rendre service au quotidien.

La notion de service public doit s’étendre aux données, à l’informatique, considèrent Jonathan Brun et Dave Pelletier, co-fondateurs de Québec Ouvert. Les données ouvertes peuvent transformer le gouvernement, briser les silos en introduisant davantage de transparence, notamment dans l’exercice d’attribution de contrats à la suite d’appels d’offres, croient-ils.

La démarche de Québec Ouvert se veut proactive: QO veut collaborer avec le gouvernement, organiser des événements tels des hackathons pour favoriser l’interaction entre fonctionnaires, citoyens et entrepreneurs dans le but d’identifier des solutions aux problèmes de l’ensemble de la population.

Un appel est lancé pour participer à la première assemblée publique du mouvement le 22 mars, à Québec, Montréal et Gatineau. On peut aussi suivre les travaux de Québec ouvert sur le blogue du groupe et lire l’article du Devoir. On peut s’inscrire sur Eventbrite.

Médias sociaux: foncer tout en contrant la fracture numérique

Dans l’enquête NeTendances 2011 du CEFRIO portant sur le gouvernement en ligne et rendue publique le 14 février 2012, peu de gens ont exprimé leur intérêt à recevoir des services gouvernementaux par l’intermédiaire des médias sociaux:

« Communiquer avec le gouvernement par les médias sociaux comme Facebook ou Twitter présente un faible intérêt chez les internautes, au Québec. La note moyenne attribuée à l’intérêt pour la communication à l’aide des médias sociaux est de 2,2/10 chez les internautes de plus de 18 ans. » (p.13 du rapport d’enquête)

Ce résultat étonnant exprime-t-il un manque réel d’intérêt pour cette forme de service à la clientèle ou s’agit-il plutôt d’un « vote sur la présence actuelle du gouvernement » sur Facebook, Twitter et compagnie?

Sur cette question comme sur les précédentes, les « campeurs » expriment leur volonté d’agir. Pourquoi n’informerait-on pas les citoyens à l’aide des médias sociaux même s’ils n’ont pas encore posé de questions ou sollicité de réponses? Après tout, c’est le même CEFRIO qui a souligné l’engouement de nos concitoyens pour les médias sociaux dans une autre enquête NeTendances 2011.

Dans ce domaine comme dans celui des services en ligne, des participants appréhendent toutefois la fracture numérique. Ils se demandent si le gouvernement devrait/pourrait offrir des formations pour apprendre aux citoyens à utiliser les médias sociaux.

Développer sa capacité d’écoute

Comme l’a rapporté Fabien Deglise, du Devoir, le blogueur Mario Asselin a insisté sur la précieuse source d’information que constituent les médias sociaux. Abondamment décrits comme relayeurs d’information ou comme façonneurs d’images, les MS semblent encore sous-estimés au gouvernement du Québec comme outils de veille et de recherche d’information.

Le gouvernement n’a pas les moyens de se priver de cette veille, pense M.Asselin, qui ajoute du même souffle « qu’il n’y a pas au gouvernement de structure organisationnelle d’écoute ». Il importe de stimuler cette capacité d’écoute et de réponse à l’interne, et ce, chez les personnes les plus aptes à proposer les bonnes réponses. Ce ne sont pas toujours ni les gens du Web, ni ceux des relations publiques.

Le gouvernement bloque les réseaux naturels de ses employés

Les médias sociaux sont des outils de co-création. Canal privilégié pour solliciter de l’information, des commentaires ou des suggestions auprès des citoyens, ils peuvent rapprocher les collègues et mettre à profit le savoir de chacun.

Or, alors que toutes les études témoignent de l’engouement des internautes et des mobinautes pour les médias sociaux, le gouvernement compromet l’accès aux « réseaux de contacts naturels de ses employés » en bloquant l’accès à ces outils. Les services de sécurité informatique limitent aussi la collaboration en interdisant l’accès à Google Docs. Constat: cette collaboration n’est pas encouragée à l’interne. Conséquence: les employés s’achètent des téléphones intelligents pour contourner ce blocage. Est-ce sain « d’encourager » la création de tels réseaux parallèles?

Et si ce blocage attestait de la méconnaissance de ces outils par les décideurs? Pour un campeur présent, « les gestionnaires pensent que le bruit écrase le signal sur les médias sociaux ». Problème générationnel?

Cette fermeture risque d’éloigner encore plus de la fonction publique les jeunes pour qui les médias sociaux constituent des « aidants naturels ». Certaines entreprises américaines sont incapables de recruter des jeunes parce qu’elles interdisent l’accès aux médias sociaux, rappelle un participant. Déjà que le processus « soviétique » de recrutement de la fonction publique québécoise complexifie l’embauche, imaginez en plus s’il faut avouer à un membre de la génération C qu’il devra renoncer à Facebook sur les heures de bureau…

Stimuler la participation citoyenne

Mobilité, données ouvertes, médias sociaux. Vers où on peut aller pour rendre la démocratie davantage participative, notamment auprès des jeunes? Comment « pousser plus loin » la participation citoyenne, qui s’essouffle de plus en plus à chaque rendez-vous électoral? Comment la relancer? En exploitant davantage les intérêts et les compétences des citoyens? Par quels moyens, par quelle voie y faire appel, si telle est la solution?

Réponse de Jonathan Brun, de Québec Ouvert et Montréal Ouvert : « notre job en tant que citoyen actif est de concevoir des outils informatiques qui rendent convivial et amusant le fait de s’engager dans sa communauté ». Monsieur Brun cite l’exemple de budget plateau.com, une plateforme qui fait appel au jeu dans une démarche de consultation citoyenne.

Les professionnels du Web gagneraient aussi à faire appel davantage à l’image, aux infographies pour présenter l’information, la rendre « appréhendable », compréhensible, et ainsi vaincre la technophobie de plusieurs citoyens que la consultation de nos sites Web rebute ou frustre.

Dans la conception d’outils favorisant la participation citoyenne, certains s’inquiètent de l’anonymat, qui enlève parfois de la crédibilité aux démarches de citoyens. Une vignette ou une carte technologique pourrait être remise aux citoyens désireux de ne pas s’identifier pour néanmoins contrôler l’accès aux plateformes de prise de décision ou d’expression ou aux éventuels modes de scrutin numériques.

« Faire quelque chose ensemble », engager le dialogue avec les utilisateurs de nos sites, c’est aussi les associer dans la conception des systèmes qui serviront à leur dispenser des services, pense un participant. Dans un tel processus, le préposé aux services à la clientèle d’une organisation impliqué dans le projet aux côtés de professionnels de l’informatique ou de pilotes de systèmes ne se sent pas toujours la permission de « parler ». Et si le citoyen engagé dans la démarche et libre de s’exprimer lui rendait la légitimité de dénoncer ou de conseiller?

Quoiqu’il en soit, les citoyens ont beau s’engager, s’ils ne voient pas les bénéfices ou les conséquences de leurs actions, ils perdront vite l’envie de participer. Sylvain Carle cite l’exemple du projet Signer une pétition en ligne du site de l’Assemblée nationale. Intéressante, l’initiative pêche cependant par l’absence d’un mécanisme de suivi, de rétroaction auprès des signataires.

Et si on rendait les « interfaces gouvernementales moins poches »?

Pourquoi les « interfaces gouvernementales sont tellement poches et le restent-elles aussi longtemps? » s’interrogent les participants. Les demandes des professionnels des communications sont-elles bien formulées dans les appels d’offres qui servent à embaucher les firmes qui concrétiseront leurs besoins d’informer? Pour certains, le processus d’appel d’offres ne favorise pas le processus d’innovation parce que trop strict.

Méconnaissance ou résistance? Un participant déclare qu’au sein des ministères et organismes, on ne fait pas toujours face à de l’ignorance, mais à de l’opposition. « Certains décideurs perçoivent très mal la révolution culturelle qui s’opère actuellement. Ces décideurs sont tournés vers des préoccupations politiques. C’est à cette opposition qu’il faut s’attaquer. »

On évoque enfin les problèmes de gouvernance des projets en technologies de l’information : un projet Web doit impliquer les gens de communications et de contenus et les gens qui connaissent les clientèles visées par le projet, pas uniquement des spécialistes de l’informatique.

Attention au perfectionnisme à l’excès, cependant: l’animateur Sylvain Carle rappelle que dans un projet Web, « il ne faut pas viser le parfait, mais l’assez bien ».

Un exercice créatif à répéter

Les organisateurs du GouvCamp peuvent être fiers : l’activité n’a pas donné lieu à des représentations -ou des dénonciations- partisanes et ne s’est pas transformé en exutoire.

L’échange a d’abord pris son envol dans un cadre formel: enregistrés par l’émission radiophonique La voix du libre de CKIA 88,3 , animateur et conférenciers intervenaient au micro, le premier à l’avant-scène, les autres dans leur rôle de spectateurs bien installés en rangées. Ce n’est qu’en 2e partie, alors que les micros se sont fermés et que l’animateur a eu la bonne idée de transformer l’aménagement intimidant de la salle en cercle intime que les échanges ont gagné en pertinence et en intensité. Loin de prendre la forme d’un exercice de défoulement, le camp a soulevé des questions, mis en lumière des solutions potentielles, inspiré des voies à suivre.

Pour en savoir plus :

Raphaël Thériault, E-Gouv Québec

E-Gouv Québec gagne en caractère

20 février 2012 7 commentaires

Presque 18 mois après le lancement de notre page Facebook et l’ouverture de notre compte Twitter, E-Gouv Québec a décidé d’occuper plus d’espace, d’être moins limité dans le nombre de caractères. Parce que pour veiller, 140 caractères et moins peuvent suffir. Mais pour discuter et refléchir, c’est bien d’avoir un peu plus d’espace. Cet espace nous permettra aussi de personnaliser nos interventions, de vous dévoiler notre caractère.

Un outil pour classer, rechercher, archiver

Ce blogue est donc le début d’un nouveau chapitre dans la courte histoire du groupe de veille E-Gouv Québec. Comme vous pourrez le lire dans notre section À propos, la mission du blogue E-Gouv Québec demeure la même : partager les actualités et les bonnes pratiques des communications numériques avec les collègues des équipes Web du gouvernement du Québec ainsi qu’avec toutes personnes intéressées par le domaine.

L'équipe de E-Gouv Québec

Membres fondateurs et animateurs de E-Gouv Québec. De gauche à droite : Patrick Parent, Anne-Marie Gauthier et Raphaël Thériault (Photo : Julie Lagacé)

Le blogue s’ajoute simplement à nos autres canaux. En fait, c’est un peu plus que cela puisqu’il devient la source centrale et la mémoire de nos activités.

Facebook et Twitter sont des outils formidables pour partager et échanger rapidement et de façon conviviale. Mais pour classer, catégoriser et rechercher, le blogue est l’outil idéal. Ici, il sera plus facile de retracer des liens intéressants sur des sujets précis en parcourant nos archives, notre classement par catégorie ou le nuage de mots-clés.

C’est pour cela que régulièrement, nous regrouperons sous des thèmes des articles partagés dans notre page Facebook ou sur Twitter. Le blogue permettra aussi à de plus nombreux collègues du gouvernement de nous suivre puisque l’accès aux médias sociaux tels Facebook et Twitter est encore bloqué dans une large majorité d’organismes publics.

Vous trouverez également dans notre blogue

  • des comptes rendus (de lectures, de conférences auxquelles nous avons assisté, etc.);
  • des entrevues avec des acteurs du milieu des communications numériques et du gouvernement en ligne;
  • des articles originaux rédigés par les membres de l’équipe E-Gouv Québec ou des collaborateurs invités.

Bref, nous occuperons de belle façon notre nouvel espace,  votre nouvel espace.

Laboratoire ouvert

E-Gouv Québec est né du besoin d’expérimenter les possibilités qu’offrent Facebook et Twitter aux organisations publiques. Cela nous a permis d’apprendre beaucoup de choses tout en partageant nos découvertes avec d’autres spécialistes des communications numériques.

Le blogue E-Gouv Québec sera lui aussi un laboratoire. Sous vos yeux, l’équipe apprendra à bloguer, à utiliser WordPress, à faire des erreurs, à raffiner ses connaissances, à évoluer, et même parfois à innover. Bref, à devenir de meilleurs communicateurs numériques en mélangeant pratique et théorie.

Ce laboratoire est ouvert aux autres chercheurs, aux idées, aux suggestions, aux commentaires. N’hésitez surtout pas à commenter nos articles, à nous suggérer des sujets ou à partager vos découvertes. L’équipe de E-Gouv Québec est aussi formée de chacun de ses lecteurs et lectrices. Votre participation est notre motivation.

Nous espérons que cette nouvelle aventure vous plaira et que nous vivrons ensemble de beaux moments numériques. Et si partir à l’aventure dans le cyberespace vous angoisse un peu, rassurez-vous car l’équipe de E-Gouv Québec veille pour vous!

Anne-Marie, Patrick et Raphaël, l’équipe de E-Gouv Québec

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